L’ASM féminine est redevenue incontournable chez les Bleues
Cinq joueuses Clermontoises vont évoluer à domicile, au stade Marcel-Michelin, sous les couleurs du XV de France samedi 25 avril contre l’Irlande dans le Tournoi des Six Nations féminin, symbole du retour en force de l’ASM Rugby féminin au niveau international.
Lors de la Coupe du Monde de Rugby 2025 en Angleterre, une seule Clermontoise figurait parmi les 32 tricolores : Lina Tuy, comme troisième ouvreuse, qui avait quand même pu disputer certains matchs. Une misère pour un club qui avait fourni plusieurs stars au XV de France féminin, dont Annick Hayraud (65 sélections) et Jessie Trémoulière (78 sélections), meilleure joueuse du monde en 2018.
Cinq Clermontoises
Huit mois plus tard, Lina Tuy n’a pas été reconvoquée avec les Bleues. Mais plusieurs de ses coéquipières ont trouvé le chemin de Marcoussis et les feuilles de match. Deux ont découvert le niveau international, la talonneuse Mathilde Lazarko et l’ailière Anaïs Grando, tandis que trois Bleues déjà installées ont rejoint Clermont à l’intersaison, les piliers Assia Khalfaoui et Yllana Brosseau, en provenance du Stade bordelais, et la demi de mêlée Alexandra Chambon, de Grenoble.
Les Clermontoises forment, derrière le Stade toulousain (8), le contingent le plus important dans les 23 joueuses de l’équipe de France, à égalité avec Grenoble.
« C’est un club historique du rugby féminin français, qui fait du très très bon travail. C’est à la fois un club formateur et qui joue chaque année pour le titre. (…) Je suis vraiment très heureux d’aller jouer » à Clermont, a loué le sélectionneur François Ratier mercredi en conférence de presse.
D’outsider à leader
« On en est évidemment très satisfait, content pour les joueuses et pour le club », a reconnu auprès de l’AFP le co-entraîneur du club actuel leader de l’élite 1, Vincent Fargeas : « Ça fait quelques années qu’on sent bien qu’on est dans le vrai dans ce qu’on propose ».
La capitaine de Clermont, Mathilde Lazarko, au club depuis plus de dix ans, a aussi vu les changements : « L’équipe a souvent été dans un statut d’outsider. Aujourd’hui, on a un vrai statut de leader. »
En attendant la future Cité du Rugby à Clermont
Si les joueuses de première division sont amatrices, sauf une trentaine d’internationales françaises, les clubs mettent en place de meilleures conditions d’entraînement. À Clermont, le staff attend beaucoup de la « Cité du rugby » prévue pour 2027, qui bénéficiera à toutes les composantes du club, masculine comme féminine.
« On en parle évidemment à nos joueuses et à des joueuses qui pourraient être intéressées de nous rejoindre dans le projet. (…) On est content de voir un projet comme ça naître au sein de l’ASM, et surtout que la place des filles soit vraiment reconnue, prise en compte, cela permet au club de passer dans une nouvelle dimension », explique Vincent Fargeas.
« On a hâte aussi de voir à quoi ça va ressembler. D’être traitées de manière structurelle de la même façon que les garçons, c’est quand même un gros pas », estime Mathilde Lazarko. Ce changement est aussi une nouvelle identité : historiquement lié à Romagnat, ville à une dizaine de kilomètres de Clermont-Ferrand, le club a officiellement changé de nom pour rejoindre la structure de l’ASM Clermont Auvergne, dont dépend l’équipe masculine qui joue en Top 14.