Toulouse - Montpellier : la finale quand même dans un coin de leur tête
Battu 28-20 en finale du Top 14 le 27 juin au Stade de France, Montpellier se rend dimanche 27 septembre chez le Stade toulousain en clôture de la 4e journée.
Des deux côtés, on reparle de ce match, du combat devant et surtout de la bataille des rucks. Mais pour le manager de Montpellier Joan Caudullo, il n’est pas question de considérer ces retrouvailles « comme une revanche » pour autant. Le 27 juin, à Saint-Denis, le MHR, équipe surprise de la saison, avait fait douter l’ogre toulousain. Il s’était finalement incliné, faute de réalisme, lors de la quatrième finale de son histoire.
Une finale encore présente dans les mémoires
Dans le staff toulousain, l’entraîneur des trois-quarts Clément Poitrenaud pense pourtant que le souvenir sera présent chez les visiteurs. « Forcément, ils auront dans un coin de la tête cette finale perdue, mais les cartes sont rebattues, on part sur une nouvelle compétition », dit-il. « Je ne sais pas exactement dans quel état d’esprit ils viennent chez nous. Mais ce qui est certain, c’est qu’on s’attend évidemment à une opposition solide, à beaucoup d’agressivité de leur part. On connaît maintenant depuis deux-trois ans le changement opéré dans ce groupe, notamment par rapport à tout ce qui est conquête, défense, occupation. Donc voilà, on sait à quoi s’attendre. »
Caudullo n’a pas revu le match en entier, parce qu’il en garde un souvenir douloureux. Mais il est quand même allé chercher dans ces images les lacunes de son équipe pour mieux contester le quadruple champion en titre. « Je n’ai pas regardé la finale de la première à la 80e, parce que ça fait mal. Mais j’ai regardé des séquences, pour qu’on soit meilleurs. On s’est préparés normalement. On a mis une stratégie en place pour les jouer par rapport à leurs points forts et leurs peu de points faibles », a-t-il expliqué vendredi.
Toulouse capable de hausser son niveau
Quinze jours après la démonstration toulousaine face à Bordeaux-Bègles (48-12), le technicien héraultais se méfie de la capacité de la bande à Antoine Dupont à se transcender dans les grands rendez-vous. « Toulouse, quand ils sont à 100 %, au regard de ce qu’ils sont capables de faire individuellement et collectivement, ils sont injouables. C’est la meilleure équipe en France. Et même si ça fait deux fois qu’ils ne sont pas champions d’Europe, c’est une des meilleures équipes d’Europe, voire du monde », assure-t-il
« Je ne suis pas en train de dire que c’est impossible. Il faut qu’on se donne les moyens de pouvoir réussir ce pari. Et s’ils ne sont qu’à 80 %, il faut qu’on saisisse l’opportunité. Mais contre Bordeaux, il y a deux semaines, ils étaient à 100 % », prévient-il.
C’est justement sur cet élan que Romain Ntamack veut s’appuyer. « On s’y prépare comme un gros test. On connaît les forces de Montpellier, elles ne sont plus à démontrer. C’est un des favoris chaque année pour le Bouclier », rappelle-t-il. « On a envie de continuer sur nos deux belles performances, que ce soit contre Bordeaux ou Vannes. On a envie de confirmer tout le bon travail qui a été fait pendant l’intersaison et depuis le début de la saison. On sait à quoi s’attendre et on espère faire un gros match dimanche. »
Le week-end dernier à Rennes, pourtant, les Toulousains ont souffert face à Vannes. Menés 13-0 après vingt minutes, ils ont fini par s’imposer 29-23. Si bien que Poitrenaud voit dans la venue du finaliste une occasion de corriger le tir. « Quoi de mieux que cette équipe de Montpellier pour peut-être enfin faire un match plein sur l’ensemble de la rencontre ? », interroge-t-il.
Le même week-end, le MHR avait écrasé Perpignan (50-13) lors de la 3e journée. À la veille de cette 4e journée, il occupe la 5e place du classement, un point derrière Toulouse, deuxième.
