Premiers matchs de préparation à la Pro D2 : Colomiers déjà tranchant, Grenoble et Agen lancés
La première soirée de préparation à la saison de Pro D2 vendredi 7 août a offert quelques repères, sans dispenser personne de prudence. Colomiers a frappé le plus fort face à Brive (38-12) , Grenoble a fini par étouffer Aurillac (43-21), tandis qu’Agen a trouvé les ressources pour s’imposer à Soyaux-Angoulême (45-35).
Mais vendredi soir, Colomiers n’a pas seulement gagné face à Brive, il a donné une leçon de réalisme. Longtemps installés dans le camp haut-garonnais, les Corréziens ont buté sur une défense dense avant de voir leurs pertes de balle transformées en points. Les Columérins ont marqué quatre essais en une vingtaine de minutes, avec Duthil omniprésent en touche et Debaës particulièrement juste dans l’animation. À la pause, le match avait déjà basculé, 26-5.
Le succès 38-12 reste celui d’un match de reprise, avec des rotations dans les deux équipes d’une période à l’autre et une intensité forcément relative. Mais la capacité de Colomiers à défendre près de sa ligne, à récupérer puis à convertir rapidement les opportunités a marqué les esprits. Les jeunes ont aussi apporté leur part.
Grenoble a retourné une entame difficile
Grenoble a lui aussi validé sa première sortie, avec un succès large contre Aurillac à Voiron, 43-21. Les Isérois ont pourtant été secoués d’entrée, encaissant deux essais dans les dix premières minutes. Leur réaction fut immédiate et offensive, portée notamment par Mathis Baret, Baptiste Abescat et Thomas Callandret.
La donnée la plus intéressante se situe après cette entame ouverte. Le FCG n’a plus encaissé le moindre point durant les soixante dernières minutes, avant de faire la différence dans le dernier tiers grâce à Rossi, Bouzegaya et Sawailu. Mathis Baret retenait une équipe déjà cohérente malgré les nombreux changements opérés durant l’été.
« On avait envie de se retrouver, de reprendre des repères avec le ballon comme en défense. Il reste forcément quelques détails à régler, notamment les réceptions de coups d’envoi, mais dans l’ensemble je nous ai trouvés cohérents en attaque comme en défense. Il y a eu beaucoup de changements à l’intersaison, mais on a bien travaillé pendant la préparation et ça s’est vu aujourd’hui. On est sur la bonne voie », confiait Mathis Baret, le troisième ligne du FCG, à nos confrères du Dauphiné Libéré.
Le staff grenoblois a toutefois relevé les failles aperçues en début de rencontre. « Ce que je retiens surtout, c’est la réaction des joueurs dans le troisième tiers. Ils se sont resserré les coudes, ils sont revenus à des choses simples et ils ont pris du plaisir. C’est cet état d’esprit que je veux garder. Au niveau de la mentalité, du travail et de l’investissement des joueurs, on est donc sur la bonne voie. En revanche, il reste beaucoup de choses à travailler techniquement et tactiquement. On met en place de nouveaux principes offensifs et ça s’est peut-être ressenti défensivement en début de match », expliquait Jérôme Villegas, entraîneur des avants.
Aurillac peut, de son côté, nourrir quelques regrets. Les Cantaliens ont existé dans la conquête et dominé des séquences importantes, mais ils ont payé cher leur manque de précision dans les zones de marque et sur les turnovers. « Ils étaient plus opportunistes, plus saignants, mais il y a eu plein de bonnes choses. Sur l’agressivité, les joueurs ont vraiment mis les ingrédients pour avancer. Il manque peut-être un peu plus d’organisation pour marquer un peu plus adversaire, et marquer », remarquait Roméo Gontinéac auprès de nos confrères de La Montagne.
« Il y a eu plein de bonnes choses, maintenant, il faut qu’on soit un peu plus lucide quand on est dans le rouge, et notamment sur les turnovers où il faut qu’on soit beaucoup plus efficaces et plus attentifs pour ne pas prendre des essais aussi facilement. »
Agen, six essais et une réaction salvatrice
Enfin, après quatre jours de stage dans les Landes, Agen s’est confronté avec succès à Soyaux-Angoulême, 45-35, inscrivant six essais et mettant en lumière plusieurs recrues : Bozic, Tolofua, Bouyssou, entre autres. Les Agenais ont cependant connu un long passage à vide, encaissant un 28-7 à cheval sur les deux périodes. Menés après l’heure de jeu, ils ont réagi pour reprendre l’avantage. Une victoire utile, obtenue avec seulement 28 joueurs mobilisés contre 35 côté charentais.
Mauricio Reggiardo a posé le cadre après cette première sortie. « On a bien travaillé, on prend du plaisir à être ensemble, il y a un bon état d’esprit. Après, il faut le montrer sur le terrain », a expliqué le manager à Sud Ouest. « Ça n’a pas été parfait. Entre les deux water break, il y a quarante minutes où on subit un peu, où on n’a pas le ballon. Et nous sommes une équipe qui a besoin d’avoir le ballon.
« Il y a eu du positif, on marque six essais, mais on en prend aussi cinq aussi. Mais dans l’ensemble, c’est positif. On est en construction, on est en train de faire les fondations. On aura le temps de mettre les briques et le toit. Mais pour l’instant, on est sur les fondations et on veut qu’elles soient solides. »
Ces premiers galops ne distribuent aucun statut. Ils ont simplement révélé trois tendances nettes, avec un Colomiers déjà clinique, un Grenoble capable de resserrer son jeu et un Agen suffisamment combatif pour sortir vainqueur d’un match désordonné. Les prochaines répétitions diront si ces promesses résistent à la montée en puissance de la préparation.
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