La cruciale question de la vitesse dans le Sevens

Par RugbyPass
Le Français Joseph Jefferson Lee marque un essai contre la Nouvelle-Zélande lors de la troisième journée du HSBC SVNS 2024 au BC Place, le 25 février 2024 à Vancouver, au Canada. Crédit photo : Mike Lee - KLC fotos pour World Rugby

J’avais l’habitude de penser que j’étais rapide. J’ai toujours été parmi les plus rapides de toutes les équipes dans lesquelles j’ai joué. Mais tout a changé en 2014, lors du Amsterdam Rugby Sevens.

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J’avais été invité, avec mon frère, à jouer pour l’équipe Samurai RFC (aujourd’hui Shogun Rugby). Nous étions une équipe éclectique, avec des joueurs de sept pays différents et entraînée par l’actuel entraîneur principal de l’équipe masculine des États-Unis, Mike Friday.

Il avait emmené avec lui l’une de ses étoiles montantes, un joueur qui commençait à faire parler de lui dans le monde du rugby à sept.

Il s’agissait d’une vedette américaine de l’athlétisme et du football américain, décrit comme l’homme le plus rapide du rugby.

Son nom ? Carlin Isles.

Ce week-end-là, j’ai compris une nouvelle définition de ce qu’est la vitesse, quelque chose que je n’avais encore jamais connu auparavant. Même pendant les exercices d’échauffement, il m’échappait avec un minimum d’effort, en seulement deux ou trois appuis. C’était comme courir contre Superman… je n’avais pas les mêmes chances.

Nous avons ensuite remporté le tournoi. Il a joué un rôle déterminant, notamment en inscrivant un essai en remontant toute la longueur du terrain dans les dernières secondes de la finale.

Carlin Isles est aujourd’hui un nom connu dans le monde du rugby, ayant marqué 217 essais sur le circuit mondial. C’est le joueur le plus rapide avec lequel j’ai joué ou contre lequel j’ai joué, et il faut voir sa vitesse en vrai pour le croire.

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Les statistiques de Carlin Isles ne font que renforcer l’idée qu’il est le joueur le plus rapide du rugby au monde. En 2012, l’année même des Jeux olympiques de Londres, il a couru un 100 m en 10’13’’, suffisamment rapide pour se qualifier pour les demi-finales.

En 2013, alors qu’il jouait pour les Detroit Lions de la National Football League (NFL), Isles a couru le sprint de 40-yard en 4’22’’. C’est toujours le temps le plus rapide jamais réalisé lors d’un NFL Combine et il a été égalé par John Ross en 2017.

Isles est confortablement installé en tête du classement des joueurs les plus rapides, mais quelle vitess faut-il avoir pour jouer au rugby à sept international ?

Les matchs de rugby à sept sont naturellement plus rapides que les matchs à XV, le nombre de joueurs étant réduit, il y a plus d’espace sur le terrain pour l’attaque et la défense. Les joueurs de rugby à sept doivent être en très bonne forme physique, mais la mesure que chaque joueur connaît est sa vitesse de pointe.

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La plupart des équipes de rugby à sept organisent deux séances de vitesse par semaine, qui sont toujours très appréciées des joueurs.

Grâce aux progrès des GPS que chaque joueur porte au niveau du col de son maillot, il est possible d’obtenir des informations en temps réel sur les vitesses maximales pendant ou immédiatement après les sessions d’entraînement. C’est la première statistique que tous les joueurs vérifient et comparent aux autres.

La vitesse la plus rapide que j’ai jamais enregistrée était de 9,6 m/s (34,6 km/h) alors que j’essayais de rattraper quelqu’un. D’ailleurs, une grande partie des joueurs à qui j’ai parlé ont également atteint leur vitesse maximale en poursuivant quelqu’un.

La vitesse maximale de Carlin Isles a été enregistrée à 11,5 m/s (41,4 km/h). Pour mémoire, la vitesse maximale d’Usain Bolt était de 12,3 m/s (44,3 km/h) lors de son record du monde du 100 m en 9’58’’.

Pour mettre ces chiffres en perspective, lorsque Carlin franchit la ligne en attaque et que j’essaie de le poursuivre, je vais prendre deux mètres de retard supplémentaires à chaque seconde. Cela ne veut dire qu’une chose… un essai au bout !

C’est la principale raison pour laquelle les joueurs de rugby à sept sont si obsédés par leur vitesse de pointe. Ce n’est pas une coïncidence si presque tous les meilleurs marqueurs d’essais du Sevens sont des ailiers. Rien ne remplace la vitesse et les vedettes actuelles en ont à revendre.

Perry Baker et Marcos Moneta sont les deux meilleurs joueurs de rugby chez les hommes, avec des vitesses de pointe de 11,2 m/s (40,3 km/h). Cela leur permet de terminer régulièrement parmi les meilleurs marqueurs d’essais, tournoi après tournoi.

Dans le rugby féminin, Maddison Levi et Grace Crompton sont deux prétendantes au titre de joueuses les plus rapides des Series, avec des vitesses de pointe de 9,4 m/s (33,8 km/h). Il n’est donc pas étonnant qu’elles soient un cauchemar pour les défenseures qui tentent de les rattraper.

Les vitesses de pointe de ces joueuses sont impressionnantes, mais ce que l’on ignore souvent, c’est leur capacité à répéter ces données tout au long d’un week-end de tournoi, alors que la fatigue s’installe.

Cette capacité de répéter ces courses est souvent la plus grande adaptation que les nouveaux joueurs doivent faire lorsqu’ils débutent sur le HSBC SVNS. L’endurance de la vitesse est une qualité essentielle lors de l’évaluation de la condition physique pour le rugby à sept.

Une autre mesure clé est la vitesse de pointe minimale qu’il faut atteindre pour jouer au niveau de l’élite. Ce chiffre varie d’une équipe à l’autre et d’un préparateur physique à l’autre, mais d’après mon expérience du rugby masculin, 9,0 m/s (32,4 km/h) est une bonne estimation. Pour le rugby féminin, 8,0 m/s (28,8 km/h).

Alors, qu’est-ce que ça fait de jouer contre les joueurs les plus rapides du monde ?

Pour faire simple, c’est horrible. C’est comme courir dans un rêve – vous fournissez un effort considérable mais vous reculez quand même. Si vous jouez au rugby à sept au niveau élite, vous vous faites inévitablement rouler dessus, mais c’est toujours une sensation horrible quand ça arrive.

Tout espoir n’est cependant pas perdu, car il existe des tactiques pour tenter de contrer la vitesse d’un joueur.

La première consiste à se positionner au niveau de l’épaule extérieure du joueur rapide, ce qui allonge la distance qu’il doit parcourir pour vous contourner et l’oblige à reculer vers l’intérieur.

La seconde consiste à placer deux défenseurs sur le joueur afin de réduire le temps et l’espace dont il dispose pour attaquer. C’est souvent le cas lorsque les équipes jouent avec sept joueurs dans la ligne défensive.

La dernière technique consiste à forcer le joueur à jouer. Cela peut se faire en lui fonçant dessus en défense, encore et encore, pour le fatiguer en l’obligeant à plaquer.

Chacune de ces techniques a ses inconvénients. En densifiant votre défense d’un côté, vous risquez de manquer des opportunités d’attaque de l’autre.

La question la plus difficile jamais posée à une défense au rugby à sept a sans doute été de savoir quand les États-Unis feraient jouer Carlin Isles et Perry Baker en même temps.

La rapidité du rugby à sept le rend si passionnant pour les joueurs et les supporters. C’est aussi ce qui en fait un outil de développement incroyable pour les jeunes joueurs.

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