L’hommage mérité à Mickaël Guillard, homme du match contre l'Irlande
C’est donc lui l’Homme du Match : Mickaël Guillard, deuxième-ligne du XV de France (25 ans, 13 sélections), artisan de l’ombre de la large victoire de la France sur l’Irlande (36-14) jeudi 5 février en ouverture du Tournoi des Six Nations 2026.
« Je pensais pas du tout être homme du match. Il y a des joueurs exceptionnels derrière », rigole-t-il en pensant aux marqueurs d’essais de la soirée, dont Louis Bielle-Biarrey qui y est allé de son doublé.
Mais si Guillard a été salué pour son talent, ce n’est pas pour ça. « On savait qu’on avait un gros défi pour jouer l’Irlande ce soir, et on a répondu physiquement. On savait que ça allait être très dur, que ça allait être costaud. On a travaillé toute la semaine très bien, la défense notamment, et pour ça, ça a été vraiment du plaisir de jouer ce soir.
« Là, c’est un de mes meilleurs matchs, et je suis content quand ça tourne comme ça. Ça n’arrive pas très souvent. C’était un jour avec, comme on dit. Et franchement, tout a marché dans le bon sens pour moi. L’équipe en première mi-temps a été incroyable. Quand on tourne à la pause à 22-0 face à une équipe d’Irlande qui a quand même gagné deux fois le Tournoi sur les trois dernières années, franchement tout le monde a fait son travail à fond, tout le monde s’est donné à 100 %, et du coup ça a fait le résultat qu’on a vu. »
S’il n’a pas marqué d’essai, au moins a-t-il mis Charles Ollivon sur orbite pour inscrire le sien à la demi-heure de jeu, même si une solution plus simple se proposait avec Attissogbé. « Il y a Théo qui a dû râler un peu je pense, parce que c’est un trois-quarts ! », rigole-t-il. « Je voulais faire croquer les avants ; j’avais confiance en Charles, donc je lui ai fait à l’intérieur. Mais oui, j’ai vu après que j’avais Théo à l’extérieur. C’était une solution plus simple, mais au final ça fait quand même essai au bout, donc pas de souci là-dessus. Mais c’est sûr que c’était plus simple de la mettre à Théo. »
Est-ce qu’il avait encore du gaz à la 50e au moment de céder sa place aux finisseurs ? « Ah franchement non ! », rigole-t-il. « J’étais bien cuit, même si j’aurais pu encore continuer s’il fallait. Mais c’est sûr que les matchs internationaux, c’est bien différent de ce qu’on connaît en club… La fin de première mi-temps a été très, très dure physiquement. Mais on savait qu’on avait un gros banc en 6-2, donc on savait qu’on aurait entre dix et quinze minutes en deuxième mi-temps. On a tout donné à fond, mais c’est sûr qu’on était bien mâchés après la première. »
Avec 16 ballons joués à la main, 43 mètres parcourus – « il n’y a pas beaucoup de différence entre le poste de 5 ou de 8 dans le plan de jeu. J’aime bien beaucoup porter la balle, donc je me suis rendu disponible le plus possible pour mes coéquipiers » – deux passes, un offload et un franchissement, sept plaquages et deux ballons grattés, le deuxième ou troisième ligne du LOU ne s’est pas économisé sous la pluie qui semblait redoubler en cours de rencontre au Stade de France.
« On s’est entraînés toute la semaine à Marcoussis avec ces conditions, donc on savait qu’il allait pleuvoir. On s’est dit qu’en fait ça ne changeait pas des dix jours qu’on a passés. On était sous la pluie, terrain glissant. On est habitués déjà à ces conditions », raconte-t-il.
Et malgré cela, aucune faute en première période face à l’Irlande. Quatre pénalités en tout sur la rencontre. Du rarement vu avec cette équipe. « C’est sûr, c’est une prestation énorme », concède Guillard. « Et en plus c’était des choses qu’on avait travaillées toute la semaine, qu’on voulait respecter, et ça s’est totalement bien passé. On était vraiment très, très heureux d’avoir réussi à avoir une telle discipline. Ça nous a permis de pas les laisser rentrer dans nos 22. On a été tellement propres qu’ils ont jamais eu l’occasion de venir, et on sait qu’ils rentrent la majorité du temps dans les 22 adverses par des pénalités. Là, ils ont pas eu l’occasion de rentrer, parce qu’à la main ils y rentrent très peu, et on a surtout très bien défendu et tenu le plan. »
Et puis il y a les essais et les points qui s’accumulent. 22-0 à la pause. Jamais l’Irlande n’a encaissé autant de points en première période dans le Tournoi en 20 ans. « On se dit qu’on a tous envie de continuer comme ça et de mettre le plus de points possible à l’Irlande, pour bien commencer le Tournoi, faire un gros coup », poursuit Guillard. « Les remplaçants avaient aussi envie de rentrer dans le match, parce que quand on voit que tout se passe bien, on a envie de participer à la fête.
« À la mi-temps, on s’est dit que c’était bien ce qu’on avait fait, mais il restait encore 40 minutes. C’est quand même l’Irlande en face, ils peuvent vite réagir, et ça a été le cas, ils ont réussi à marquer deux essais en cinq minutes. Ça nous a fait un peu de mal, mais les gars ont bien su gérer la fin de match. »
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