Gareth Baber : de l'or olympique à la bataille pour la Pro D2 avec Nissa Rugby
Gareth Baber est à un match de la dernière chance de monter en Pro D2 cette saison. Le Gallois qui avait orchestré le sacre olympique de l’équipe de rugby à 7 des Fidji à Tokyo – le deuxième de suite – se retrouve en match d’accession face au Stade Montois dimanche 31 mai, après avoir échoué à monter directement en concédant la défaite face à Narbonne (23-20) en finale de Nationale.
Un budget jusqu’à 10 millions d’euros
Une victoire, et Nissa Rugby changera de dimension. Le budget peut grimper jusqu’à 10 millions d’euros – le plafond de la Pro D2 – contre 6,4 millions de livres autorisés en Gallagher Premiership. Les droits TV, eux, atteindront 10,7 millions d’euros reversés aux clubs de la division dès 2027, soit plus de 500 000 euros par club. Nissa avait maintenu un budget de 8 millions malgré sa relégation en Nationale.
Baber, 53 ans, ancien trois-quarts de Cardiff et Pontypridd, puis entraîneur des skills à Édimbourg avant de diriger Cardiff Met University, boucle sa première saison en tant que head coach. Le chantier était conséquent avec plus de vingt nouvelles têtes à intégrer. Le groupe compte désormais l’ancien capitaine fidjien Waisea Nayacalevu, l’ouvreur gallois Owen Williams, l’ailier Henry Purdy et et le deuxième-ligne Joel Kpoku, passé par Saracens. Son jumeau Jonathan joue à Albi dans la même division ; son cadet Junior, lui, est prêté à Toulon par le Racing 92. La promotion permettrait de recruter encore, trois joueurs de Grenoble ayant déjà signé, dont Samuel Bielle-Biarrey, frère de Louis.
Ce que représenterait une montée en Pro D2
Sur la place d’une éventuelle montée dans son palmarès, Baber ne cherche pas à hiérarchiser : « Pour moi, que ce soit une montée, une médaille d’or olympique ou un titre européen avec Pontypridd, ce qui compte c’est que nous avons atteint l’objectif que nous nous étions fixé », dit-il.
« La montée serait l’aboutissement de tous ces matins de labeur et la validation de ce que vous avez construit collectivement. N’importe quel entraîneur vous dira qu’avec l’âge, on tire les leçons des bonnes et des mauvaises expériences vécues dans des situations de forte pression. Les gens se tournent vers vous en tant que leader pour avoir la confirmation qu’ils ont tout compris et qu’ils peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes. »
« Ici, le président veut être en Top 14 »
Le projet niçois, porté par le président Jean-Baptiste Aldigé et le directeur sportif Matthew Clarkin, affiche clairement ses ambitions. « Ici, le président veut être en Top 14 et il y a un modèle à construire, comme Toulon l’a fait. L’intention est de monter jusqu’à 10 millions d’euros. On veut grandir, recruter, et on n’en est qu’à 12 mois du projet », affirme Baber.
« Au cours de ma carrière de joueur et d’entraîneur, j’ai toujours essayé de garder le recul nécessaire ; je n’ai pas toutes les réponses, mais il s’agit avant tout de construire une culture et des équipes. À Nissa, il n’y avait pas de plan préétabli et nous avons appris au fur et à mesure.
« Des joueurs comme Waisea, qui vient d’un milieu fidjien très fort et qui sait parfaitement ce que c’est que de gagner à l’étranger, et Owen, qui possède une immense expérience au niveau international et en club, jouent un rôle essentiel dans ce processus. Jean-Pascal Barraque a remporté l’or olympique en rugby à 7 avec la France et possède une grande expérience au plus haut niveau. »