Les premières impressions de Vern Cotter sur les Queensland Reds
En prenant en charge les Queensland Reds, Vern Cotter devient le premier entraîneur à quitter un club de son pays pour une équipe australienne, à quelques mois de la Coupe du Monde de Rugby disputée en Australie.
Un cas inédit dans le rugby du Pacifique
Vern Cotter a grandi à Auckland. Il a remporté un titre de Top 14 en France avec Clermont (2010), puis un sacre de Super Rugby avec les Blues en 2024, qui a mis fin à une disette de vingt et un ans pour le club. Ce Néo-Zélandais devient ainsi le premier technicien à diriger un club australien après avoir entraîné une franchise de son pays.
Il arrive à Ballymore, près de Brisbane, pour succéder à Les Kiss, récemment nommé sélectionneur des Wallabies. Cotter y ressent, selon ses propres mots, une « frustration latente », après des années d’éliminations en quarts de finale et de classements hors du top quatre.
Les Blues solides, les Hurricanes intouchables
Les Blues de Cotter avaient été redoutables en défense et à la conquête sur le chemin du titre 2024. Mais comme le reste de la concurrence, ils n’ont rien pu faire face aux Hurricanes cette saison, auteurs d’un rugby offensif qui leur a valu la couronne.
Cotter a suivi dimanche 30 août les finales des clubs de Brisbane à Ballymore. Il en retient de quoi croire qu’il peut trouver quelques pour cent supplémentaires du côté des Reds pour rivaliser avec les meilleures équipes.
« Sur un match couperet, on a le talent nécessaire pour rivaliser avec les autres équipes, mais il faut être capable de le faire tout au long de la saison, enchaîner les matchs difficiles, prendre des points et se mettre en position de gagner », a expliqué Cotter, qui a aussi entraîné les sélections d’Écosse (2014-2017) et des Fidji (2020-2023).
« On peut progresser plus vite ici qu’ailleurs. J’ai entraîné en Écosse, sous une pluie battante à Murrayfield, et on ne pouvait rien faire, rien de constructif », a-t-il ajouté.
De la physicalité, mais pas d’art pour l’art
« Ici, les joueurs aiment le jeu physique, ce qui me réjouit, et ils ont développé un jeu de passes permettant de faire circuler le ballon d’un côté à l’autre », a souligné Cotter.
« Nous avons également nos supporters. Le rugby doit être relativement attractif, mais on ne marque pas de points pour la beauté du jeu. Il faut être efficace et gagner des matchs. »
Combler l’écart avec les Blacks
Cotter a emmené avec lui Craig McGrath, l’entraîneur de la défense des Blues, jusqu’à Brisbane. Il espère que ce mouvement inédit entre les deux rives de la Tasmanie pourra hisser les Reds à un niveau supérieur, avec des retombées possibles pour les Wallabies.
Interrogé sur ce qui distingue les joueurs néo-zélandais, le technicien de 64 ans a livré sa réponse. « Sur le plan physique, c’est leur vitesse et leur puissance lors des plaquages, et on sait à quel point ils sont imposants. »
« C’est donc là qu’il faut combler l’écart », a résumé Cotter. « Il y a un potentiel pour devenir plus physique, plus rapide, plus solide. Nous voulons combler l’écart. Nous voulons battre ces équipes. »
Un premier test face à la Force
La première sortie de Cotter sera un match de préparation de Super Rugby Aust face à la Western Force, le 12 septembre.
L’ouvreur Tom Lynagh, limité à 18 minutes de jeu la saison dernière en raison de blessures, a retrouvé l’entraînement collectif et devrait obtenir du temps de jeu contre la Force.
« C’est un excellent petit joueur et il s’est très bien entraîné la semaine dernière », a dit Cotter à propos de l’international aux 7 sélections, titulaire lors de la tournée des Lions britanniques et irlandais en Australie. « J’ai été impressionné par lui. Nous avons eu une bonne discussion sur la façon dont il dirige un match. »
La saison hachée par les blessures de Lynagh a empêché toute concurrence avec Carter Gordon, l’actuel numéro dix des Wallabies, pour le poste.
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