Clermont défait à Lyon : le sursaut tardif qui a rassuré Urios
Lyon a longtemps semblé filer vers une victoire tranquille contre Clermont, samedi 5 septembre, à Gerland, en ouverture du Top 14. Un doublé de l’arrière Gabin Lorre, aux 3e et 14e minutes, propulsait les Lyonnais à 20-0 après un quart d’heure. Le score grimpait ensuite jusqu’à 37-10 à l’heure de jeu. Mais l’ASM a inscrit quatre essais dans les vingt dernières minutes pour recoller, sans toutefois inverser la tendance, s’inclinant 40-36 et repartant tout de même avec le bonus défensif.
Une fin de match spectaculaire, saluée par Christophe Urios, mais qui ne suffit pas à masquer les carences observées pendant une heure de jeu. D’où une réaction mesurée du technicien auvergnat, entre satisfaction du sursaut collectif et lucidité sur les manquements structurels de son équipe.
Une équipe battue sur les deux entames
Interrogé sur ce scénario à rebondissements, Urios a d’emblée balayé l’idée d’un match simplement étrange. « Ce n’est pas un drôle de match. On est battus sur les deux entames de mi-temps. Pendant 60 minutes, on a perdu la ligne d’avantage. Ensuite, on n’a pas réussi à être efficaces, notamment en première mi-temps, contrairement à eux, où ils viennent trois ou quatre fois dans notre camp et ils sont très réalistes avec pas grand-chose finalement. C’est trop facile pour eux », a-t-il analysé.
« Nous, contrairement à ça, en première mi-temps, on n’arrive pas à marquer. On perd cinq ballons, notamment trois dans la zone de décision, donc ce n’est pas un drôle de match. »
Un mental salué, une origine du problème identifiée
Sur la cause de ces largesses répétées en début de match, Urios a écarté l’explication météorologique pour pointer un déficit d’engagement sur les zones de combat. « La chaleur, il faisait chaud pour tout le monde. La différence, sûrement, c’est le synthétique où on ne s’est pas entraîné dessus, volontairement, mais on a été pris sur l’engagement. Pendant 60 minutes, on est pris sur l’engagement et sur la ligne d’avantage, notamment dans le petit jeu autour des rucks. On a été en difficulté là-dessus et après, ils sont très réalistes. Donc, je suis déçu qu’on n’ait pas réussi à mieux rentrer dans le match. »
Il a néanmoins tenu à valoriser la réaction de fin de rencontre, portée par les entrants. « J’ai aimé la fin de match, le fait de ne pas lâcher et de s’accrocher jusqu’au bout. Aujourd’hui, on a pris un point. Ce n’est pas ce qu’on voulait, parce qu’on voulait gagner le match. Mais sur la physionomie, c’est normal. Donc, non, ce n’est pas un drôle de match. »
Un point qui change tout, une série qui perdure
Cette défaite à l’extérieur pour l’ouverture du championnat s’inscrit dans une statistique tenace. Clermont a désormais concédé cinq revers lors d’une première journée disputée à l’extérieur, après Oyonnax en 2023, le Stade Français en 2022, déjà Lyon en 2021 et Bordeaux-Bègles en 2017. À cette série s’ajoute même un nul inaugural à La Rochelle en 2016. La dernière victoire clermontoise à l’extérieur pour une première journée remonte à 2015, à Marcel-Deflandre.
Mais contrairement aux saisons précédentes, l’ASM repart cette fois avec un point au compteur, un détail qu’Urios a jugé décisif pour la suite. « C’est capital de prendre des points. L’année dernière, on ne s’est pas qualifiés pour un point. Il y avait des matchs, notamment celui-là ici, qui était un rendez-vous pour nous et on en avait pris 40. On n’avait pas existé sur cette surface, notamment dans ce jeu direct qu’ils nous ont proposé aujourd’hui. Il faut qu’on arrive à être mieux que ça », a-t-il conclu, laissant transparaître un optimisme prudent avant de recevoir Paris la semaine prochaine.
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