Pour la Section Paloise, « ça va être difficile encore de rester dans les 6 »
« Vous êtes pas au lit ? Vous avez pas école demain vous ?» Il est tard dimanche soir lorsque Sébastien Piqueronies pénètre dans la salle de presse pour débriefer cette 13e victoire de la saison – en 18 journées – contre l’Union Bordeaux-Bègles, 39-17. Le manager de Pau est fidèle à lui-même : cash, sympathique, mordant quand il le faut.
Ce soir-là, il a du mal à masquer sa satisfaction. Car cette nouvelle victoire contre le champion d’Europe (déjà battu d’un point au match aller en novembre), fait rester la Section à la deuxième place (occupée 24 h par Clermont) avant la trêve. Et à huit journées de la fin, l’espoir de participer aux phases finales du Top 14 pour la première fois depuis la saison 1999-2000 se caresse de plus en plus.
« Notre parcours nous donne 55 points, j’en suis hyper fier, c’est génial. Mais bon, je vois que beaucoup d’équipes prennent des points, je vois que ça se resserre terriblement vers le haut, je connais mon calendrier, donc je sais que ça va être difficile encore de rester dans les 6 », a-t-il néanmoins concédé.
« Ça va être absolument notre objectif. Je le répète, mais dans les 6 places qualificatives, malheureusement il y en a que 5. Il y en a déjà une qui est prise (par le Stade Toulousain, large leader, ndlr), et il faut absolument qu’on soit dans ces 5 places-là. Mais il faut rester très humble et très mesuré, parce qu’on va se déplacer deux fois, on va se déplacer à Montpellier et on aura trois réceptions à absolument ne pas manquer. Mais c’est ça qui est excitant. »
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C’est aussi pour récompenser les supporters que la Section veut aller le plus loin possible. « Honnêtement, j’ai trouvé le stade fabuleux, vivant, chantant, coloré, fier, debout. Ce stade nous a donné beaucoup d’énergie, ce stade nous rend fiers et je pense que les joueurs rendent fiers le stade », a indiqué Piqueronies dès sa prise de parole. « Et j’ai trouvé aujourd’hui l’équipe de la Section convaincue, déterminée. Pour moi c’est un vrai moment de communion, comme on les espérait au début du projet et comme, j’espère, on est hyper fiers de vivre. Donc un chouette moment de vie sportive. Pour moi, ce qui fait référence, c’est les émotions de ce soir, ça, ça fait référence. »
Il y a près d’un quart de siècle, Pau s’était qualifié pour les phases finales du championnat de France et avait atteint les demi-finales, perdues contre Colomiers (22-24 après prolongations). Depuis cette demi-finale de 2000, la Section n’a plus disputé de phase finale dans l’élite. Mais aujourd’hui, le club est bien parti pour renouer avec ses vieux souvenirs.
« Ce soir c’est une consolidation de tout ce qu’on fait, ce qu’on vit ensemble, ce qu’on est heureux de vivre ensemble », a appuyé Sébastien Piqueronies. « Je pense que les joueurs donnent tout, donnent tout pour ce club, donnent tout pour vivre ces émotions-là. Honnêtement, tu sais, quand tu coaches une équipe de Top 14 avec un championnat si long, si harassant, mais un championnat qui offre des identités bien marquées, je pense qu’on a le privilège d’être dans un territoire avec une identité bien marquée, et que cette fierté et cette énergie de communion, j’ai envie de dire, elle est magnifique à vivre. »
Pourtant, l’entame de la rencontre face à Bordeaux ne présageait rien de bon. Le revers d’un point de l’aller à Chaban (33-34) encore à l’esprit, les coéquipiers de Maxime Lucu ont sûrement livré leur meilleure entame de la saison à l’extérieur, se récompensant par Marko Gazzotti (13e) après un joli festival du funambule Salesi Rayasi dans son couloir et un relais du capitaine bordelais.
Les centres béarnais Brau-Boirie et Gailleton protégés en vue d’Écosse-France mais présents au Hameau, ce sont leurs doublures qui ont sonné la révolte, Nathan Decron pour égaliser après un temps fort près de la ligne visiteuse (19e), Reece Hewat en cassant les deux plaquages de la charnière girondine (14-7, 22e).
Sonnée, l’UBB a su réagir et Cameron Woki, auteur d’un premier essai refusé pour une obstruction au préalable (5e), a ramené les siens à deux longueurs après une pénaltouche (27e). Le rythme n’a pas faibli après la pause avec de très longues séquences ouvrant pas mal de capots aux quatre coins du terrain et quelques espaces dont l’un a profité à Romain Buros, bien servi par Joseph Laharrague pour l’égalisation (17-17, 51e). De quoi donner des idées à la Section, avec un essai quasi conforme dans sa finition avec Dan Robson pour la course oblique et Aaron Grandidier-Nkanang à la conclusion (61e).
« Aujourd’hui je suis très fier que la formation paloise ait misé fort sur Axel il y a trois ans et demi maintenant. C’est une vraie réussite de ce que le club sait très bien faire… »
Axel Desperes, inspiré comme jamais avec deux 50:22 réussis en quatre minutes, le second débouchant sur l’essai du break de Robson en solitaire petit côté (32-17, 66e), a largement pesé dans la construction de ce nouveau succès référence.
« Axel, tu sais, il porte, il tape, il trouve les 50:22, il met les points aux pieds quand on lui demande, il trouve des belles pénaltouches, il s’accroche en défense », souriait le manager palois. « Je crois surtout qu’Axel progresse à vitesse grand V. Et qu’aujourd’hui je suis très fier que la formation paloise ait misé fort sur Axel il y a trois ans et demi maintenant. C’est une vraie réussite de ce que le club sait très bien faire, c’est-à-dire décider, être patient, accompagner. Je me souviens qu’on en a parlé d’Axel il y a quelques semaines et quelques mois ensemble, ça me fait un peu sourire. ».
Pau a bien pensé cueillir un bonus offensif après l’essai en contre du véloce pilier Rémi Seneca (72e) mais les vert et blanc n’ont pu finir complètement le travail.
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