Six Nations féminin : 513 sélections chez les Bleues, 807 chez les Italiennes
C’est un sacré pari qu’entreprend le nouveau sélectionneur du XV de France féminin François Ratier. Celui de lancer dans le grand bain international pas moins de six joueuses sans la moindre sélection lors du premier match du Tournoi des Six Nations féminin contre l’Italie au Stade des Alpes de Grenoble, samedi 11 avril 2026.
En face, son alter ego Fabio Roselli a eu la main un peu moins lourde avec seulement deux débutantes : la talonneuse Chiara Cheli et la deuxième ligne de Valsugana Elettra Costantini, élue joueuse du match lors de la récente finale du championnat italien.
Le poste d’arrière : stratégique
Au total, banc compris, ça nous fera 513 sélections côté Françaises, 807 côté italien. Le poste d’arrière est d’ailleurs symptomatique avec d’un côté la jeune Pauline Barrat (brillante dans les formations jeunes) qui a poussé vers la sortie la titulaire du poste Morgane Bourgeois et ses 18 sélections.
Roselli, lui, a reconduit Vittoria Ostuni Minuzzi (44 sélections) qui s’est offert dernièrement un triplé lors de la finale du championnat italien (succès 35-3 de Valsugana contre Villorba à Rovigo).
Sur les six joueuses sans sélection, trois seront titulaires dans un XV emmené par la capitaine Manae Feleu. Pour ce nouveau cycle, après la décevante quatrième place lors de la Coupe du Monde de Rugby féminin 2025 en Angleterre, l’ex-manager du Stade bordelais féminin a opéré un large renouvellement, avec dans son équipe de départ seulement sept joueuses alignées lors du mtch pour la troisième place perdu contre la Nouvelle-Zélande le 27 septembre.
« On voulait les meilleures joueuses du moment »
« On voulait les meilleures joueuses du moment », a expliqué en conférence de presse François Ratier, sélectionneur des Canadiennes finalistes de la Coupe du Monde 2014 en France : « Alors, il s’avère qu’il y a six (nouvelles) qui auront une chance de s’exprimer samedi. Forcément ça apporte un nouveau souffle, mais ça montre aussi que personne n’est installé, ça oblige des joueuses qui étaient parfois titulaires à se remettre en question, ou en tout cas à passer la vitesse supérieure ».
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Dans le sillage de la deuxième ligne Madoussou Fall-Raclot (45 sélections), de la demi de mêlée toulousaine Pauline Bourdon-Sansus, la patronne du groupe avec ses 71 maillots bleus, ou de la centre Gabrielle Vernier (58 sél.), les supporters et supportrices du XV de France féminin vont donc découvrir de nouveaux noms au Stade des Alpes, avec l’Auvergnate Mathilde Lazarko (25 ans) au talonnage, une autre joueuse de l’ASM et Anaïs Grando (23 ans).
François Ratier ne s’est pas limité à insuffler du sang neuf dans ce XV de France millésime 2026, avec deux changements de poste pour des titulaires indiscutables : le recul de la capitaine Manae Feleu (30 sélections), habituellement deuxième ligne, au poste de flanker, et le passage de Joanna Grisez, l’ailière aux jambes de feu, au centre.
Joanna Grisez confirmée au centre
« J’aime beaucoup travailler avec des deuxièmes/troisièmes lignes interchangeables, qui ont un profil de décathlonien, (…) des joueuses qui peuvent se déplacer mais qui ont l’habitude de ferrailler et qui peuvent aussi taper », a expliqué François Ratier.
Quant à Grisez en centre, c’est une option tactique que le successeur du duo Gaëlle Mignot – David Ortiz à la tête des Bleues avait déjà testée avec Bordeaux : « Elle aime aussi ce poste parce que ça lui permet de ne pas être seulement considérée comme l’ailière qui finit les coups, mais aussi comme une joueuse de rugby à part entière ».
Neuf Italiennes qui évoluent en France
Dans un clin d’œil appuyé aux liens transfrontaliers, Fabio Roselli a retenu neuf joueuses évoluant actuellement en club en France : Aura Muzzo (LOU Rugby), Alyssa D’Incà (Blagnac Rugby), Veronica Madia (Blagnac Rugby), Alissa Ranuccini (LOU Rugby), Francesca Sgorbini (ASM Clermont Rugby), Alessia Pilani (Stade Bordelais Rugby), Beatrice Veronese (RC Toulon), Sofia Stefan (RC Toulon) et Vittoria Zanette (LOU Rugby).
Face à une France annoncée parmi les prétendantes au titre, cette Italie remodelée, mais solidement structurée, se présentera à Grenoble avec un équilibre revendiqué entre expérience de haut niveau et élan nouveau, portée par le socle Valsugana et par la génération qui a déjà prouvé, en 2019, qu’elle savait bousculer l’ordre établi.