Six Nations : le scénario auquel Gregor Townsend refuse de penser
Gregor Townsend refuse de se laisser distraire par le possible sacre français à Murrayfield dès samedi 7 mars : pour le sélectionneur, l’unique priorité reste de maintenir l’Écosse en vie dans ce Tournoi jusqu’au dernier week-end.
« On n’a pas vraiment parlé de ça », concède-t-il, au sujet d’éventuelles célébrations françaises à Murrayfield, avant de recadrer le débat : « Je pense que c’est ce que nous pouvons faire, rester dans le Tournoi une semaine de plus.
« Nous savons que nous avons ce dernier match à jouer et que l’enjeu est important à Dublin, mais l’essentiel est que nous gagnions. C’est pour cela que nous sommes là. Quelles que soient nos chances dans le championnat, nous verrons après le match, mais l’important est de réaliser une bonne performance. »
Le souvenir amer de 2025
Les Écossais étaient à Paris en mars l’année dernière lorsque les Bleus ont remporté le titre pour la première fois depuis 2022. Cette fois, Fabien Galthié et ses joueurs peuvent décrocher un deuxième titre consécutif dès samedi, un succès bonifié contre l’actuel dauphin suffisant pour les mettre définitivement hors de portée, quels que soient les autres résultats.
À l’inverse, si l’Écosse s’offre une victoire bonifiée tout en privant la France du moindre bonus défensif, elle grimperait en tête du classement avant d’aller défier l’Irlande à Dublin lors de la dernière journée. Dans ce coup à plusieurs bandes, la marge d’erreur est infinitésimale, mais Townsend joue la confiance.
Interrogé sur la possibilité de remporter les deux derniers matchs, il répond sans détour : « Oui. Je crois en ce groupe. Chaque match que nous abordons, nous croyons que nous pouvons battre notre adversaire. »
« Nous savons que nous devons être à neuf sur dix pour battre ces équipes de tout premier plan et c’est vers cela que nous tendons », rappelle-t-il, pointant l’exigence quasi parfaite à atteindre sur 80 minutes.
« La France a montré sur les deux ou trois derniers matchs qu’elle est la meilleure équipe offensive au monde sur cette période, mais c’est le prochain match qui compte. » Ni le passif, ni les statistiques ne doivent écraser le rendez-vous de Murrayfield, encore moins dicter le plan de jeu écossais.
Un historique récent riche… et frustrant
Car depuis sa prise de fonction en 2017, Townsend a vu son Écosse s’imposer cinq fois en treize confrontations face aux Bleus. Ces dernières années, les rendez-vous se sont multipliés, notamment avec deux tests de préparation à la Coupe du Monde de Rugby, pour un total de cinq duels depuis 2023.
À Murrayfield il y a deux ans, un épisode reste en travers de la gorge écossaise : une décision controversée des officiels a privé Sam Skinner de ce qui aurait été l’essai de la gagne dans les dernières secondes. «Bien sûr qu’on a été vraiment déçus de ne pas obtenir un essai. C’était clairement un essai de notre point de vue à la fin du match, qui nous aurait donné la victoire. »
Pour le staff écossais, ces souvenirs doivent nourrir le présent plutôt que le parasiter. « Je pense qu’il est important pour nos joueurs de se souvenir de la façon dont on se prépare pour jouer contre la France, de la façon dont les matchs se sont déroulés, même si c’est juste se concentrer sur les deux ou trois dernières années », explique Townsend.
« C’est une grande équipe, mais c’est une équipe contre laquelle nous avons élevé notre niveau quand nous l’avons affrontée. Nous étions très frustrés de ne pas gagner il y a deux ans. » Le sélectionneur mentionne aussi Saint-Étienne, en août 2023, comme un jalon majeur : une affiche de préparation restée dans les mémoires. « Nous nous sommes sentis frustrés à Saint-Étienne parce que c’était un match superbe. Nous les avons battus quatre essais à trois. Il y avait 27-27 dans la dernière minute. Ce sont de beaux matchs.
« Espérons que ça annonce un match vraiment ouvert. Mais si c’est une victoire 3-0, nous la prendrons aussi. »
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