Top 14 : les contreparties derrière la hausse du Salary cap
La Ligue nationale de rugby (LNR) a validé mercredi 4 février une hausse à 11 millions d’euros du « salary cap », la masse salariale maximale autorisée pour chaque club du Top 14 la saison prochaine, contre 10,7 millions actuellement.
Elle prévoit par ailleurs une dégressivité des « crédits internationaux » pour les clubs comptant des joueurs du XV de France.
Une hausse progressive à partir de 2026-2027
À partir de la saison 2026-2027, ce plafond va donc augmenter de 300 000 euros, a approuvé le comité directeur de la LNR, validant des négociations entamées avec les clubs depuis 2025. Objectif affiché pour la Ligue : offrir « une capacité renforcée de gestion des effectifs et une meilleure répartition du temps de jeu », afin de « préserver la santé des joueurs ».
Cette hausse va s’accompagner de la suppression du plafond de 35 contrats professionnels par club.
Dans un entretien à l’AFP en avril, Yann Roubert, président de la Ligue, s’était pourtant déclaré en faveur d’« une baisse modérée et progressive du salary cap ».
Le débat autour du salary cap relancé
Ces discussions agitent le monde du rugby depuis plus d’un an, le Stade toulousain ayant été sanctionné au printemps dernier, au terme d’une médiation, à verser une « contribution » de 1,3 million d’euros pour avoir cherché à déroger aux règles du salary cap dans le cadre du transfert de l’arrière Melvyn Jaminet, de Perpignan à Toulouse en 2022.
Le manquement observé concernait un montage financier de près de 500 000 euros. Le recours à ce type de médiation sera désormais limité aux manquements ne dépassant pas 200 000 euros, indique la LNR, renforçant les possibilités de sanctions sportives.
Le comité directeur de la LNR a également approuvé une hausse du plafond salarial de 100 000 euros par saison, jusqu’en 2029-2030, ce qui le porterait à 11,3 millions d’euros.
Des crédits internationaux revus à la baisse
En revanche, « les contrats équipementiers bénéficiant aux joueurs y compris ceux signés avec des marques communes avec le club » seront exclus du calcul de la masse salariale touchée par le salary cap.
Cette décision vient répondre à une demande de certains clubs et joueurs, dont le plus connu : Antoine Dupont. Il avait dénoncé en octobre un règlement « trop invasif » qui empêche les joueurs « d’utiliser notre image individuelle à travers des contrats de pub classiques ».
Parallèlement, le comité directeur a décidé d’ajuster le montant global des « crédits internationaux » permettant aux clubs ayant de nombreux joueurs sélectionnés en équipe de France d’avoir une masse salariale supérieure, afin de compenser leur présence sous le maillot bleu. Et ce à partir de la saison 2027-2028.
Le gros manque à gagner pour le Stade toulousain
Ces crédits, actuellement de 180 000 euros par joueur inscrit sur la liste « premium » annoncée par la FFR en début de saison, seraient désormais dégressifs par tranche de 15 000 euros, en partant de 210 000 euros pour le premier joueur sélectionné. Avec comme crédit maximum la somme de 1,575 million d’euros lorsque 14 joueurs ou plus sont concernés.
Pour un club comme le Stade toulousain, vivier principal du XV de France, qui touche quelque 2,7 millions d’euros de crédits internationaux actuellement, cette somme pourrait donc tomber à environ 1,6 million d’euros. Pour éviter une baisse si brutale il est cependant prévu par la Ligue de limiter à 300 000 euros la baisse maximale que pourrait subir un club d’une saison à l’autre.
L’objectif pour le rugby français
Dans un communiqué, la Fédération Française de Rugby précise que cette convention a été élaborée avec des objectifs précis et des actions concrètes autour de 4 objectifs :
- Le financement du rugby amateur
- La performance des équipes de France et l’attractivité renforcée du rugby professionnel
- La responsabilité en matière de santé des joueurs
- Le développement du rugby et le rayonnement de la France dans le monde.
Approuvée sur le principe, cette dégressivité des crédits internationaux devra être officialisée par un comité directeur ultérieur.