L'Afrique du Sud n'est plus n°1 un mondial : « c'est sympa d'être outsiders ; ça change un peu »
Rassie Erasmus, sélectionneur de l’Afrique du Sud, a volontiers cédé l’étiquette de numéro un mondial après la défaite des Springboks, 33 à 16, face aux All Blacks de Dave Rennie, samedi 22 août à Johannesburg. Il endosse même avec plaisir le rôle d’outsider avant le deuxième test de la série de quatre matchs qui se jouera la semaine prochaine au Cap.
Le sélectionneur sud-africain s’est montré particulièrement élogieux envers son adversaire face aux journalistes, juste après le coup de sifflet final. Il a salué leur exécution dans les deux phases du jeu, ainsi que leur capacité à générer une dynamique décisive dans le dernier quart d’heure.
Les Springboks avaient dominé la mêlée pendant la première heure de jeu, transformant cet avantage en points. Mais tout a basculé à un quart d’heure de la fin, quand une pénalité en mêlée a fait tourner le vent en un clin d’œil.
Rassie Erasmus cède volontiers l’étiquette de favori
Interrogé sur les raisons de ce basculement, le sélectionneur a répondu avec une pointe d’ironie. « Je ne pense pas être en mesure de dire que les All Blacks ont montré des faiblesses, parce que quand on se fait laminer comme ça, on se fait battre à plate couture par une équipe qui est probablement désormais numéro un mondial », a répondu le coach.
« C’est sympa maintenant d’aborder le prochain match en tant qu’outsiders. Ça change un peu », a-t-il ensuite ajouté avec un sourire. « Non, écoutez, Wilco [Louw] a très bien joué en mêlée, et c’est pour ça qu’on a probablement tenté la troisième mêlée sous les poteaux. Et puis il y a eu l’erreur tactique de Gerhard [Steenekamp], qui est passé sur le côté, et l’arbitre l’a sanctionné pour ça, à juste titre.
« Je pense que nous avons dominé sur ce point, mais ça ne suffit pas, car ce n’est qu’un aspect du match ; nous voulons dominer sur plusieurs aspects du jeu. Les All Blacks étaient probablement dominants dans la plupart des secteurs du match. »
Les Springboks paient leurs erreurs face à une équipe clinique
Erasmus a confirmé que la pénalité accordée en mêlée en fin de match avait constitué le tournant majeur de la rencontre. « Je pense que c’était la bonne décision de l’arbitre », a-t-il reconnu.
« Peut-être qu’on aurait dû tenter de prendre les trois points, parce qu’on n’était en retard que de quelques points à ce moment-là. Mais ils ont vraiment très bien joué en mêlée à ce moment-là… Je pensais que jusqu’à la 50e minute, on dominait vraiment l’occupation, la possession, et on sentait qu’on était vraiment dans le match. Contre une équipe comme la Nouvelle-Zélande, si vous ne parvenez pas à concrétiser, elle vous le fait payer. »
Cette victoire – la plus large jamais remportée par les All Blacks à Ellis Park – a fait chuter l’Afrique du Sud, double championne du monde, de sa première place au classement mondial World Rugby et a mis fin à la série de 12 victoires consécutives des Springboks, leur plus longue sous la houlette d’Erasmus. Les All Blacks sont désormais crédités de 94,03 points contre 92,21 pour l’Afrique du Sud.