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Fusion Montpellier - Béziers : fantasme de comptoir ou projet d’avenir régional ?

Vue générale du Septeo Stadium avant le match de rugby du Top 14 entre Montpellier Hérault Rugby et le Stade Rochelais (La Rochelle), à Montpellier, dans le sud de la France, le 4 octobre 2025. (Photo?: GABRIEL BOUYS / AFP via Getty Images)

Une rumeur persistante, évoquée dans les colonnes du Midi Libre, revient sur une fusion possible entre le MHR (Top 14 et l’ASBH (Pro D2). Soit ils en ont vaguement entendu parler, soit ils l’ont évoqué comme on parle de la pluie et du beau temps, mais les dirigeants de Montpellier et de Béziers, éloignés de près de 70 km, renvoient au « fantasme » l’idée même d’une fusion entre les deux clubs.

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Pour autant, le président du MHR, Mohed Altrad, avait lui-même alimenté la rumeur l’an passé en déclarant : « Aller à Béziers est une hypothèse très sérieuse. Je laisse le temps aux gouvernants de Montpellier pour savoir comment ils réagissent ». Il avait remis le couvert en novembre en racontant une anecdote sur une radio locale : « Il y a aussi le maire de Béziers, Robert Ménard, qui m’a dit : “Viens ici, on t’offre tout ce que tu veux dans les règles de l’art : politiquement, matériellement, fiscalement, juridiquement…” »

Or, même si elle peut sembler saugrenue et irréalisable au premier abord, l’idée n’en est pas moins fondée sur plusieurs constats.

Pourquoi ça peut marcher

Argument n°1 : une survie économique pour Béziers

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L’ASBH affiche un budget 2025-2026 de 9,49 M€, des dettes de 3,6 M€ et un résultat net négatif de -423 000 €. Avant-derniers de Pro D2 (à la 26e journée), les Biterrois sont dans une impasse sportive et financière que leurs nouveaux dirigeants sud-africains peinent à résoudre. Une fusion avec le MHR, club du Top 14 aux moyens bien supérieurs aussi bien financiers que sportifs, offrirait une bouée de sauvetage structurelle, en mutualisant masses salariales, centre de formation, équipement et éventuellement sponsoring et droits TV.

Argument n°2 : le modèle UBB prouve que c’est possible

L’Union Bordeaux-Bègles est née en 2006 d’un mariage difficile entre le Stade Bordelais et le CA Béglais, deux clubs rivaux aux identités fortes. Malgré l’opposition initiale des supporters, l’UBB a vite gravi les échelons jusqu’à remporter la Champions Cup en 2025. C’est aujourd’hui l’un des clubs les plus puissants de France. Ce précédent démontre qu’une fusion entre rivaux régionaux peut, avec du temps, des moyens et une gouvernance solide, aboutir à un projet sportif d’élite. D’ailleurs, le MHR lui-même est né en 1986, sous la pression de la ville, d’une fusion entre le Stade Montpelliérain et le Montpellier Université Club.

Argument n°3 : un levier territorial inédit en Occitanie

Un « super-club héraultais » s’appuierait sur un bassin de population d’environ 1,2 million d’habitants entre Montpellier et Béziers. Le projet de stade à mi-chemin des deux villes, entouré de commerces, pourrait générer des revenus de billetterie et d’hospitalité inédits dans la région, dans un département déjà identifié comme terre de rugby. Face à l’ogre toulousain, ce pôle sportif départemental aurait une légitimité géographique et institutionnelle réelle.

Pourquoi ça peut pas fonctionner

Argument n°1 : un choc d’identités irréconciliables

Or, pas facile de fusionner deux clubs à l’identité forte. Béziers, c’est 11 titres de champion de France, une culture rugbystique centenaire fondée depuis 1911, et une fierté populaire viscéralement attachée aux couleurs rouges et bleues. Montpellier est un club de 40 ans seulement. Pour les supporters biterrois, s’associer à un club “jeune” – qui plus est voisin – est vécu comme une trahison de l’héritage. Robert Ménard, maire de Béziers, le formule clairement : « À Béziers, c’est inenvisageable ».

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Argument n°2 : le spectre du fiasco Stade Français – Racing 92

Le rugby français a déjà eu son exemple repoussoir : en 2017, la tentative de fusion entre le Stade Français et le Racing 92 s’est soldée par un désastre retentissant, sous les huées des supporters et une guerre interne entre actionnaires. Même si le sujet a été remis sur la table il y a à peu près un an à la faveur de Jacky Lorenzetti, le patron des Racingmen, c’est toujours non. Dans un sport où l’identité de club est souvent plus forte que dans d’autres disciplines, le risque de reproduire ce scénario – surtout avec deux clubs aux ego institutionnels aussi marqués – est réel et documenté.

Argument n°3 : des intérêts qui ne s’alignent pas

Invités à réagir par les journalistes du Midi Libre, Mohed Altrad, président du MHR depuis 2011, évoque plutôt une éventuelle « coopération » mais balaie toute idée de fusion, soulignant qu’« un club ne peut pas absorber un autre comme ça ». Du côté de l’ASBH, le directeur général Saul Loggenberg parle de « n’importe quoi ». Les deux clubs n’ont pas le même niveau compétitif (Top 14 vs Pro D2), pas les mêmes actionnaires, pas les mêmes horizons stratégiques. Les tensions entre le MHR et la Métropole de Montpellier autour du rachat du stade complexifient encore davantage tout projet commun d’infrastructure.

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