Montpellier : de la quasi relégation en Pro D2 aux demi-finales de Top 14 en deux ans
Montpellier a décroché sa qualification pour les demi-finales du Top 14 en battant Lyon 28-25 samedi 6 juin lors de la dernière journée de la saison régulière, lui permettant de conserver la deuxième place au général derrière le Stade Toulousain.
« Je me souviens avoir levé les bras avec les larmes aux yeux à Grenoble… l’access-match… où à la 78e on était en Pro D2. C’était il y a deux ans. » En convoquant ce souvenir en conférence de presse d’après-match, c’était comme si le manager de Montpellier Joan Caudullo avait des sanglots dans la voix.
Le secret : la stabilité
« Je crois au projet, je crois au fait que quand on met un projet en place, ça marche, et quand il y a une continuité, ça marche, quel que soit celui qui est à la barre, tout simplement », soulignait-il. Grâce à cette stabilité dans les résultats – 17 victoires, 8 défaites et un nul sur l’ensemble de la saison – les Montpelliérains joueront en demi-finale contre le vainqueur du barrage entre le Stade français (3e) et La Rochelle (6e).
Victorieuse en Challenge Cup, la petite finale continentale, l’équipe héraultaise est donc toujours en course pour le doublé Coupe d’Europe – Championnat. « Là, on a de la stabilité, obligatoirement ça marche. Je pensais pas que ça allait marcher aussi vite, mais les joueurs ont montré des valeurs cette saison qui sont fabuleuses”, relevait Caudullo.
« Après, on a joué deux compétitions… bien sûr c’est pas la Champions Cup… c’est la Challenge Cup, donc on a pu peut-être un peu plus se faire tourner que des équipes comme Bordeaux et Toulouse, voilà. Mais malgré tout on a tenté ce pari-là et on y est allé au bout. »
Une victoire au forceps
Pourtant, dans un Gerland en fête pour ses 100 ans, le MHR a bien failli tomber dans le piège tendu par un LOU, dixième mais survolté devant près de 20 000 spectateurs : mené 12-0 dès le quart d’heure de jeu puis réduit à 14 sur carton orange à Camara (20e), Montpellier encaissait encore un 25-16 à la 50e avant que cinq pénalités gagnées en mêlée ne renversent tout, avec les essais de Tolofua (25-21, 54e) et Darmon (25-28, 62e) pour sceller un succès arraché au forceps.
Un résultat capital qui envoie le MHR directement en demi-finale le 20 juin à Marseille – ville qui leur avait souri en 2011 – pour une sixième apparition dans le dernier carré de son histoire, bilan éloquent d’un club revenu de la quasi-relégation il y a deux ans à 22 victoires en 25 matchs depuis décembre.
Les doutes de Caudullo à la pause
« J’ai stressé à la mi-temps », admettait Caudullo. « Les joueurs étaient amorphes, pas en rythme. Lyon était meilleur que nous en première mi-temps. Nous ne concrétisons pas nos actions. Je tire un coup de chapeau au LOU, qui a livré un grand match… En jouant vingt minutes à quatorze, nous avons réussi à rester à moins six. Le tournant du match est en début de deuxième mi-temps, avec une grosse séquence défensive qui se termine par un en-avant de Lyon.
« A neuf minutes de la fin, j’ai demandé où était le ballon dans le match La Rochelle – Stade Français. Même si Lyon marquait nous avions le bonus défensif, j’étais plus serein. Nous avons tous besoin d’être off. Enchaîner à domicile un treizième match aurait été mission quasi impossible… Les joueurs ont montré une belle mentalité cette saison. Mais ce n’est pas une finalité. Il y a une demi-finale à jouer. »