Quelle ambition pour l'USAP ? : « Pour nous, un championnat réussi sera entre la 10e et la 12e place »
La présaison qui arrive à son terme est aussi l’occasion de se faire des promesses. À Perpignan, comme chaque année, c’est celle de ne plus revivre un access-match à la vie à la mort au mois de juin qui se place en tête de gondole, même si cette performance n’a été obtenue qu’une seule fois depuis la remontée des Catalans en 2021.
Arrivé en cours de saison dernière au chevet d’une équipe à l’agonie qui ne comptait pas le moindre point, Laurent Labit a su redresser la barre et préparer au mieux ses joueurs pour ce rendez-vous du barrage que le club connait si bien ces dernières années. Dans un long entretien accordé à RugbyPass, le manager de l’USAP est revenu sur le travail accompli depuis son arrivée et se projette avec humilité sur la saison à venir, avec un effectif qui porte un peu plus sa marque à l’aube de rattaquer le championnat.
Vous êtes pour l’instant en réussite à Perpignan, avec une première mission maintien réussie. Comment l’expliquez-vous ?
La mission a été accomplie c’est vrai, pas parce que je suis arrivé mais parce que le staff que j’ai trouvé était très engagé, très motivé, et avait une vraie volonté – malgré les dix défaites – de laisser le club en Top 14. Cela a été pareil avec les joueurs, qui avaient aussi cette détermination et cette envie. Ils voulaient relever ce challenge et ça a fait que la dynamique a vite pris.
Pour vous qui aviez clairement l’habitude de diriger des équipes très ambitieuses, ce défi ressemblait à un saut dans l’inconnu…
C’est aussi pour ça que le challenge m’a intéressé. Quand tu te retrouves chez toi, tu réfléchis aux projets qui peuvent se présenter à toi. Par bonheur, je n’avais pas connu avant ce championnat du bas, notamment de démarrer à la quatorzième place, et il n’y avait pas beaucoup d’endroits où j’aurais pu accepter cette mission-là. À Perpignan, tu sais que tu seras appuyé par un public et des gens qui vont jouer leur rôle. Une fois que tu réussis à mettre en marche la machine, tout est possible ici.
« Les gens qui travaillent au club sont des amoureux de l’USAP, ce n’est pas leur métier, c’est leur vie »
Avez-vous l’impression d’avoir élargi encore votre palette en tant que coach, en ayant su notamment maintenir ce groupe concerné malgré l’absence d’enjeu pendant de longues semaines jusqu’à l’access-match ?
Il y a eu deux phases. D’abord celle où il fallait remettre en marche le club, avec des étapes bien identifiées, comme le match contre Clermont et bien-sûr la réception de Montauban. On a aussi battu Toulouse chez nous. L’objectif initial était de quitter la quatorzième place fin janvier et il a été plus que rempli. Après ça, on savait qu’on aurait quatre mois de travail pour préparer ce barrage que plus personne ne veut revivre. Les joueurs ont été top, ils ont bien compris qu’on ne ferait aucun cadeau. On a mis un cadre de travail, on a mis en place des équipes mixtes avec l’objectif difficile de continuer à performer tout en arrivant au barrage avec un minimum de cadres blessés. Le 14 juin à Aix, on avait quasiment un groupe au complet pour aborder ce match comme le premier du nouveau projet pour la saison suivante, en n’en faisant pas le match de la mort mais le match de la vie.
Avec le recul, comment vous sentez-vous aujourd’hui dans ce club que beaucoup disent un peu différent des autres ?
Je m’y sens très bien parce que je retrouve aussi ce que j’avais pu connaître à Montauban et Castres, à savoir des circuits courts et rapides sur les prises de décision avec le président et le DG. C’est un confort de travail très intéressant. En plus de ça, ce qu’on est trouve ici est ce qu’on peut imaginer de l’extérieur, à savoir la passion qui transpire vraiment. Que ce soit les supporters, évidemment, mais aussi les gens qui travaillent pour le club, jusqu’au gars qui nous fait à manger le midi, ce sont des amoureux de l’USAP. Ce n’est pas un travail, c’est leur vie et c’est quelque chose qui s’observe au quotidien.
