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Comment les Australiennes ont encaissé cette défaite improbable face aux Bleues


Amelia Whitaker (au centre) au contest face à la deuxième ligne française Julia Grosz (à droite), lors du match international de rugby à XV féminin opposant la France à l'Australie au Stade Maurice-David à Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France, le 19 septembre 2026. (Photo : CLEMENT MAHOUDEAU / AFP via Getty Images)
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Ce match, les Australiennes n’auraient jamais dû le perdre ! Pas en jouant à 15 contre 11 pendant dix minutes. Pas en menant 19-0 à la demi-heure de jeu. Et pourtant, l’improbable s’est produit.

Le XV de France féminin l’a emporté au courage (29-26) contre les Wallaroos australiennes samedi 19 septembre à Aix-en-Provence, à l’issue d’un scénario fou où les Bleues ont été sanctionnées de cinq cartons, dont quatre en l’espace de six minutes en première période.

Rencontre
WXV Global Series
France Women
29 - 26
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Australia Women
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Après leur défaite lors de la journée inaugurale des Women XV Global Series contre les n°2 mondiales, les Black Ferns néo-zélandaises (14-28), la semaine précédente à Lyon, les joueuses de François Ratier (n°4) ont donc redressé la tête, s’imposant finalement cinq essais à quatre après avoir évolué à 14 toute la seconde période.

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L’effondrement australien

Et en face, les Australiennes se sont littéralement effondrées. « A la mi-temps, je ne sais pas si vous aviez prévu de faire exploser le bus, mais il y avait vraiment… il y avait vraiment de tout », a rigolé jaune Tim Walsh, directeur du programme de haut niveau féminin en Australie, en évoquant cet énième rebondissement : l’interruption de la rencontre pendant que les pompiers intervenaient sur un incendie juste derrière une tribune.

« On ne veut pas se chercher d’excuses, même si ça perturbe le rythme, la dynamique. Mais au final, il n’y a pas d’excuse, on doit juste être présents et s’adapter. Ça ne nous a pas seulement affectés, ça a affecté les Françaises aussi », admettaient la capitaine Siokapesi Palu Sekona.

C’est complètement dépité que Walsh a tenté d’expliquer la déroute. « On s’est mis en position de remporter la victoire, mais on n’a pas su concrétiser. Le point positif, c’est qu’on s’est mis en position de gagner, mais on est déçus », expliquait-il.

« Et surtout à la mi-temps, quand les Françaises ont marqué alors qu’elles n’étaient que 13 sur le terrain, c’est tout simplement inacceptable. C’est probablement là que le match a connu un tournant décisif. Je crois que je l’ai dit aux filles à la mi-temps : je suis un peu bipolaire, parce que j’étais à la fois très fier et très satisfait de la façon dont on évoluait, mais aussi vraiment, vraiment déçu de la manière dont on a géré certains aspects du jeu. »

Cinq cartons et une révolte tricolore

Ce match doit en effet beaucoup à la scénariste de la rencontre, l’arbitre anglaise Holly Wood, qui a envoyé quatre Bleues aux vestiaires entre la 17e et la 23e minute. D’abord la pilier Ambre Mwayembe, pour un plaquage haut (carton rouge de 20 minutes). Puis la troisième ligne aile Léa Champon, puis l’ailière Léa Murie, pour plaquages hauts (cartons jaunes). Enfin, la deuxième ligne Cloé Correa, pour contact avec les yeux d’une Australienne (carton rouge).

Mais les joueuses de François Ratier y ont toujours cru, avec deux essais en l’espace de quatre minutes juste avant la mi-temps, alors qu’elles étaient à nouveau à 14 : par l’ailière clermontoise Anaïs Grando tout d’abord (37e), puis par l’arrière de Bobigny Emilie Boulard (40+1).

« Elles n’avaient que 13 joueuses sur le terrain, et on les a laissées faire ça. C’est tout à l’honneur des Françaises, parce qu’elles se sont accrochées, et parfois on se donne encore plus à fond quand on sait qu’on est en infériorité numérique. Ça va donc être une leçon de discipline pour nous », relevait Tim Walsh.

Et la révolte a été complète en seconde période, avec cette fois des essais de la capitaine Pauline Bourdon-Sansus (55e), de la talonneuse Elisa Riffonneau (68e), et enfin de la centre Teani Feleu, en bulldozer au cœur de la défense des Wallaroos à six minutes du coup de sifflet final, devant un public extatique.

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Un déficit de matchs plutôt qu’un déficit de talent

Pratiquant un jeu très physique, avec beaucoup de joueuses issues du rugby à XIII, lors de la première période surtout, les Wallaroos ne donnaient pourtant pas l’impression d’être neuvièmes au classement mondial World Rugby. « Je pense que c’est une question de temps, d’entraînement et de nombre de matchs disputés », voulait se rassurer Tim Walsh.

« Si l’on compare le nombre de matchs que les Wallaroos disputent chaque année à celui des Françaises, c’est probablement la moitié, sans compter les test-matchs, mais juste le rugby habituel. Notre capacité à gérer les matchs, à progresser techniquement, à être en forme, voilà ce qui nous fait défaut, mais ce n’est pas le talent qui nous manque. Et ça… c’est vraiment le point positif. »

« On savait que les Françaises étaient assez physiques, mais on ne veut pas les prendre comme référence ; on veut plutôt établir notre propre niveau », assurait de son côté la capitaine Siokapesi Palu Sekona. « C’est de là que vient notre intensité physique : on ne veut pas que ce soient les Françaises qui nous l’imposent, on veut prendre le jeu à notre compte et les mettre au défi, car on est convaincues d’avoir ce qu’il faut pour faire partie des meilleures nations.

« C’est juste que, comme l’a dit Tim, nous n’avons pas accès à autant de matchs de haut niveau que les Françaises, entre le Tournoi des Six Nations et les filles qui jouent en Elite 1. Nous disputons cinq matchs dans un championnat national, ce qui rend la compétition très difficile. Mais en termes de jeu physique, c’est avant tout une question d’initiative individuelle : il s’agit d’imposer notre jeu à nos adversaires. »

Les Wallaroos vont désormais jouer en Écosse pour la première fois de leur histoire. Il s’agira de leur dernier test à l’extérieur de l’année, avant deux rencontres internationales à domicile qui clôtureront la saison internationale.

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