Le pack montpelliérain attendu au combat
Chez les avants toulousains, c’est la puissance du pack adverse qui retient avant tout l’attention. « C’est une grosse équipe. Depuis quelques années, on voit que sur le secteur de devant, ils sont très costauds. Donc oui, c’est sûr qu’on y pense avant de les jouer », reconnaît Dorian Aldegheri. « Ils ont un paquet d’avants très dense et qui se déplace, et notamment en défense. On voit que c’est le secteur où ils sont à l’aise et où ils sont bons. Donc oui, c’est pareil, ce week-end on a analysé ça. »
Ntamack a du mal à trouver une faiblesse à l’équipe de Caudullo. « Ils sont solides partout, en conquête, défensivement, et ils ont une belle attaque aussi, des super joueurs. C’est compliqué de ressortir un seul point de Montpellier. On sait ô combien c’est compliqué de marquer des essais, et encore plus face à eux. Ça sera à nous de trouver les solutions et à nous de s’employer pour essayer de marquer des essais. Mais on sait ô combien c’est difficile, donc la moindre occasion, il faudra la concrétiser. »
Mêlée, ballon porté, touche : Aldegheri passe en revue les secteurs où il attend le plus de résistance. « Sur la mêlée, sur le ballon porté, sur la touche, c’est une équipe vraiment très costaude. Il faut mettre toute l’attention sur ça, et je pense qu’on va très bien le faire. »
Poitrenaud insiste de son côté sur l’état d’esprit de la défense héraultaise. « C’est une équipe qui est très organisée. Mais au-delà de ça, ils font preuve d’un bel état d’esprit pour rattraper les coups quand ils se font breaker. C’est une équipe qui conteste beaucoup de ballons après des breaks ou des semi-breaks. Ça montre leur capacité à ne pas lâcher et à revenir à chaque fois, même quand ça semble un peu désespéré. La défense, on le sait, c’est une grande partie d’organisation, mais c’est surtout l’envie que les joueurs mettent dans le projet défensif. Et force est de constater qu’ils y mettent beaucoup d’appétit. Donc voilà, on va essayer de trouver des solutions, mais c’est jamais très simple. »
La bataille des rucks comme clé du match
Pour espérer un résultat à Ernest-Wallon, Montpellier devra soigner le secteur des rucks. Caudullo prend l’exemple de l’élimination de Toulouse à Bordeaux en quart de finale de Champions Cup (30-15), en avril. « Toulouse est une équipe qui a un temps de jeu effectif assez important et aime bien jouer sur les turnovers. Quand elle perd la guerre des rucks, comme ça a pu être le cas contre Bordeaux en Coupe d’Europe, elle peut perdre des matchs de haut niveau. Nous, en finale, contre eux, on a été en difficulté dans ce secteur-là. C’est des choses qu’il faut arriver à traiter », a-t-il indiqué. Il abordera la rencontre avec un effectif remanié.
De son côté, Ntamack compte sur la capacité des joueurs à s’adapter pendant le match. « Il faut l’aborder avec beaucoup d’envie, beaucoup d’énergie. Il va falloir, encore une fois, s’adapter, trouver les solutions. On a beau travailler plein de choses la semaine, mais il peut se passer beaucoup d’imprévus aussi pendant le match. Donc ça sera à nous, les joueurs, de trouver les solutions directement sur le terrain. Et puis voilà, c’est un match à domicile. Il faut qu’on mette l’énergie au maximum, et avoir envie de jouer, de se faire plaisir, de marquer des essais, marquer des points. »
Au Stade toulousain, on redoute les mêmes pertes de balle que Caudullo espère provoquer. « Il faut se méfier quand même, parce que quand on rentre dans ce rugby-là, on s’expose forcément à des turnovers. Et c’est une équipe qui sait très bien les exploiter. Donc il faudra trouver le juste milieu entre essayer de les désorganiser en produisant du jeu, mais aussi en étant plutôt rigoureux sur les phases de combat, les phases de ruck, pour conserver ses ballons et pas leur filer à eux des munitions qu’ils exploitent merveilleusement bien », avertit Poitrenaud.
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