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Stade Toulousain : les 5 points pour comprendre la polémique autour du Salary Cap

Antoine Dupont s'entretient avec le président du Stade toulousain Didier Lacroix après avoir allumé la vasque du relais de la flamme olympique au stade Ernest-Wallon à Toulouse, le 17 mai 2024, en vue des Jeux olympiques de Paris 2024. (Photo Valentine CHAPUIS / AFP) (Photo by VALENTINE CHAPUIS/AFP via Getty Images)

Le Stade toulousain est au cœur d’une crise inédite autour du salary cap, et tente désormais de transformer sa défense en offensive politique pour faire bouger les lignes du Top 14.

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De quoi on parle ?

La réforme du plafond salarial du Top 14 occupe le rugby professionnel depuis plusieurs mois. Cette saison, il comprend un montant fixe de 10,7 millions d’euros, qui est augmenté en fonction du nombre d’internationaux français dans le club. Le salary cap inclut les salaires et primes versés aux joueurs, mais aussi des avantages en nature, ou encore toute somme versée par une « partie associée au club », dénomination qui inclut les sponsors.

1. Ce que la commission reproche à Toulouse

Déjà sanctionné par le passé pour non-respect du plafond salarial du Top 14, le Stade toulousain voit s’ouvrir un nouveau front avec une convocation le 26 mai devant la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby (LNR).

Le « Salary Cap manager », qui doit contrôler le respect du plafond de la masse salariale pour les clubs de rugby de Top 14, reproche au club rouge et noir d’avoir dépassé le plafond autorisé lors de trois des quatre dernières saisons (2021-2022, 2022-2023 et 2024-2025) ainsi que des « manquements à l’obligation générale de transparence et de coopération » de 2021 à 2025.

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Le club le plus titré de l’histoire du rugby français (24 championnats, 6 coupes d’Europe) encourt une lourde amende et une interdiction de recrutement. L’actuel leader du Top 14 ne risque en revanche pas de sanctions sportives, comme des retraits de points ou une rétrogradation, car celles-ci n’ont été mises en place qu’à compter de la saison en cours.

Jamais un club n’avait été convoqué pour des infractions courant sur autant d’années, alors que la prescription pour de tels faits est de cinq saisons.

2. Les deux faits pour lesquels Toulouse s’est fait épingler

Le club rouge et noir a déjà été sanctionné d’une amende de 50 000 € avec sursis en 2023 lors du départ de l’ailier des Springboks Cheslin Kolbe vers Toulon puis, en 2025, avait accepté dans le cadre d’une médiation de verser une « contribution » de 1,3 million d’euros à la LNR pour le transfert de l’arrière international Melvyn Jaminet depuis Perpignan.

Ce dernier transfert a aussi valu à Toulouse un retrait de deux points pour la saison en cours, par la commission financière dédiée aux manipulations des déclarations comptables, ce qui n’empêche pas le club, qualifié pour les quarts de finale de Champions Cup, de caracoler en tête du Top 14 cette saison.

Début 2026, une enquête du quotidien sportif l’Équipe a aussi révélé des contrats de droit à l’image sans contrepartie visible entre des joueurs du club, la superstar Antoine Dupont et le troisième ligne des Bleus Anthony Jelonch, avec un partenaire du club, la société de services aéroportuaires 3S-Alyzia, ce qui est interdit par le règlement.

3. La ligne de défense : un salary cap jugé « illégal et incohérent »

Face aux soupçons accumulés, Toulouse a choisi une autre stratégie. Plutôt que de se défendre dossier par dossier, le club attaque désormais le système lui-même.

Dans une lettre datée du 27 mars et adressée aux 30 clubs de Top 14 et de Pro D2, le président Didier Lacroix rappelle que le Stade s’est toujours déclaré favorable au principe du salary cap, aujourd’hui fixé à 10,7 millions d’euros par saison, mais le juge dans certaines de ses modalités « illégal et incohérent ».

Lacroix vise d’abord l’intégration obligatoire, dans l’assiette du salary cap, des sommes versées aux joueurs par des sponsors qu’il juge comme étant « une illégalité évidente selon les juristes très sérieux que nous avons consultés ».

Il conteste aussi que le remboursement, à un joueur, de la clause de dédit payée pour quitter son précédent club puisse être assimilé à un salaire, alors que le bénéficiaire final est l’ancien employeur. Car comment « assimiler à un salaire une somme dont le bénéficiaire effectif n’est pas le joueur mais son ancien club ? », interroge le président.

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4. Une contre-offensive juridique pour faire bouger le règlement

Sur le front institutionnel, Toulouse a officiellement demandé l’abrogation de plusieurs dispositions du salary cap, via un courrier d’avocats adressé à la LNR, qui a répondu vouloir « défendre le cadre » existant. Dans son texte, Lacroix met aussi en cause l’indépendance réelle du salary cap manager vis-à-vis de la Ligue, ainsi que l’obligation faite aux joueurs de déclarer des revenus n’entrant pas dans l’assiette du plafond, « une atteinte au principe constitutionnel du respect de la vie privée ».

La bataille ne se jouera donc pas seulement devant la commission disciplinaire puisque le club se prépare à porter le dossier devant le Conseil d’État si nécessaire, avec l’ambition d’obtenir une réécriture profonde des règles.

5. Un système qui ne résout pas tout

Cette crise éclate alors que le plafond du Top 14 doit être relevé: de 10,7 millions d’euros aujourd’hui, il passera à 11 millions la saison prochaine, puis augmentera de 100 000 euros par an jusqu’en 2029-2030, pour atteindre 11,3 millions.
Dans le même temps, les « crédits internationaux » accordés en fonction du nombre de Bleus dans un effectif seront resserrés, alors que la moitié des clubs de la division déclarent déjà utiliser 99% ou plus de leur enveloppe, dans un contexte de déficit cumulé record (64,5 millions d’euros en 2023-2024, dix clubs sur quatorze dans le rouge).

Si l’économie du rugby est florissante, entre public toujours plus nombreux et droits télévisés en hausse, les clubs sont dans une situation financière précaire : en 2023-2024, le déficit d’exploitation cumulé des clubs du Top 14 s’élevait à 64,50 millions d’euros, la pire performance depuis le Covid-19. Dix clubs sur quatorze étaient dans le rouge.

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