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« Jouer un bout de match derrière, je le garde dans un coin de ma tête » confesse Alexandre Roumat

Alexandre Roumat, troisième ligne du Stade toulousain. (Crédit photo : Getty images)

Confronté à un début de saison où il peinait à « retrouver du plaisir », le troisième ligne toulousain Alexandre Roumat a confié à l’AFP sa bonne forme du moment et sa capacité à prendre de la hauteur grâce à son expérience d’international alors que le Tournoi des Six Nations se profile.

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Vous disiez à l’automne connaître un moment plus difficile de votre carrière, comment avez-vous géré cette période ?

C’était des sensations de jeu que j’avais réellement envie de retrouver. Là où j’arrive à m’exprimer le mieux, c’est quand je prends du plaisir. Et c’est vrai que ça fait quelques matchs que je retrouve ce plaisir à l’entraînement. Ca découle forcément d’un peu plus de temps de jeu, mais c’était vraiment la notion rugby, plaisir, sensations qui me préoccupait. Force est de constater qu’il y a encore plein de choses à améliorer, mais je me sens de mieux en mieux.

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Dans quel secteur tentez-vous de vous rassurer dans ces moments ?

Le premier domaine, c’est la touche. En début de saison, ce n’était pas négatif, mais on était perfectible. Moi qui suis forcément concerné par ce secteur, dès qu’il va bien, ça me donne beaucoup de confiance. Et toutes les notions de déplacements, j’aime jouer avant contact, me déplacer, utiliser mes mains pour essayer de faire jouer mes coéquipiers.

Le Toulousain Alexandre Roumat félicitant son partenaire Matthis Lebel. (Photo by Valentine CHAPUIS / AFP via Getty Images).

Ces périodes difficiles sportivement influent-elles sur votre moral ?

On est tous différents sur le sujet, mais ça nous touche forcément. Sur certaines rencontres à l’extérieur, où on a failli en fin de match, ça te trotte dans la tête. J’ai la chance depuis maintenant trois ans et demi d’avoir beaucoup plus de hauts que de bas ici. C’est un paramètre qu’il faut prendre en compte, savoir accepter. J’essaye de penser à d’autres choses, voir des mecs en-dehors, faire d’autres activités pour essayer de me détacher de cette pensée négative et revenir avec fraîcheur sur les entraînements après. Et j’ai la chance d’avoir un appui avec mon papa (Olivier, ancien deuxième ligne international, ndlr), on discute beaucoup rugby. Dans les moments où ça va un peu moins, j’essaie de me rattacher à ça en me disant que le rugby ne définit pas la personne que je suis.

« Si j’enchaîne du temps de jeu avec Toulouse, j’ai plus de chances d’être rappelé »

Est-ce plus facile d’avoir ce recul à 28 ans ?

J’ai toujours eu confiance en moi, même en-dehors du rugby. Mais sur la perception des hauts et des bas, je pense avoir progressé sur les deux, trois dernières années, en ayant connu le niveau international, gagné des titres, engrangé cette expérience du haut niveau qui me permet de relativiser. Alors que quand j’ai commencé, je me rappelle mes premières années à Biarritz, à 18 ans, dès que je ne jouais pas, que je contre-performais, ça m’obnubilait et je ne pensais qu’à ça. J’en étais même à parfois en vouloir au coach, parce qu’il ne me faisait pas jouer. Je prenais plus les choses personnellement, maintenant j’arrive à prendre plus de hauteur.

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Est-ce que la perspective du Tournoi aide à stimuler la motivation, alors que nous n’étiez pas convoqué en novembre ?

Je fonctionne de manière assez simple : si je retrouve des sensations, j’enchaînerais du temps de jeu avec Toulouse, et si j’enchaîne du temps de jeu avec Toulouse, j’ai plus de chances d’être rappelé. C’est plus cette démarche-là que de dire absolument « Je veux être au Tournoi ». Si je ne me focalise que sur ça, je laisse passer tout le reste. Le but, c’est d’être d’abord bon avec mon club.

Travaillez-vous votre polyvalence pour faire figure de solution à plusieurs postes ?

Je pense que notre fonds de commerce à Toulouse, la manière dont on s’entraîne, dont on joue, c’est toujours fait d’adaptation et même à travers les postes. Tous les joueurs sont capables et habitués à jouer numéro 6, 7 ou 8, et c’est aussi quelque chose que j’aime bien faire. J’aimerais bien aussi un jour faire un bout de match derrière, au centre, même si je pense que les entraîneurs ne sont pas très chauds (rires). Mais c’est un truc que je garde dans un coin de la tête, parce que quand on voit Peato (Mauvaka) capable de jouer cinq, six postes, c’est incroyable.

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