« On a lâché » : Pierre Mignoni (Toulon) amer après la défaite face à Pau
Pau, grâce à une seconde mi-temps à sens unique, a conforté sa place de dauphin du Top 14 en dominant Toulon (32-12), indiscipliné et encore une fois en difficulté loin de Mayol, dimanche 1er février en clôture de la 16e journée.
S’ils n’ont pu bonifier leur onzième succès de la saison, les hommes de Sébastien Piqueronies ont repris six points d’avance sur Bordeaux-Bègles (3e) et mis leur rival du soir, désormais 6e, à huit points.
« On avait l’objectif de rester à cette deuxième place. Il fallait gagner pour creuser l’écart et un peu se détacher. On est très satisfaits », se satisfaisait le troisième-ligne de Pau Loïc Credoz. « Sur des matchs clés, disputés, la discipline, les un contre un, l’occupation et la possession sont trop importants. On avait mis un gros accent cette semaine. Le match de Toulouse nous avait beaucoup appris sur ce côté-là. Les avants, on était déçus de notre prestation à Toulouse (défaite 59-22 le 24 janvier, NDLR). Ils nous ont écrasés, dominés. Ils ont joué un match de premier contre deuxième. On l’a très mal pris toute la semaine, ils ont voulu nous humilier. »
Dix minutes de folie
Cette fois, la tendance s’est inversée et c’est grâce à ses gros que Pau a su s’imposer dans ce choc de haut de tableau où quatre internationaux français manquaient de chaque côté. En fait, tout s’est joué en dix minutes à la reprise avec trois essais inscrits par une Section jusque-là maladroite et bien contrée par des Varois costauds en défense. Les mauls béarnais après touche ont été redoutables avec les deux talonneurs qui se sont régalés (trois essais au total).
Toulon, sur une bonne dynamique avant de débarquer au Hameau, a tenu 50 minutes dans le sillage de son ailier Gabin Villière, longtemps blessé cette saison, qui a rappelé qu’il restait un ailier actif et à part, capable de conclure le seul véritable temps fort du RCT en première période (8e), de gratter près de sa ligne un ballon très chaud des Béarnais (13e) et de ne rien lâcher dans le pressing défensif.
« On a lâché car Pau a fait ce qu’il fallait mais surtout on leur a donné trop de choses. La discipline est le gros point noir », regrettait Pierre Mignoni, le manager du RCT. « Dans ce sport il faut prendre les bonnes décisions, être intelligent et ce soir, ce n’était pas acceptable. Elle nous a mis en difficulté. On a perdu la main sur le match alors qu’on était au coude à coude. »
Sur un terrain humide, les Palois ont eu du mal à percer le verrou visiteur dans le jeu mais ils ont profité de l’indiscipline des hommes de Mignoni lors du premier acte (7 pénalités contre 3), avec deux tentatives réussies sur trois tentées par Axel Desperes qui a mis ses couleurs devant à la pause (6-5).
Un autre ailier, Aaron Grandidier Nkanang, relâché par les Bleus mercredi, s’est signalé dans la bataille des airs et a donné de l’avancée aux siens qui ont donc trouvé la clé à la reprise, sur ballons portés, secteur travaillé dans la semaine, avec Julián Montoya pour franchir la ligne à deux reprises (50e, 57e). Le talonneur argentin a ensuite été imité par son remplaçant Youri Delhommel, à l’ultime minute.
Entre-temps, le calvaire toulonnais s’est poursuivi par l’intermédiaire d’un ancien de la maison rouge et noire, Aymeric Luc, opportuniste sur son premier ballon devant Setariki Tuicuvu (27-5, 59e). Ce 21-0 encaissé en moins de dix minutes et un peu trop facilement n’était pas du goût de Mignoni devant son banc. Mais les siens ont quand même relevé la tête avec un essai signé Tomas Albornoz au pied des perches (70e) pour rendre la pilule moins amère et compliquer la quête du bonus offensif local.
« Pour gagner un match à l’extérieur, 17 fautes, c’est beaucoup trop. Ce n’est pas digne d’une équipe qui veut jouer le top 2 ou le top 4 (…) Quand tu donnes un match comme ça, tu es très frustré. Je ne peux pas accepter ça. Il faut arrêter de dire qu’on est costaud. On ne l’est pas assez. Il y a des choses qui vont changer », prévenait Mignoni.
À force de pousser, les coéquipiers de Luke Whitelock, pour sa 100e, sont parvenus à inscrire un 4e essai par Delhommel mais pas le suivant, se contentant d’un succès mérité les plaçant en très bonne position avant la coupure internationale.
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