Pour Mahamadou Diaby, entraîner les Lionnes de Bordeaux n'est pas un choix par défaut
Mahamadou Diaby a joué jusqu’au bout de la saison dernière. Lui le Bordelais, champion d’Europe 2025, a voulu prolonger le plaisir d’être sur les terrains. Pas de place pour lui à l’UBB alors qu’il lui restait une année de contrat ? Il entame la saison à Perpignan. On lui accorde peu de temps au fil des mois ? Il s’engage à Montpellier comme joker médical. Le troisième-ligne a ainsi montré qu’il était encore fit et performant à 36 ans : 17 feuilles de match, 731 minutes de jeu.
C’est donc surprenant qu’il a annoncé sa retraite subitement pour se consacrer au coaching. Depuis le 19 août, le natif de Bagnolet est en charge de la défense et des attitudes au contact des Lionnes de Bordeaux, quadruples championnes de France en Elite 1.
Bordeaux, la famille et le bon timing
« C’est vrai que cette annonce a surpris », a confié le joueur devenu entraîneur à notre consœur de Sud-Ouest. « Mais j’ai pensé que c’était le bon moment. J’ai 36 ans j’ai eu la chance de vivre énormément de choses dans le rugby pro, des moments magnifiques, d’autres un peu plus durs, j’ai aussi beaucoup connu de clubs et je pouvais finir sur une bonne note avec des émotions fortes sur la fin de saison avec Montpellier alors je l’ai saisi. »
Dans l’incapacité de prolonger avec le MHR pour cause de salary cap, le joueur voulait se rapprocher de Bordeaux où était restée sa famille tout en poursuivant sa reconversion comme entraîneur. « C’était compliqué de laisser passer le train », dit celui qui se défend d’être en froid avec son ancien club. Au contraire. « Je suis très reconnaissant envers le président et tout ce que l’UBB m’a apporté », affirme-t-il. « Venir entraîner les Lionnes n’est pas un choix par défaut. »
Défense, contacts et rucks : les priorités de Diaby
Dans ses nouveaux habits, Mahamadou Diaby a déjà pu se faire une idée du défi qui l’attend. « Je veux réussir à donner ce qui a fonctionné pour moi et aussi leur parler des erreurs que j’ai faites pour qu’elles les évitent et qu’elles soient dans les meilleures conditions possibles », dit-il.
« Il y a une bonne marge de progression sur les zones de placage et les rucks pour être plus rapides, plus efficaces, plus préparées. Pour ce dernier point, ça touche la dimension physique pour qu’elles se sécurisent un peu plus. J’ai aussi été marqué par cette soif d’apprendre, de comprendre. Elles ont le souci du détail.
« Leur quotidien et le fait qu’elles n’ont pas toujours les moyens de leurs ambitions font qu’elles ont aussi une grande rigueur et discipline individuelle et cette capacité à travailler en autonomie. »
En filigrane se dessine une nouvelle ambition pour cette saison : décrocher un cinquième titre.
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