Stade Français : Yoan Tanga, le numéro 8 qu'on avait enterré trop vite
Métamorphosé par rapport à la saison dernière, le troisième ligne du Stade français Yoan Tanga réalise une année pleine, sans volonté de revanche mais avec l’ambition d’accrocher la phase finale.
Recrue phare de l’intersaison 2024 avec l’ouvreur Louis Carbonel, l’ancien Rochelais n’avait pas répondu aux attentes placées en lui lors de sa première saison parisienne, à l’image d’une équipe passée de la 2e place en 2023-2024 à un maintien arraché à la dernière journée.
Pas de revanche, juste de l’ambition
Il avait passé la fin de saison, stressante, loin des terrains, ne jouant que 30 minutes sur les deux derniers mois de compétition, écarté par l’entraîneur Paul Gustard. Mais l’Anglais n’a pas hésité à le relancer, lui et d’autres cadres depuis le début de saison.
Avec succès : les Parisiens sont quatrièmes avant la 24e journée de Top 14, avec sept points d’avance sur le 7e, leurs voisins du Racing 92. Et ils disposent d’un calendrier favorable jusqu’à la fin de la saison, à commencer par un déplacement à Montauban, déjà relégué, samedi (16h35).
S’en suivra une réception de Bayonne, qui n’a plus rien à jouer, avant un déplacement à La Rochelle. Mais le troisième ligne assure à l’AFP que ses coéquipiers et lui ne sont pas animés par un sentiment de revanche, quand bien même une nouvelle saison galère leur avait été promise par la plupart des acteurs du monde de rugby.
La chute, puis le rebond
« On ne fait pas très attention à ça. On est concentré sur nous. On avait des objectifs de début de saison. Il y en a qu’on n’a pas réussi à atteindre », avec une élimination dès les huitièmes de finale de la Challenge Cup, explique-t-il. Mais « on est toujours en lice pour notre objectif principal », la phase finale du championnat, ajoute-t-il, sans vouloir annoncer d’objectif plus élevé que le top-6.
Avec 19 matchs et 14 titularisations rien qu’en Top 14, Yoan Tanga a largement contribué à ce regain de forme. Le joueur est aussi débarrassé de soucis personnels, avec l’hospitalisation de son fils en cours de saison passée. « Tout va bien et je suis plein gaz », assure-t-il désormais.
Un joueur transformé, les chiffres le prouvent
A l’heure où les avants sont de plus en plus polyvalents, avec des passerelles entre deuxièmes et troisièmes lignes, lui occupe exclusivement le poste de troisième ligne centre. « Numéro 8, c’est un poste où il y a plusieurs profils, très costauds ou plutôt aériens. Il faut être assez complet, il faut être un peu bon partout, parce que c’est aussi le poste où on fait le lien entre les avants et les trois-quarts », détaille-t-il.
« Sur des matchs de haut niveau, il faut que le numéro 8 soit quelqu’un d’assez expérimenté parce qu’il y a pas mal de choses à faire (…). J’ai plus pris en maturité sur mon poste, par exemple en défense, où avant je pouvais sortir de la ligne pour aller plaquer un mec et créer un déséquilibre en défense, là je le fais moins et je suis beaucoup plus propre dans mon jeu ».
Cela se voit sur ses statistiques, avec un temps de jeu déjà un peu supérieur à la saison passée. Et ses performances sont bien supérieures en ballons grattés (6 contre 1), nombre de plaquages (132 contre 100), passes après contact (19 contre 11), le tout symbolisé par quatre essais inscrits, contre un seul en 2024-2025.
Et le maillot bleu dans tout ça ?
De quoi rêver de nouveau du XV de France, où il compte trois sélections, deux au Japon en 2022 et une en match de préparation à la Coupe du Monde de Rugby 2023 ? Il n’a pas été rappelé dans le groupe élargi pendant les matchs de novembre ou lors du dernier Tournoi, mais le joueur « y pense ».
« Pas tous les jours, mais je bosse en tout cas pour y retourner parce que c’est un objectif qui m’est important. »
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