Provence Rugby, l'art de gagner en infériorité chronique
Finaliste du dernier exercice et l’un des favoris de la saison de cette saison de Pro D2, Provence Rugby a réussi à s’imposer 18 à 13 à Colomiers jeudi 3 septembre, malgré une longue infériorité numérique. Un succès arraché de haute lutte qui permet aux Aixois de prendre provisoirement la tête du classement.
Les Provençaux, qui avaient battu Agen avec le bonus offensif lors de la première journée (44-10), ont inscrit deux essais par Adrien Lapègue (14e) et Setareki Bituniyata (37e). Mais ils ont surtout fait preuve d’un immense courage pour résister durant une heure à quatorze, après l’exclusion du pilier Hugo Ndiaye pour un plaquage dangereux avec contact à la tête (20e). Ils ont même disputé les dix dernières minutes à treize, après un carton jaune infligé à Caleb Muntz (70e).
Les Columérins, désespérants à la touche avec onze ballons perdus dans ce secteur, sont restés dans le match grâce à deux essais, d’Alberto Carmona (40e) et Grégoire Bazin (59e). Mais ils ont perdu leur demi de mêlée Jules Danglot en début de seconde période, sorti sous protocole commotion, et bien qu’ils soient passés tout près d’inscrire un troisième essai en fin de partie, ils n’ont jamais réussi à combler leur retard.
Une solidarité forgée dans l’urgence
En conférence de presse, Philippe Saint-André, le directeur du rugby aixois, est apparu satisfait de la prestation des siens. Un succès obtenu dans des conditions périlleuses, qu’il a d’abord mis sur le compte de la solidarité collective. « On est solide. Ce qui est sûr, c’est qu’on a montré une sacrée solidarité. Avec un carton rouge aussi tôt, on a été obligé de faire entrer Albert, et de le faire ressortir pour la mêlée… Alors qu’il devait disputer les 35, 40 dernières minutes. Ça a changé pas mal nos plans, on ne s’est pas facilité la tâche. On a même à 14 manqué d’ambition selon moi, car en conservant le ballon, on pouvait se montrer dangereux, on gagnait les impacts », a-t-il analysé.
Malgré une indiscipline coûteuse et une bonne dizaine de ballons perdus en touche, le manager aixois a préféré retenir l’état d’esprit affiché par son groupe, sensiblement différent de celui de la saison passée à la même période. « C’est ce qui fait basculer la rencontre. Avec la touche, je ne sais pas combien de ballons on vole, sans doute une dizaine », a-t-il assuré.
D’outsider à favori, un nouveau statut
« On est contents de la victoire, de l’état d’esprit affiché, du fait que l’année dernière on n’avait que deux points au même stade (deux journées, ndlr). Là, neuf, avec une marge de progression par rapport aux cartons. Malgré tout, on était en place défensivement. Cette victoire va amener énormément de confiance et un état d’esprit incroyable. Pour la semaine prochaine, je retiens aussi qu’on a un jour de plus pour recevoir Narbonne. D’ailleurs leur entraîneur en chef est un ancien de la maison, Jacques Delmas. En tout cas le retour en bus va être long, certes, mais bien plus sympa avec la victoire », s’est-il réjoui.
Philippe Saint-André est enfin revenu sur la maturité acquise par son groupe depuis la dernière phase finale, disputée au printemps. Un vécu qui change la donne, désormais que le club a changé de statut. « Les joueurs ont goûté aux phases finales l’an dernier, à la finale et à l’access notamment. Et ils sont arrivés cet été avec la volonté d’y retourner. Gardons à l’esprit qu’on a joué un barrage en raison de notre troisième place, et que se l’éviter est important. On est passé du statut d’outsider ambitieux à celui de favori parmi d’autres, Montauban ou Brive qui a le même budget que nous. En cela, je ne peux que les féliciter sur l’état d’esprit, la solidarité et par-dessus tout ces dix dernières minutes à 13 contre 15. Ils ont su gérer et gagner ce match à Colomiers, qui reste une très belle équipe, la deuxième du dernier championnat », a-t-il conclu.
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