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Quand Collazo (Racing 92) fait taire les sceptiques aves ses Jiff

Le troisième ligne toulousain François Cros (au centre) est plaqué lors du match de Top 14 entre le Racing 92 et le Stade Toulousain (Toulouse) à la Paris La Défense Arena de Nanterre, en banlieue parisienne, le 6 juin 2026. (Photo de SIMON WOHLFAHRT / AFP via Getty Images)
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Une saison pour se racheter, une soirée pour confirmer. Dans une Défense Arena archicomble (25 000 spectateurs), le Racing 92 a dominé les triples champions de France toulousains (31-20) samedi 6 juin pour s’offrir ce que le club francilien s’était vu refuser l’an passé, pour la première fois en plus d’une décennie : une place en phases finales du Top 14.

Rencontre
Top 14
Racing 92
31 - 20
Temps complet
Toulouse
Toutes les stats et les données

Patrice Collazo, le manager des Ciel-et-Blanc, n’a pas caché son émotion, savourant avec une pudeur sincère le chemin parcouru depuis les décombres de l’exercice précédent. « Je suis ému pour tout le club », a-t-il confié en conférence de presse d’après-match.

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« On a souvent pris les portes à la gueule et on y est revenu »

« On n’est pas là par hasard », a-t-il soufflé, et les faits lui donnent raison. Une seule défaite à domicile en saison régulière, des victoires de prestige arrachées à l’extérieur – à Clermont notamment, renversés 41-13 -, une capacité à revenir après chaque revers, à cogner encore à des portes qui semblaient fermées. « On a souvent pris les portes à la gueule et on y est revenu », résume-t-il avec cette économie de mots qui lui est propre. Cette qualification, le Racing l’a construite dans la durée.

Cette dernière ligne droite fut éprouvante. Trois rencontres contre de grosses écuries en guise de prélude, avant même que les barrages officiels ne débutent. Toulouse, Toulon, Clermont : autant d’adversaires de stature qui auraient pu briser l’élan d’un groupe en reconstruction. Contre le Stade toulousain, pourtant moins flamboyant depuis son élimination en Champions Cup en avril, le Racing a dû puiser dans ses ressources les plus profondes, résistant à des individualités tranchantes comme Kalvin Gourgues, Teddy Thomas ou Ange Capuozzo, subissant les assauts d’une équipe qui ne renonce jamais vraiment.

Face à des Toulousains moins performants

Le match lui-même fut un récit à rebondissements. La première période, maîtrisée par la puissance du pack parisien, aurait pu basculer à plusieurs reprises côté toulousain, entre un carton évité de justesse (Fabien Sanconnie pour un plaquage haut contre Gourgues), un essai annulé et une occasion gâchée dans le corner. Les Ciel-et-Blanc rentrèrent aux vestiaires sur le fil (7-5), préservant un avantage fragile.

La seconde période fut du même métal, ponctuée d’essais miraculeux – celui de Léo Carbonneau sur renvoi contré, celui d’Antoine Gibert après une transversale adverse égarée dans leurs propres 22 mètres – avant que Vladi Ashvetia et une pénalité d’Ugo Seunes ne ferment définitivement la porte à des Toulousains incapables de convertir leurs temps forts.

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Juste une étape

« C’est juste une étape, on avait fait 50% le week-end dernier, on devait faire 50% là pour accéder à quelque chose. On s’est donné les moyens d’y accéder. On n’a perdu qu’une fois la maison, on a fait des perfs à l’extérieur », reconnaissait Collazo, mesurant le chemin qu’il restait encore à parcourir.

« C’est un beau finish pour ce groupe, pour le club, et pour tout le staff. Je suis content pour le président aussi, qui n’a pas pu être à notre côté cette saison, qui m’a dit avant-hier quand je l’ai vu, “on va gagner, Patrice ?”. Je lui ai dit “ouais, on va gagner” », sourit le manager.

La place indispensable des Jiff

Grâce à cette victoire, les Franciliens terminent cinquièmes et devront se déplacer à Pau pour disputer une place en demi-finales du Top 14 à Marseille où ils pourraient retrouver… Toulouse. Ils peuvent encore rêver à un titre de champion de France, 10 ans après le dernier.

Mais avant de partir, Collazo a voulu livrer un dernier message, plus vif celui-là, à l’adresse des sceptiques qui doutaient de la capacité du Racing à aligner dix-huit joueurs issus de la filière Jiff. « C’est déjà compliqué de battre Toulouse, ça je suis d’accord. Par contre, quand on a dit qu’il serait plus compliqué de les battre avec 18 Jiff, ça c’est un manque de respect », a-t-il lâché, rappelant fièrement que dix joueurs du centre de formation figuraient sur la feuille de match ce soir-là. « Au Racing, on est capable de trouver 18 Jiff d’un bon niveau. »

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