Le Stade Toulousain ne fait plus peur avant les phases finales
De neuf points d’écart de retard avec Clermont (6e) au coup d’envoi, les hommes de Ronan O’Gara sont revenus à quatre unités (8e). Et le calendrier leur est favorable avec un déplacement à venir à Montauban (déjà relégué en Pro D2) et une réception du Stade Français pour finir à Deflandre, quand l’ASM devra batailler contre le Racing 92 (7e) et à Bordeaux-Bègles (5e).
Dupont blessé
Cette victoire n’était pas évidente à pronostiquer au regard de la dernière démonstration des champions de France au Vélodrome contre Toulon (51-27) et la voir bonifiée peut être considéré comme un signe que le printemps pourrait de nouveau sourire pour les Maritimes.
Il fallait un point à Toulouse, venu sans Antoine Dupont laissé au repos, mais avec tous ses autres internationaux valides présents, pour valider son billet pour les demi-finales.
Les hommes d’Ugo Mola, qui ont vécu deux trous noirs dans cette partie en prenant très cher au score, sont quitte pour patienter deux semaines de plus.
Les Toulousains, perdus pendant 10 mn
Si l’entame a été équilibrée, avec du combat, de l’énergie mais peu à se mettre sous la dent, un tourbillon irrésistible s’est abattu sur les visiteurs, perdus pendant dix minutes, le temps d’encaisser trois essais de Charles Kante-Samba (22e), Grégory Alldritt (25e) et Oscar Jegou (32e) pour un 21-0 laissant bouche bée le public de Deflandre sevré d’autant d’émotions depuis longtemps.
La réaction toulousaine était grandement attendue par son staff. Elle aurait pu intervenir avant la pause si Rodrigue Neti n’avait été retourné dans l’en-but maritime.
Elle est arrivée six minutes plus tard avec le capitaine Jack Willis à la conclusion, confirmée par la botte de Thomas Ramos (21-10, 52).
La quête du bonus
Mais cette domination-rébellion, parfois intense avec nombre de offloads, n’a pas été plus loin et le momentum est redevenu jaune après un 50-22 bien senti de Ihaia West. Sur l’action suivante, les hommes de Ronan O’Gara ont pris les points d’une pénalité par Nolann Le Garrec, pour sécuriser la victoire, plutôt que de choisir la touche.
Mais la quête du bonus est restée ancrée dans leurs têtes, surtout celle de Jules Favre auteur d’une percée axiale magistrale, débouchant après deux relais dont une chistera de Le Garrec et un temps de jeu au sol, sur un essai d’Andy Timo libérateur (31-10, 67).
Car derrière, les Maritimes, libérés comme rarement cette saison, ont continué de mettre la pression et se sont montrés cliniques avec un essai en première main né d’une touche avec Alldritt au relais trouvant Adrien Séguret lancé vers l’enbut d’un Deflandre en plein rêve (75).
Toulouse sur courant alternatif
Sur courant alternatif en cette fin de saison, Toulouse manque clairement de constance (six victoires sur les dix derniers matchs, toutes compétitions confondues) et plus aucune équipe ne semble craindre le club qui a été champion de France 24 fois dans son histoire dont les trois dernières saisons.
Désormais à trois revers cinglants en un mois – si on ajoute le déplacement à Bordeaux en quart de finale de Champions Cup et à domicile face à Clermont en Top 14 – Toulouse reste quand même confortablement installé dans son fauteuil de leader – 82 points, à 8 de Montpellier (2e) – lui permettant de préparer tranquillement les phases finales. Le confort, cet ennemi invisible, comme on l’évoquait ici même.
Mais avant cela, il ne faudra plus passer à côté des deux derniers matchs à Ernest-Wallon contre Lyon (10e, qui n’attend plus rien de sa saison) et à Paris La Défense Arena contre le Racing 92 (7e, qui jouera sa place dans le top 6)
« Notre rugby est étroitement lié à la capacité que l’on a à transformer nos temps forts, à marquer. Ce soir, tout ce que l’on a tenté est tombé à côté », admettait Ugo Mola, le manager de Toulouse. « De perdre me contrarie tout le temps. Montrer un visage comme ce soir me contrarie tout le temps. On s’est mis une petite balle dans le pied avec notre défaite contre Clermont. On savait que les points que l’on prendrait avant nous donneraient du confort au cas où… Le problème, c’est qu’aujourd’hui, on n’a plus de confort, il faut qu’on gagne contre Lyon pour être sûr de finir dans les deux premiers. »
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