Contre les Black Ferns, les Bleues doivent réussir à se payer
Samedi 31 octobre à Christchurch, les Bleues retrouvent la Nouvelle-Zélande pour la quatrième fois de l’année, avec un objectif encore manqué lors des trois premières rencontres, celui de battre les Black Ferns. C’est pourtant depuis le début l’objectif annoncé par le staff.
Après la lourde défaite subie à Hamilton (81-12), les Françaises ont réduit l’écart le week-end dernier à Whangarei (31-12). Mais pour espérer aller plus loin, elles devront surtout gagner en efficacité près de la ligne adverse.
Une conquête améliorée
Les chiffres de la dernière rencontre montrent une progression. Les Françaises sont entrées dix fois dans les 22 mètres néo-zélandais, contre neuf sur les deux matchs précédents réunis. Elles ont également remporté leurs neuf lancers en touche, après un bilan de quatorze prises sur vingt-cinq lors des deux premières confrontations. Leur mêlée a, elle aussi, conservé tous ses ballons.
Ces progrès n’ont toutefois pas suffi. Les Black Ferns, qui ne menaient que de deux points à la pause, ont inscrit dix-sept points sans réponse en seconde période.
Des occasions qui coûtent aussi en défense
En cinq matchs dans les WXV Global Series, les Bleues ont inscrit quatorze essais et marqué 88 points, soit une moyenne de 17,6 par rencontre, contre 40,2 pendant le Tournoi des Six Nations. Leurs 47 entrées dans les 22 mètres adverses leur ont rapporté en moyenne 1,87 point chacune. Concrétiser sur les temps forts. C’est ça désormais le vrai enjeu. Car sans cette concrétisation, les Françaises rendent le ballon et doivent soutenir de nouvelles séquences défensives face à des adversaires plus puissantes.
« Oui, ça faisait partie de nos axes de travail », admet le sélectionneur François Ratier. « C’est important pour nous d’identifier comment on arrive à se procurer ces situations et comment on peut les concrétiser. On a eu ça aussi contre l’Angleterre à Bordeaux, où on rentre quatorze fois dans leur zone, dans leurs 22, et on marque que deux fois. On en a déjà fait un axe de travail.
« Contre le Canada, ça nous est arrivé, on a concrétisé un peu plus, mais encore une fois, on rentre beaucoup dans leurs 22, on ne concrétise pas assez. Pour nous, c’est un vrai axe de travail qui est commun avec les joueuses. Il y a des facteurs techniques qu’on essaie de corriger et je pense que ça commence à devenir, on va dire, meilleur par rapport à ce que les joueuses font maintenant. Je sais que ça, là, vous n’avez pas la preuve évidente sur les matchs, mais nous, on peut le voir.
« Il y a aussi une dimension tactique en lecture de la situation. On joue à quinze, on a des meneuses de jeu, on va dire neuf-dix, je pourrais allonger neuf-dix-quinze, qui voient, quand on arrive dans les zones de marque, qui voient les espaces, qui voient s’il faut retaper, s’il faut basculer, s’il faut envoyer au large, etc. Et aujourd’hui, c’est là-dessus qu’on travaille le plus, parce que souvent, quand on ne marque pas, c’est parce que soit on fait un temps de trop, soit on fait un temps de pas assez, soit on est moins bien placées sur la largeur. Des choses aussi simples que ça, en fait.
« Souvent, quand on ne marque pas, c’est parce que soit on fait un temps de trop, soit on fait un temps de pas assez, soit on est moins bien placées sur la largeur. Des choses aussi simples que ça, en fait. »
« C’est plus dur de se rendre dans cette zone-là, stratégiquement et tactiquement et physiquement, que quand tu es dans la zone, on devrait pouvoir se payer. Et c’est là-dessus qu’on travaille et c’est là-dessus qu’on va continuer à travailler dans les prochains stages pour le Tournoi. Parce que c’est la grosse différence aujourd’hui entre nous et l’Angleterre, le Canada et la Nouvelle-Zélande. C’est que nous, on peut pas se permettre aujourd’hui, physiquement, de laisser passer ces occasions-là parce qu’après, il faut qu’on défende très fort. Et nos joueuses défendent très fort. Elles sont très bien organisées, elles ont le caractère, mais après, il faut quand même l’encaisser. Et il faut qu’on se paie et qu’on travaille là-dessus. Ça va prendre du temps encore. »
Les Black ferns peuvent reprendre la tête du classement mondial
Les Françaises affrontent une équipe qui reste sur cinq victoires consécutives contre elles. Sur les trois rencontres des WXV Global Series, les Néo-Zélandaises ont inscrit vingt-deux essais contre six. Shyrah Tuliau-Tua’a en a marqué cinq, dont quatre lors du succès à Hamilton.
Pour tenter d’inverser cette tendance, le staff français effectue au total huit changements (dont deux de poste) dans son quinze de départ.
La France restera quatrième du classement mondial, quel que soit le résultat. La Nouvelle-Zélande peut en revanche retrouver la première place pour la première fois depuis novembre 2020 si elle s’impose et que l’Angleterre perd contre les États-Unis. Une défaite des Black Ferns permettrait au Canada de leur reprendre la deuxième place.
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