Le LOU a déjà vécu un bon début de saison... mais ça c'était pas super bien terminé
« La saison passée, on avait déjà bien démarré le championnat et on sait ce qui s’est passé », a évoqué dans la semaine Guillaume Marchand. La prudence affichée par le talonneur du LOU s’appuie sur un souvenir amer. Il y a exactement un an, le LOU présentait un bilan encore plus flatteur qu’aujourd’hui à ce même stade de la saison.
En 2025-2026, Lyon avait démarré par une démonstration à domicile face au Racing 92, sur le score de 32-7 avec le bonus offensif. Les Rhodaniens étaient ensuite allés s’imposer à Montauban, 18-25, avant de conclure la troisième journée par un succès contre le Stade Français, 42-37 à Gerland. Trois victoires en trois matchs. Le LOU restait alors la seule équipe invaincue du championnat après trois journées.
La lente chute
C’est après que ça s’est gâté. Car dès la journée suivante, les Palois ont sifflé la fin de la récréation, en infligeant aux Rhodaniens leur première défaite de la saison au Hameau, 40-15 et le LOU n’a jamais retrouvé cette allure de leader par la suite. Une pointe à la sixième place en cours d’exercice, une série noire à l’extérieur, sept défaites en huit déplacements, close seulement fin janvier à La Rochelle, et un passage à vide qui l’a même fait retomber à la douzième place au printemps.
Au final, le bilan s’est arrêté à onze victoires, un nul, quatorze défaites, une différence de points négative de moins quarante, et une onzième place qui, avec le recul, signait la troisième année consécutive à ce même rang, sans jamais réellement approcher le Top 6.
Un début identique sur le papier, un contexte qui a changé
Les chiffres de cette rentrée 2026-2027 collent presque trait pour trait à ceux de l’an dernier à la même date. Deux victoires en deux matchs, dont un succès à l’arraché contre Clermont, 40-36, Lyon ayant mené 20-0 avant de trembler en fin de match, puis un large succès à Créteil face au Racing 92, 48-31, avec huit essais inscrits contre quatre. Neuf points en deux journées, exactement le total qui, la saison passée, plaçait déjà Lyon en tête. Et Pau se retrouve de nouveau à ses côtés au sommet du classement, comme un remake presque volontaire de l’an dernier.
Deux différences méritent pourtant d’être posées avant de crier au copier-coller. La première concerne l’effectif. Le LOU a recruté huit joueurs cet été, avec un accent appuyé sur la première ligne. L’Argentin Thomas Gallo, le Tongien Opeti Helu et le Fidjien Tim Hoyt sont arrivés aux postes de piliers, complétés par le talonneur Giovanny Tafili et le pilier Pierre-Chanel Tafili, tous deux venus de Brive. Ce renfort répond directement à l’objectif affiché par Karim Ghezal de stabiliser une mêlée qui avait souvent craqué la saison passée, et à la nécessité de transformer en essais des possessions qui, jusque-là, s’arrêtaient trop souvent avant l’en-but.
Le retour de Couilloud
La seconde différence, et peut-être la plus déterminante, tient au retour de Baptiste Couilloud. Absent toute la seconde partie de la saison 2025-2026 après une grave commotion cérébrale contractée fin janvier, une période où l’équipe avait justement perdu pied, le capitaine a fait sa réapparition dès le déplacement à Créteil face au Racing 92, sans toutefois récupérer le capitanat, laissé à Mickaël Guillard. Sa présence produit déjà des effets. Karim Ghezal l’a constaté dès son retour sur le terrain : « Ils sont dix pour cent plus concentrés, plus présents. »
Gabin Lorre confirme cette impression. « Je le trouve très performant. Beaucoup de joueurs attendaient son retour. Ça aide beaucoup d’entre nous à performer autour de lui. C’est un honneur d’évoluer avec quelqu’un comme lui, avec une aura de leader, de capitaine. »
Un facteur qui, tout simplement, n’existait pas lors du naufrage de l’an dernier.
Wainiqolo, même énergie offensive
Autre clin d’œil de ce début de saison, Jiuta Wainiqolo. Déjà l’homme des grands moments lors du sprint initial de la saison passée, avec un slalom de soixante mètres à Montauban resté dans les mémoires, l’ailier fidjien est reparti sur les mêmes bases cette année.
Pau, arbitre du sort du LOU pour la deuxième année de suite
C’est là, ce samedi 19 septembre, que la coïncidence devient presque cruelle. Car l’équipe qui avait stoppé net l’élan lyonnais l’an dernier, à la journée suivante, en Béarn, est exactement celle qui se présente à Gerland ce week-end. Une journée plus tôt cette fois, et à domicile pour le LOU.
Guillaume Marchand ne s’y trompe pas. La vraie question posée à ce LOU n’est pas de savoir s’il peut égaler son démarrage de 2025, mais s’il peut, pour une fois, en tirer une conséquence différente.
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