Virer Shaun Edwards ? « C'est mal estimer la valeur qu'il continue d'apporter »
Les informations non confirmées selon lesquelles Shaun Edwards quitterait son poste d’entraîneur adjoint de la défense du XV de France ont suscité de nombreuses réactions dans le monde du rugby, au regard de son palmarès exceptionnel.
Un départ sous tension
Selon L’Équipe, Fabien Galthié souhaite renouveler son staff, et Edwards aurait été « poussé vers la sortie » alors qu’il est encore sous contrat jusqu’en 2028. Le coach était d’ailleurs absent d’une réunion tenue à Narbonne et Montpellier la semaine dernière, à laquelle participaient le reste du staff ainsi que le spécialiste du jeu au pied Vlok Cilliers, lui aussi annoncé comme partant. Une source citée par le quotidien sportif indique que sa situation est devenue « un vrai problème ».
L’ancien de Wigan aura décroché sept titres du Tournoi des Six Nations en tant que coach – quatre avec le Pays de Galles, trois avec la France. Son départ intervient quelques mois seulement après le sacre du XV de France lors du Tournoi 2026, malgré des revers lourds : 50 points encaissés face à l’Écosse, 46 face à l’Angleterre.
La voix de Shaw
Simon Shaw, ancien deuxième ligne des Lions britanniques et irlandais, d’Angleterre et des Wasps – équipe qu’il partageait avec Edwards à l’époque où Warren Gatland en était le manager , a pris position via LinkedIn. “Shaun Edwards a toujours été l’un de mes entraîneurs préférés, voire mon préféré”, écrit-il dans un post liké plus de 600 fois (à l’heure où nous écrivons ces lignes).
« Pour moi, comme pour tant d’autres, c’est sa capacité à faire simple. Le principe KISS – Keep It Simple, Stupid. Les meilleurs entraîneurs prennent des problèmes complexes et les rendent compréhensibles. Ils apportent clarté, responsabilité et conviction. Edwards l’a fait partout où il a entraîné, du rugby de club au rugby international. »
Et même si l’on pourra arguer qu’avec son accent à couper au couteau, parfois les mots en français lui manquaient, il ne serait pas resté non stop dans le staff tricolore depuis fin 2019 s’il n’avait pas été performant.
« Les entraîneurs de son calibre sont exceptionnellement rares, poursuit l’ancien international qui ne comprend pas comment un tel performer a pu être saqué. « Sa valeur va bien au-delà de l’organisation d’une ligne défensive ou de la préparation d’une équipe pour le prochain adversaire. Il a été une figure centrale de l’ascension de la France au sommet du rugby international, contribuant à façonner les normes, la culture et la cohérence au sein de l’équipe. Laisser partir quelqu’un d’une telle influence serait difficile à comprendre et pourrait finalement s’avérer être une méconnaissance de la valeur qu’il continue d’apporter. »
Des négociations en cours avec l’Angleterre
Simon Shaw suggère également qu’un départ vers l’Italie constituerait une décision prudente pour les Azzurri, capables selon lui de tirer profit de la « clarté défensive et des habitudes gagnantes » qu’Edwards pourrait inculquer à une équipe en pleine progression.
Edwards lui-même a évoqué ses ambitions après le sacre dans le Tournoi 2026 : « J’aimerais honnêtement remporter un Rugby Championship. Je rêverais d’être impliqué avec les All Blacks, les Springboks ou peut-être l’Argentine ». Un retour vers l’Angleterre n’est pas exclu – des négociations seraient en cours selon The Telegraph , même si Richard Wigglesworth occupe actuellement le poste de coach défensif dans le staff de Steve Borthwick.