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Meafou, Alo-Emile et Staniforth, ces Bleus venus d’Australie


Emmanuel "Many" Meafou, au cours d'un entraînement au St Joseph’s Nudgee College de Brisbane, mardi 7 juillet 2026 (Photo : Willy Billiard / RugbyPass).
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Ils pourraient être trois Français à jouer chez eux ce samedi 11 juillet face à l’Australie : Emmanuel Meafou, golgoth toulousain, Moses Alo-Emile, soldat rose parisien, et Tom Staniforth, Castrais adoptif. Tous les trois auraient pu porter le maillot australien, mais c’est dans le pack bleu qu’ils sont attendus samedi à Brisbane, contre les Wallabies.

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Eddie Jones, le sélectionneur australien de l’époque, avait bien tenté de récupérer le n°5 rouge et noir, avant la Coupe du Monde de Rugby 2023 en France. Mais « Manny » avait décliné la proposition et c’est le XV de France qui profite de ses 2,03 m et 142 kg depuis le Tournoi des Six Nations 2024 et la première de ses 16 sélections.

Rencontre
Nations Championship
Australia
00:40
11 Juil 26
France
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Naissance en Nouvelle-Zélande, enfance et adolescence en Australie, parents samoans : Meafou aurait pu jouer pour ces trois pays. Mais c’est la France qu’il a choisie, comme Moses Alo-Emile, lui aussi de parents samoans, né à Redcliffe, au sud de la Sunshine Coast au nord de Brisbane, il y a 26 ans, et comme Tom Staniforth, passé par les Brumbies et les Waratahs.

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Passés tous les trois au travers des mailles du filet des recruteurs australiens, ils bénéficient de la règle permettant à tout joueur ayant passé cinq ans dans un pays de jouer pour la sélection de ce pays, s’il n’a pas été retenu entretemps par son pays d’origine. Et ces trois « Aussies » français sont bien dans cette situation.

Many Meafou envisageait un départ en NFL au football américain

Concernant Meafou, ce sont les Melbourne Rebels puis les Waratahs de Nouvelle-Galles-du-Sud qui n’ont pas su identifier le potentiel derrière l’adolescent massif et pataud mais doté d’une agilité de mains incroyable. Le centre de formation du Stade toulousain, lui, a aussitôt repéré ce joyau à dégrossir, après l’avoir vu sur vidéos.

Et c’est dans la ville rose, où il a débarqué en décembre 2018, que « Manny » a appris son travail de deuxième ligne, après avoir envisagé un départ en NFL au football américain. 40 essais plus tard, Meafou, 27 ans, est devenu la poutre maîtresse du pack toulousain, comme chez les Bleus, où il est attendu comme titulaire samedi, après avoir décroché son quatrième titre de champion de France le 27 juin.

Moses Alo-Emile reconverti de droitier à gaucher

Enfant de Brisbane, Moses Alo-Emile est lui aussi pressenti sur la feuille de match comme titulaire, au Suncorp Stadium, où il serait un pur local de l’étape. Et là aussi la trajectoire est incroyable pour ce pilier gauche arrivé au centre de formation parisien en 2018 comme… pilier droit.

Et là aussi, à force d’abnégation, dans l’ombre de son frère Paul, 34 ans, un vrai pilier droit lui, sélectionné 25 fois avec les Samoa et arrivé à Paris en 2016, il est devenu une pièce essentielle du pack parisien. Avant, sans doute, d’étrenner sa première cape en bleu samedi, contre son pays natal.

Staniforth avait joué pour les Junior Wallabies

Incontournable sur les terrains du Top 14 avec sa coupe mulet et ses plaquages destructeurs (NDLR : meilleur plaqueur du Championnat en 2022, 2023 et 2024), Tom Staniforth, 31 ans, pourrait aussi affronter ses compatriotes samedi. Mais lui a déjà porté le maillot or et vert australien, avec les « Baby Wallabies ».

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C’est lors du Championnat du monde U20 2013, à Vannes, en Bretagne, que Staniforth avait tapé dans l’œil de Pierre-Henri Broncan. Et le technicien castrais a de la mémoire : en 2020, c’est lui qui le recontacte pour lui proposer de traverser le globe. Là encore, la greffe prend.

Face à face

5 dernières rencontres

Victoires
1
Nuls
0
Victoires
4
Moyenne de points marqués
28
35
Le premier essai gagne
40%
L'équipe recevante gagne
80%

Six ans plus tard, le cousin de Scott Staniforth, ex-trois quarts des Wallabies (12 sélections), est indiscutable au CO, au poste de n°5. Ce fauteuil où il est pressenti sur le banc des remplaçants samedi, pour succéder à Meafou en seconde période.

Pour Laurent Sempéré, pas question pour ces trois joueurs de parler d’« Australiens » : « Ce sont trois Français d’origine australienne et qui sont ici chez eux », a-t-il insisté mardi, à Brisbane. « C’est un peu comme quand des joueurs qui jouent dans un club différent retournent chez eux. Ils ont cette connaissance locale, à la fois du rugby qu’ils pratiquent et de l’environnement culturel, donc ça nous permet de s’intégrer plus vite. C’est vrai qu’il y a une histoire très riche autour de cette rencontre qui va servir à l’ensemble du groupe. »

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