Le XV de France féminin en quête de « verticalité » dans son jeu pour le round 2 du Tournoi à Cardiff
Largement victorieuses contre l’Italie, les Bleues enchaînent dans le Tournoi des six nations avec un déplacement au pays de Galles samedi (16h35), qui doit servir de confirmation avant un premier gros test contre l’Irlande.
Même habitué à entraîner une sélection, le Canada entre 2013 et 2017, le nouveau chef de file des Bleues, François Ratier a vécu « des émotions multipliées par 100, 1.000 » lors du premier match de son mandat, face à l’Italie (40-7) à Grenoble.
“La satisfaction d’avoir gagné ce premier match, c’est un soulagement. Tu commences un cycle, le staff bosse super fort, les joueuses aussi, elles adhèrent. Il faut gagner, il n’y a pas le choix. Il faut gagner », a-t-il évoqué jeudi à Marcoussis.
Tout n’a pas été parfait, notamment lors d’une première période conclue sur le score de 5-0, mais les Bleues ont réussi leur première et affichent des promesses pour l’avenir, qui ne demandent qu’à être confirmées avant de défier les championnes du monde anglaises dans le dernier match du Tournoi, mi-mai.
« On est peut-être à 70% »
« Je pense qu’on a acquis au global le projet. On sait où on veut aller et on sait à quoi il peut ressembler. Après, il reste encore pas mal de détails à préciser, des erreurs à gommer. Je dirais qu’on est peut-être à 70% » dans l’assimilation, a expliqué la talonneuse Mathilde Lazarko, qui va vivre sa deuxième cape dans une première ligne 100% clermontoise.
Mais avant de regarder vers les étoiles et un titre qui les fuit depuis 2018, les coéquipières de la capitaine Manae Feleu, qui sera de nouveau repositionnée en troisième ligne samedi, doivent veiller à ne pas se prendre les pieds dans le tapis gallois.
L’équipe dirigée par Sean Lynn ne semble pas de taille à faire peur aux Bleues, avec deux dernières places dans le Tournoi et uniquement des défaites contre elles depuis huit ans, dont un 40-0 à Cardiff en 2024. « Ce que j’ai dit aux joueuses, c’est qu’on ne veut pas être l’équipe sur laquelle les Galloises vont avoir leur première vraie grosse performance », se méfie toutefois François Ratier, voyant un adversaire en nette progression et qui n’a perdu que de cinq points contre l’Ecosse (24-19).
🎙️ « …ça multiplie les émotions par 100, 1000 ! »
Après la victoire face à l’Italie 🇮🇹, François Ratier a partagé son ressenti 🗣️
Malgré son expérience avec le Canada, porter les couleurs du #XVdeFrance donne une dimension encore plus forte 🇫🇷 pic.twitter.com/lAUXZcZUZH
— France Rugby (@FranceRugby) April 17, 2026
Une marge de progression sur les « passes verticales »
Sur le synthétique de l’Arms Park, dans l’ombre du Millenium, les velléités offensives des Bleues devraient pouvoir s’exprimer et le rodage sur les passes, un des points noirs contre l’Italie, se parfaire.
« On commence à devenir meilleur sur les passes latérales, sur les passes classiques. Quand on crée un décalage, on est capable d’aller le chercher assez rapidement (…) Sur les passes verticales, qui nous permettent de jouer dans le dos, on a plus de difficultés parce que c’est quelque chose qui est moins utilisé en championnat », décrit François Ratier.
« Si on arrive à avoir cette menace verticale et horizontale et notre capacité à jouer des deux côtés, on posera plus de problèmes à la défense » ambitionne-t-il.
Le sélectionneur compte notamment pour cela sur les qualités d’Aubane Rousset, qui va remplacer au centre Joanna Grisez, une des cadres les plus efficaces la saison passée mais qui s’est gravement blessé contre l’Italie.
J-2️⃣ avant le match face aux Galloises !
Nos joueuses ont pris leurs repères sur le synthétique du club de Marcoussis pour se préparer aux conditions de l’Arms Park 💪 pic.twitter.com/i29l8L4eZ3
— France Rugby (@FranceRugby) April 16, 2026
Les Bleues voudront aussi être à la hauteur dans le combat face à une équipe du pays de Galles réputée pour ses avants. « Ce qui va être important, c’est de tout de suite marquer l’adversaire et qu’on fasse comprendre que la première mi-temps va être compliquée et que la seconde va l’être encore plus. Il faut qu’on arrive à enlever des espoirs chez l’équipe adverse et que nous, on se construise plus de certitude », espère Mathilde Lazarko.
Il en faudra avant d’affronter le week-end suivant l’Irlande, qui avait failli les éliminer en quarts de finale du Mondial en septembre dernier.