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Pauline Bourdon-Sansus : « si on continue comme ça, il va se passer des choses dans les années à venir »

La demie de mêlée française Pauline Bourdon Sansus exulte en marquant le premier essai de la France lors du match international de rugby à XV féminin du Tournoi des Six Nations opposant la France à l'Angleterre au Stade Atlantique de Bordeaux, le 17 mai 2026. (Photo : GAIZKA IROZ / AFP via Getty Images)
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Malgré une nouvelle défaite rageante face aux invincibles Anglaises pour remporter le Tournoi des Six Nations 2026, les Bleues veulent utiliser cette frustration et les promesses entrevues pour bâtir sur les bases du nouveau cycle amorcé ce printemps.

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Après le revers 43-28 concédé à Bordeaux dimanche 17 mai, la demie de mêlée Pauline Bourdon-Sansus, 75 sélections, a accepté de revenir sur les sept semaines de Tournoi, de se livrer sur le nouveau staff, le nouveau projet de jeu, la frustration de ne plus gagner depuis 2018 (alors qu’elle a commencé sa carrière en ayant battu trois fois les Anglaises) et ses espoirs pour la suite.

Pour elle, « il faut créer quelque chose, on a un cycle de quatre ans pour y arriver, mais je suis sûre qu’avec cette génération et avec la qualité de joueuses qu’on a, il va se passer des choses bientôt. » Interview.

Quel est le sentiment dominant après la défaite ? Un peu de fierté où on en est plus à ce stade ?

Pauline Bourdon-Sansus : Moi c’est sûr que j’en suis plus à ce stade, mais je trouve qu’on a progressé tout au long des 7 semaines, on a assimilé à un nouveau projet de jeu, avec un nouveau staff, des nouvelles joueuses. C’est toujours compliqué, mais je trouve qu’on est dans le vrai, et je pense que si on continue comme ça, il va se passer des choses dans les années qui vont arriver.

Y a-t-il des différences entre les précédentes défaites et celle-ci ?

Pauline : Je trouve qu’on joue mieux au rugby, je trouve que défensivement on leur a fait dégueuler pas mal de ballons. On est contentes de jouer avec ce projet de jeu. Franchement, en huit semaines réussir à faire ça, je m’attendais pas à ça. Je suis très contente, je suis fière des filles pour le combat et pour l’état d’esprit. Après, forcément, il y a plein de scories, on perd beaucoup de touches en début de match, on a des petits offloads qu’on doit pas faire… Et face à une équipe comme ça, si tout le monde n’est pas à 100% et si on a ces petites scories, on peut pas gagner un match, parce qu’on est puni direct par les Anglaises.

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« C’est la première fois que mon fils venait me voir dans les tribunes… »

Avant le match, on sentait poindre l’émotion chez toi…

Pauline : Oui, c’est la première fois que mon fils venait me voir dans les tribunes donc oui, beaucoup d’émotions. En plus il était en face de moi donc voilà, j’ai un peu craqué.

Ta mission était de dynamiser l’équipe, de lui apporter beaucoup d’énergie ?

Pauline : Oui, on avait une stratégie un peu en place où les 15 premières minutes de chaque mi-temps on voulait mettre beaucoup de rythme, essayer de les étouffer, et surtout de rester chez elles, parce qu’on savait que si on était chez nous on était en danger. Donc c’est ce qu’on a réussi à faire plus ou moins. On a pris des contres aussi, peut-être qu’on s’était un peu moins préparé, mais voilà. On voulait mettre beaucoup de rythme et je pense que pour gagner cette équipe-là il faut avoir le ballon, et on a essayé de le faire aujourd’hui.

Où places-tu ton premier essai sur ton échelle personnelle ?

Pauline : Je ne sais pas, c’est un essai collectif, franchement. Marquer un essai de 80m c’est quelque chose d’incroyable, surtout face aux Anglaises, mais j’aurais préféré ne pas marquer et qu’on gagne ce soir.

Quand tu marques le 2e et que vous revenez à 8 points, le stade s’embrase un peu. Qu’est-ce que vous vous dites ?

