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Le rugby féminin, cible de plus en plus prisée de la haine en ligne : une étude sonne l'alarme


LONDRES, ANGLETERRE - 27 SEPTEMBRE : Marlie Packer, Claudia Moloney Macdonald, May Campbell, Lilli Ives Campion, Emma Sing et Abi Burton, de l'équipe d'Angleterre, posent pour un selfie lors de la finale de la Coupe du monde de rugby féminin 2025 opposant le Canada à l'Angleterre à l'Allianz Stadium, le 27 septembre 2025 à Londres, en Angleterre. (Photo de Molly Darlington - World Rugby/World Rugby via Getty Images)
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La progression du rugby féminin s’accompagne d’un revers plus discret, mais mesurable. Pendant la Coupe du Monde de Rugby 2025, les joueuses et les officielles de match ont été bien davantage exposées aux attaques en ligne que leurs homologues masculins. World Rugby chiffre ce surcroît de risque à 69%.

Le dispositif de surveillance mis en place sur la compétition donne une photographie précise. Au total, 440 340 publications et commentaires ont été passés au crible sur X, Instagram, Facebook et TikTok. Dans cet ensemble, 1 189 contenus ont été formellement identifiés comme abusifs, visant 45 comptes. Rapporté au volume global, cela reste une minorité, 0,27%, mais la tendance est à la hausse par rapport à 2023, où ce taux s’établissait à 0,16% lors de la Coupe du Monde de Rugby masculine.

« Les joueuses et les officielles de match sont près de 70 % plus susceptibles d’être victimes d’abus en ligne, de discrimination et de discours haineux que leurs homologues masculins, les abus en ligne devenant un défi complexe et sans frontières », indique la fédération internationale de rugby dans un communiqué.

Le body shaming : en tête des attaques en ligne

Dans le détail, les formes d’attaques sont ciblées et répétitives. Le body shaming arrive en tête, suivi par des propos transphobes et sexistes. Instagram concentre à lui seul 54% des cas confirmés. Certains comptes franchissent un seuil plus préoccupant. Dix-sept ont déclenché des enquêtes approfondies. Huit dossiers ont été transmis aux autorités et aux plateformes, avec des auteurs localisés en Belgique, en France, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis.

World Rugby a choisi d’aller au-delà de la simple modération. Le programme, développé avec Signify, combine détection automatisée, analyse humaine et suivi des cas les plus graves jusqu’aux forces de l’ordre. Il a été étendu à l’ensemble de l’écosystème, joueuses, staffs et familles compris, signe que l’exposition dépasse désormais le seul terrain.

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La nécessité d’une réponse coordonnée

L’objectif est d’abord de protéger, mais aussi produire des données exploitables pour peser sur les décisions des plateformes et des autorités. Car le problème échappe aux frontières sportives, les législations varient, les seuils d’intervention restent élevés, et les mécanismes de signalement demeurent inégaux selon les pays.

Dans ce contexte, World Rugby insiste sur la nécessité d’une réponse coordonnée. Les premières procédures engagées ont déjà donné lieu à des condamnations, avec un effet dissuasif recherché. Mais il s’agit de rendre encore plus visibles les conséquences pour faire évoluer les comportements.

Le double-revers des réseaux sociaux

« Les réseaux sociaux ont transformé le sport pour le mieux, en favorisant les liens, le partage de récits et la croissance. Mais ils augmentent également le risque de préjudice, de stress et de souffrance, et nous avons pris position lors de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025 pour affirmer qu’il n’y a pas de place pour la haine dans le rugby ni dans la société, que nous soutenons et célébrons la personnalité et la diversité de nos joueuses et de nos officiels de match, et que nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour dénoncer, identifier et agir concrètement contre les auteurs d’abus.

« Les réseaux sociaux ont transformé le sport pour le mieux, en favorisant les liens, le partage des histoires et la croissance. Mais ils augmentent également le risque de préjudice, de stress et de souffrance », admet Alan Gilpin, le directeur général de World Rugby.

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Une célébration de la diversité

« Nous avons pris position lors de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025 pour affirmer qu’il n’y a pas de place pour la haine dans le rugby ni dans la société, que nous soutenons et célébrons la personnalité et la diversité de nos joueuses et de nos officiels de match, et que nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour dénoncer, identifier et agir concrètement contre les auteurs d’abus. »

« À mesure que la visibilité et le succès du sport féminin s’accroissent, le volume et la gravité des abus en ligne ciblés augmentent également. »

Même constat chez Signify. « Les données issues de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025 et du sport mondial confirment une tendance claire : à mesure que la visibilité et le succès du sport féminin s’accroissent, le volume et la gravité des abus en ligne ciblés augmentent également. »

Le chantier ne s’arrête pas à ce tournoi. Le service sera étendu à tous les officiels de match en 2026. En filigrane, une certitude s’impose. Plus le rugby féminin gagne en lumière, plus la pression numérique s’intensifie. Reste à contenir cette dérive sans freiner l’élan.

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