François Ratier après la troisième défaite des Bleues : « Aujourd’hui, je pense qu'on valait mieux que ça »
Courageuses mais trop dominées par les Black Ferns, les Bleues du XV de France ont conclu leur tournée en Nouvelle-Zélande par une troisième défaite d’affilée (36-7), samedi 31 octobre à Christchurch, pour clôturer les Women XV Global Series.
Six essais pour les joueuses en noir, dont un nouveau doublé de l’ailière Shyrah Tuliau-Tua’a (12e et 50e), contre un seul pour les joueuses de François Ratier, inscrit par la talonneuse Maylis Mailagi (40e) pour sa première titularisation. Jamais les Bleues n’ont semblé en mesure de l’emporter sous le toit du One NZ Stadium.
Pas de quoi ravir le sélectionneur qui tablait au moins sur au moins une victoire lors de cette tournée. « Je ne suis pas jouasse, comme tu dis, parce qu’aujourd’hui, je pense qu’on valait mieux que ça. Le week-end dernier, c’était autre chose, et le week-end avant, c’était même pas la peine de me parler », répondait-il d’un ton sec, au moment de dresser un premier bilan à chaud de cette tournée.
Trois rencontres, trois bilans différents
Selon lui, les trois rencontres (81-12 à Hamilton, 31-12 à Whangarei et 36-7 à Christchurch) sont toutes différentes en termes de bilan. « Le premier match, évidemment, il est lourd. Mais bon, on l’a digéré. On peut toujours expliquer un peu pourquoi il est lourd, même s’il est toujours trop lourd », détaillait-il.
« Le deuxième match, il y a une révolte, il y a une vraie prise de conscience que c’est possible, avec en plus des choses intéressantes stratégiquement qui commençaient à se mettre en place. Et puis le troisième match, pour moi, c’est plus une frustration, parce qu’on voit à nouveau des opportunités se créer, un travail qui est fait par les joueuses, et aussi la capacité de se saborder par un manque de leadership tactique et stratégique, où tu attends que ta charnière, que ton épine dorsale, à des moments où il faut tuer l’équipe adverse, notamment au début de deuxième mi-temps… Je ne parle pas des cinq premières minutes du match où on peut aussi marquer, mais si tu veux, on a des moments où ça rejoue à l’envers. »
Un debrief corsé à venir
Toutefois, le XV de France féminin ne pouvait sans doute pas espérer mieux samedi, avec 11 joueuses comptant moins de cinq sélections sur la feuille de match, dont une paire de centres totalement nouvelle, composée d’Élodie Fernandez et de Charlie Gauyat, qui comptent chacune trois sélections et qui n’ont pas démérité pour autant.
Battues quatre fois au total par les Néo-Zélandaises lors de ces Women XV Global Series, avec notamment la défaite inaugurale à Lyon en septembre (28-41), les Bleues, privées de nombreuses cadres (Bourdon-Sansus, Fall-Raclot, Manae Feleu, Escudero) avant même le début de cette tournée, puis décimées par les blessures (Berthoumieu, Vernier, Deshayes, etc.), auront au moins eu l’occasion de tester de nombreuses nouvelles joueuses.
« Pour moi, évidemment, on a une part de responsabilité comme entraîneurs, 100 %, sur le fait qu’on n’arrive pas à tuer ce genre de match. Mais après, il faut aussi que les joueuses prennent leurs responsabilités. Là, ce n’est pas une question de jeunesse. Si on prend neuf-dix-quinze, ce n’est pas des joueuses à deux sélections non plus, quand même ! Donc ça, c’est des discussions qu’on aura avec le groupe en débrief, pas là, mais en transition avec le prochain stage », prévenait Ratier.
Des joueuses suffisamment lucides
Cette mise au point et ce message aux joueuses, la capitaine retenue pour la Nouvelle-Zélande les a bien intégrées. « Déjà dès le premier match et depuis cette tournée, on n’a pas toujours rempli nos rôles correctement », reconnaissait Alexandra Chambon, composante de cette épine dorsale, justement. « Donc forcément, ça impacte notre jeu, notamment offensivement. Et donc on sait qu’on a des gros progrès à faire là-dessus, comme dit François, pour tuer ces matchs, pour valider nos entrées dans les 22 mètres.
« Sur ce match-là, la frustration naît aussi de ça, d’avoir eu beaucoup d’occasions et de pas les avoir concrétisées. Donc oui, je l’entends complètement et je le rejoins aussi. Je pense qu’on est suffisamment lucides et que, même si le match vient juste de se terminer, on est quand même suffisamment lucides pour savoir les erreurs qu’on a pu faire, nous, sur la partie stratégique ou tactique. »
« Ce n’est pas une défaite encourageante, pas du tout »
« Après, il y a beaucoup de choses positives. Je vous le dis franchement, il y a beaucoup de choses positives », nuance quand même le sélectionneur, qui reprend dans le même souffle : « Ce n’est pas une défaite encourageante, pas du tout. Mais il y a des moments, et des moments mis bout à bout, qui peuvent nous servir pour la suite. Puis des joueuses aussi qui auront montré ce qu’elles peuvent faire, le potentiel qu’elles ont, d’autres leurs limites. Et c’est comme ça, c’est un révélateur, les matchs internationaux.
« Je te dirais, le premier match, il est lourd. Le deuxième match, il est intéressant sur l’état d’esprit et sur deux, trois choses stratégiques. Et le troisième, il est frustrant parce que, je vous le dis, on peut le gagner. En tout cas, pas le perdre avec trente points. »
Sur les six rencontres de ces Global Series, les Bleues, quatrièmes mondiales, ont décroché deux victoires en septembre, contre l’Australie (29-26) à Aix-en-Provence, puis face aux Canadiennes, n° 3 mondiales (21-5), à La Rochelle.
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