Cinq choses à savoir sur Marie Ibanez, nouvelle ailière du XV de France féminin
Titularisée à l’aile contre le Canada samedi 26 septembre à La Rochelle, Marie Ibanez, joueuse des Lionnes du Stade Bordelais, va connaître sa première sélection. Fille de Raphaël Ibanez, arrivée tard dans le rugby, elle compte deux titres de championne de France avec Bordeaux.
Une lignée de rugbymen célèbres, qu’elle ne veut pas porter comme un étendard
Marie Ibanez, 23 ans (elle en aura 24 le 3 octobre), est la fille de Raphaël Ibanez, ancien talonneur du XV de France aux 98 sélections devenu manager des Bleus, (par ailleurs beau-frère de Richard Dourthe). Son oncle est l’ancien troisième ligne international Olivier Magne, et le clan est souvent désigné sous le nom d’Ibanez-Dourthe-Magne. Elle a deux frères, Matéo et Julian, licenciés à Blagnac, et une sœur, Clara. Chez les hommes, les fils partis sur les traces d’un père international sont nombreux. Chez les femmes, elle sera la première.
« Je suis très fière de ma famille », assure-t-elle dans l’émission 100%UBB, dans des propos rapportés par Ici Gironde. Son père reste en retrait de sa carrière. « Il me donne quelques conseils, c’est tout. Le plus important pour lui, c’est que je sois heureuse dans tout ce que je fais. Il me soutient tout le temps, quoi qu’il arrive. Ma mère et lui m’encouragent juste à être la meilleure version de moi-même », a-t-elle confié à Actu Rugby, en ajoutant qu’il est « plus stressé » pour elle qu’à l’époque où il jouait. « Il a peur que je m’abîme le visage, que je me blesse, car avant d’être le manager du XV de France, c’est un papa qui prend soin de moi. » Olivier Magne confirme auprès d’Ici Gironde cette absence de pression familiale. « On n’a jamais poussé les enfants à faire quelque activité que ce soit. Ils ont toujours choisi. »
Treize ans de danse avant le ballon ovale
Avant le rugby, la Landaise a pratiqué la danse pendant treize ans, la gymnastique, le cirque, le jonglage, le ski en compétition et le surf. « J’ai toujours fait de la danse avec des sports à côté », résume-t-elle au micro d’Ici Gironde. Le ballon, elle le manipulait déjà enfant sur les plages d’Hossegor avec ses frères.

L’âge de ses débuts en club varie selon les sources. Elle a déclaré avoir commencé « à 17 ans, en terminale », même si d’autres sources relatent une inscription à 15 ans au Rugby Côte Sud Landes, quand sa fiche biographique la fait débuter à 16 ans à l’entente Capbreton-Hossegor, où elle est licenciée de 2018 à 2020.
Quatre saisons au Stade Toulousain
Marie Ibanez rejoint le Stade Toulousain en 2020 et y joue en Réserve Élites puis en Élite 1. En 2022, elle remporte la Coupe de France et le championnat de France Réserves Élites, tout en disputant plusieurs matchs avec l’équipe première. La saison 2022-2023 est perturbée par des blessures. Titulaire pour la première fois avec Toulouse à 19 ans, elle quitte le club en 2024 sur une nouvelle Coupe de France, après 21 rencontres en quatre saisons.
Deux titres et un rôle de finisseuse avec les Lionnes
Après ses études à Toulouse, Marie rejoint Bordeaux en 2024 pour se rapprocher de sa famille. Dès sa première saison, les Lionnes sont sacrées championnes de France contre Toulouse (32-24), puis conservent leur titre en 2026 face à l’ASM Romagnat (22-10). La saison dernière, elle a inscrit sept essais en seize matchs. « J’ai pris confiance en moi et en mon jeu, j’ai gagné en densité et en technique et je pense que c’est aussi grâce à ça qu’une opportunité s’est offerte à moi », expliquait-elle dans Sud Ouest l’hiver dernier. « Le lien est vraiment fort et c’est ça qui fait notre force. »
Une première sélection face aux vice-championnes du monde
Appelée à Marcoussis en janvier 2026, lors du premier stage de François Ratier, elle figurait parmi les dix joueuses sans sélection du groupe de 32 réuni avant le Tournoi des Six Nations. Le sélectionneur, lui-même ancien manager des Lionnes, la connaît donc très bien. Déjà avec la chasuble des titulaires à l’entraînement mardi, elle débute samedi 26 septembre (17 h 45) au stade Marcel-Deflandre, pour le troisième match des Women XV Global Series, après la défaite contre la Nouvelle-Zélande (28-14) et la victoire contre l’Australie (29-26). Elodie Fernandez et Amalia Bazola Allières doivent aussi connaître leur première cape.
« C’est une ferrailleuse, quelqu’un qui ne lâche rien. Et puis elle court à plus de 30 km/h. On aura besoin de ce genre de profil contre le Canada », a commenté François Ratier à l’annonce de la composition d’équipe. « Elle mérite cette première sélection. Elle a les moyens de rivaliser avec les meilleures à son poste. Maintenant, c’est à elle de le montrer. » Pendant le Tournoi masculin, elle avait glissé à son compagnon, le troisième ligne de l’UBB Temo Matiu, que « quand la chance d’y être se propose, il ne faut pas la manquer ».
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