Pauline : En fait à la mi-temps on se dit que le match n’est pas perdu. On a déjà fait des remontadas où on échoue de peu. Moi je dis aux filles à la mi-temps que ça faisait très longtemps que j’avais pas vu les Anglaises autant paniquer, faire tomber autant de ballons dans leur jeu. Donc j’essaie de motiver tout le monde et de dire “ok, il y a j’sais pas combien à la mi-temps, mais si on marque de suite et si on remet de l’énergie, il peut se passer des choses”. On marque cet essai et vraiment on a eu la sensation que le stade et les filles on était transcendés. On se dit “ok, c’est maintenant qu’il faut attaquer”. Bon, on reprend un essai derrière donc ça échoue un peu, mais en tout cas j’ai senti beaucoup d’énergie dans le groupe. Tout le monde avait envie de bien faire, de s’accrocher, et ça il faut qu’on le retienne pour septembre parce qu’on va jouer des grosses nations qui vont arriver.

Au début de la seconde mi-temps, elles tentent une pénalité alors qu’avant elles seraient allées en touche…

Pauline : Oui, complètement. Et c’est ce que je dis aux filles : “ok, elles prennent 3 points, elles sont pas sereines, elles sont pas bien”. En fait il aurait fallu qu’on appuie là où elles n’allaient pas bien. On a essayé de le faire, on a essayé de repartir chez elles, de faire le moins de fautes possibles. Mais voilà, encore ce soir elles nous gagnent.

Et paradoxalement vous faites votre meilleure entame de tout le Tournoi, vos 20 premières minutes…

Pauline : Oui c’était vraiment le mot d’ordre tout au long de la semaine : d’aller jouer chez elles et de mettre un maximum de rythme. Et on fait une très bonne entame. Je crois que ça fait très longtemps qu’on n’avait pas marqué les premières face aux Anglaises. Donc on se dit “ok, on est dans le vrai”. Et on a 15-20 minutes où elles nous marquent 3 ou 4 essais…

Elles sont très réalistes…

Pauline : Mais ça on le savait. Et en fait si on leur donne des munitions, on sait qu’on le paye cash derrière. Je pense que si on prend pas le dernier essai avant la fin de la mi-temps on est encore plus près, mais le problème c’est qu’on rentre à la mi-temps à chaque fois avec beaucoup d’écart et pour réussir à revenir derrière c’est compliqué.

C’est quoi les failles des Anglaises du coup ?

Pauline : On voulait garder le ballon, aller toucher les couloirs – ce qu’on a réussi plutôt bien. Et surtout ce qu’il fallait contrer c’était leur conquête. Si on arrivait à contrer ça et si on était très discipliné, on savait que ça pouvait basculer d’un autre côté.

Un mot sur Siobhan “Bonnie” Soqeta qui nous a vraiment épaté ?

Pauline : C’est une joueuse qui emmène beaucoup de puissance. Ça fait très longtemps qu’on en avait pas une aussi puissante et elle t’emmène beaucoup d’énergie, elle a la rage à chaque fois qu’elle prend le ballon, elle a envie d’avancer. Un gros potentiel. Moi non plus je la connaissais pas. Mais c’est très bien pour la suite parce que face à des nations comme ça qui sont très costauds, on a besoin d’avoir des deuxièmes lignes qui soient costauds aussi.

Vous avez retrouvé de bonnes porteuses aussi avec Ambre Mwayembe qui s’est bien révélée dans ce tournoi.

Pauline : Je trouve que vraiment on est dans le vrai. Assia (Khalfaoui, ndlr) qui a fait un gros tournoi. Peut-être aussi que les filles se plaisent plus dans le projet, qu’elles sont plus à l’aise, et du coup ça leur permet d’éclore un peu plus. Mais en tout cas on est quand même confiantes pour la suite.

Qu’est-ce qu’il faut garder pour la suite ?

Pauline : Tout ce que je viens de dire : l’état d’esprit, l’engagement qu’on y met. Franchement je pense que ça fait très longtemps qu’on n’avait pas renversé autant les Anglaises. La défense à deux qui nous fait vraiment du bien depuis tout le tournoi, alors qu’à l’époque on défendait qu’à une. Là c’est compliqué de dire à chaud, mais on va bien analyser, on va rentrer dans nos clubs se reposer, on va finir la saison et on va attaquer au mois d’août pour la prochaine échéance internationale.

Cette défaite est encore plus frustrante ?

Pauline : C’est frustrant et encore plus pour moi franchement, j’en ai marre de perdre. Mais voilà, nouveau cycle, nouvelles joueuses, des filles qui n’ont pas l’habitude, il faut créer quelque chose. On a un cycle de quatre ans pour y arriver. Mais je suis sûre qu’avec cette génération et avec la qualité de joueuses qu’on a, il va se passer des choses bientôt.

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