Quel a été votre discours à la reprise de l’entraînement ?
Il était dans la continuité de cette saison dernière où j’ai beaucoup aimé la dynamique des deux derniers mois, la mentalité, où le cadre de travail était posé et tout le monde avait bien compris ce qu’on faisait ici. On a donc fait comme si on s’était quitté la semaine avant. Ceux qui étaient là la saison dernière savent comment on fonctionne et pour les onze joueurs qui sont arrivés, c’est un recrutement ciblé, au-délà des qualités rugbystiques pour hausser notre niveau. Des joueurs internationaux, avec de l’expérience, une culture du travail et de la victoire aussi, et avec pour certains des enjeux personnels forts.
📸 Quelques images de notre premier match amical de la saison, hier à Biarritz !
🎟️ ???????? ??????-???? le 27 août à 19:30 vs Bath Rugby à Aimé-Giral ! #lasaisondonttueslehéros💥 pic.twitter.com/l4FGkMgdLl
— USAP (@usap_officiel) August 15, 2026
« Faire un focus sur Vannes serait une erreur »
Perpignan n’a évité qu’une seule fois la treizième place depuis sa remontée en 2021. Pouvez-vous avoir une autre ambition que la douzième place, qui sera déjà une progression pour l’USAP ?
Il faut avoir de l’ambition mais cette ambition doit être mesurée et en toute humilité, par rapport à ce qu’on a vécu et ce qu’est le Top 14 aujourd’hui. Pour nous, un championnat réussi sera entre la dixième et la douzième place. Il faut avoir l’humilité de le dire. Maintenant, on l’a vu par le passé, l’ambition fait que cela peut aussi basculer très vite, dans le bon comme dans le mauvais.
Se maintenir cette saison sera-t-il encore plus dur, avec l’accession en Top 14 de Vannes qui semble beaucoup plus armé pour se sauver ?
On sait que ce sera difficile et on considère tous les adversaires. Faire un focus sur Vannes serait une erreur. On l’a vu les années précédentes, il y aura aussi deux ou trois équipes qui pensaient lutter pour être dans les six et qui se retrouveront à faire le championnat en dessous de la dizième place. Cela se vérifie tous les ans et cela montre aussi la densité du Top 14.
La profondeur d’effectif sera t-elle un peu plus encore que d’habitude un prérequis pour survivre dans ce championnat ?
Bien-sûr ! Tu ne peux pas exister dans ce Top 14 avec seulement 25 joueurs, c’est une évidence. Tu ne peux plus non plus te dire que tu te focaliseras sur les matchs à domicile et en cibler juste un ou deux à l’extérieur. Tout ça c’est fini. Il faut aborder tous les matchs en mode Top 14 en se disant que tout peut arriver. On le voit, c’est aujourd’hui très difficile de rester toute une saison invaincu à domicile alors que la moitié des équipes y arrivait avant. Tu dois aussi exister à l’extérieur et cela demande de la profondeur d’effectif.
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Pour faire mieux que la saison passée, comptez-vous un peu plus sur vos recrues principales à l’image de Sevu Reece ou Paolo Garbisi ?
Ils font partie des joueurs qu’on souhaitait pour renforcer notre groupe. Luke McGrath, avec son expérience au Leinster et avec l’Irlande, viendra créer l’émulation avec James Hall et Tom Ecochard qui fait partie de nos leaders. Paolo est à un an de la Coupe du monde, il doit retrouver du temps de jeu et vient donc avec une ambition personnelle qui passera aussi par les résultats de l’équipe. Braydon Ennor et Sevu Reece sont venus pour découvrir ce Top 14 qui les fait rêver depuis l’hémisphère sud et ils sont en pleine possession de leur moyen puisqu’ils n’ont même pas 30 ans. Nos recrues viennent donc étoffer le groupe et créer de l’émulation. Tout le monde est revenu prêt et même au-dessus de ce qu’on attendait avec les tests physiques. Cela a été une très bonne chose. Maintenant, il nous tarde de démarrer et surtout de bien démarrer.
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