Tournoi des Six Nations 2026 : l'Irlande, une armée décimée mais toujours ambitieuse
Décimée par les blessures et la suspension de Bundee Aki, l’Irlande d’Andy Farrell aborde le Tournoi des Six Nations 2026 avec un effectif plus faible que d’habitude mais une ambition intacte. Toujours menée par Caelan Doris, le XV du Trèfle reste une des grandes puissances européennes, même si la marge de manœuvre s’est réduite.
Un XV du Trèfle décimé
Sélectionneur de l’Irlande depuis novembre 2019, l’Anglais Andy Farrell doit gérer l’un des débuts de Tournoi les plus délicats de son mandat. Troisième du Tournoi 2025 avec quatre victoires pour une seule défaite, le XV du Trèfle reste une équipe d’élite, mais arrive cette année avec une liste d’absents longue comme un jour sans fin.
Bundee Aki a écopé d’une suspension de quatre matchs, dont trois pendant le Tournoi, pour « abus verbal » et « manque de respect » envers les arbitres lors d’un match de l’URC avec le Connacht. À 35 ans, le trois-quarts centre, pièce maîtresse des récents succès irlandais et candidat au titre de meilleur joueur du monde en 2023, laisse un vide immense au milieu du terrain, déjà privé de Robbie Henshaw, lui aussi blessé.
Devant, Farrell doit composer sans ses piliers gauches de référence : Andrew Porter, Jack Boyle et Paddy McCarthy manquent à l’appel, affaiblissant une mêlée traditionnellement dominante. Derrière, la ligne de trois-quarts est également touchée : Mack Hansen, Hugo Keenan et Ryan Baird figurent parmi les blessures majeures, entamant encore davantage la profondeur de banc irlandaise.
Pour une sélection construite sur la continuité, la stabilité des cadres et un système de jeu parfaitement huilé, cette accumulation de forfaits représente un sérieux coup de frein. Le staff est contraint de tester sa relève plus tôt que prévu, dans un Tournoi des Six Nations au niveau plus dense que jamais.
Harry Byrne, le nouvel atout à l’ouverture
Dans ce contexte, la lumière pourrait venir d’un poste clé : l’ouverture. À 26 ans, Harry Byrne (4 sélections) revient en sélection porté par un automne de très haut niveau avec le Leinster. Longtemps resté dans l’ombre au sein de sa province, il a frappé un grand coup en Champions Cup avec une pénalité de la gagne passée dans le temps additionnel face à La Rochelle (victoire 25-24), symbole de son sang-froid dans les moments décisifs.

Depuis la retraite de Johnny Sexton, le maillot floqué du numéro 10 irlandais est devenu un trône convoité, partagé entre Jack Crowley, Sam Prendergast et désormais Byrne, qui s’invite plus clairement dans la discussion. Gestion des temps forts, précision au pied, capacité à organiser le jeu et à faire vivre ses trois-quarts : s’il confirme au niveau international ce qu’il montre avec le Leinster, Harry Byrne pourrait rebattre les cartes de la hiérarchie plus vite que prévu.
Dans un XV du Trèfle affaibli par les absences, la capacité de l’ouvreur à contrôler le tempo et à convertir les moindres opportunités au pied pourrait faire la différence dans des rencontres serrées du Tournoi des Six Nations.
Rester dans le cercle des favoris
Sacrée en 2023 et 2024, l’Irlande n’avance plus tout à fait avec l’étiquette de rouleau compresseur, mais demeure solidement installée dans le cercle des favoris du Tournoi. Derrière une France au réservoir plus fourni, le XV du Trèfle reste l’une des sélections les plus régulières du rugby mondial, porté par un socle de joueurs issus du Leinster, Munster, Ulster et Connacht.
Les Irlandais sortent pourtant d’une tournée d’automne en demi-teinte, où le contenu comme les résultats ont laissé un goût d’inachevé, à l’image des difficultés offensives sans certains cadres. Caelan Doris, 27 ans, 55 sélections et capitaine, a reconnu que tout n’avait pas été au niveau attendu, tout en rappelant la confiance intacte au sein du groupe et la solidité du projet de jeu mis en place par Farrell.
L’heure de vérité arrive très vite avec une entrée en matière face à la France, tombeuse de l’Irlande à Dublin l’an dernier mais battue à Paris la saison précédente, preuve que ce XV du Trèfle, même diminué, reste capable de coups d’éclat.
Malgré les absences, Andy Farrell peut encore aligner un quinze de départ très compétitif, mélange de cadres expérimentés et de joueurs en quête de confirmation avec Stockdale – O’Brien, Ringrose, McCloskey, Lowe – (o) Prendergast, (m) Gibson-Park – Van der Flier, Doris (cap.), Conan – Beirne, Ryan – O’Toole, Sheehan, Milne.
Doris mène une troisième ligne de gros porteurs avec Jack Conan et Josh van der Flier, ancien meilleur joueur du monde, soutenus par une deuxième ligne Beirne-Ryan qui reste une référence en Europe. Devant, la première ligne O’Toole-Sheehan-Milne devra rapidement trouver ses repères pour compenser l’absence des piliers habituels, tandis que la charnière Prendergast-Gibson-Park aura la mission d’imprimer le rythme et de mettre sur orbite une ligne de trois-quarts toujours dangereuse avec Ringrose, McCloskey, Lowe et Stockdale.
Anticipez le parcours de votre équipe vers le titre du Tournoi des Six Nations grâce à notre jeu de pronos !
