Bleues et Wallaroos, deux défenses à réparer
Deux jours avant le choc d’Aix-en-Provence entre la France et l’Australie, prévu samedi 19 septembre à 17h45 pour la deuxième journée des WXV Global Series, un mot obsède les deux camps : la défense. Les Bleues sortent d’une déroute 28-14 à Lyon contre la Nouvelle-Zélande. Les Wallaroos, elles, viennent de tomber 48-15 face à l’Angleterre, championne du monde en titre, et restent sur cinq défaites consécutives.
Deux défenses solides
« C’est très solide l’Australie », indique François Ratier, le sélectionneur français. « Les nations du sud et toutes les nations anglo-saxonnes, c’est physiquement très solide, très direct. Contre la Nouvelle-Zélande, les joueuses l’ont senti dans leur corps. Mais l’Australie, c’est encore plus physique. Donc les deux ou trois trous en défense contre la Nouvelle-Zélande, il ne faut pas qu’on les ait contre l’Australie. »
De l’autre côté, l’adjoint australien Mike Ruthven partage une conviction presque identique sur la nature du problème. « Une grande partie de la défense repose surtout sur l’état d’esprit, la mentalité et la volonté, la volonté de vouloir arrêter l’adversaire », a-t-il résumé.
Sur les causes précises des largesses concédées face aux Black Ferns, Ratier a écarté tout problème de système. « C’était des moments d’inattention, ce n’est pas lié au système en lui-même, c’est plus des joueuses qui se sont un peu oubliées sur des moments clés », a-t-il détaillé. Ruthven, lui, tire de son côté une lecture plus positive de la défaite contre l’Angleterre. « On a vraiment vu plusieurs très bonnes phases défensives de notre part dans ce match, où les filles se sont vraiment investies et se sont vraiment soutenues et encouragées mutuellement, et où elles ont très bien défendu face à l’équipe n° 1 mondiale. »
Des ajustements ciblés plutôt qu’une refonte
De fait, aucun des deux camps n’a choisi de tout reconstruire après sa défaite. Ratier par exemple a précisé les axes de travail retenus cette semaine. « Nous avons travaillé la touche notamment, c’est une évidence. Mais on a aussi modifié quelques circuits offensifs. Après, on était sur un premier match, qui nous a donné évidemment plus d’enseignements qu’un entraînement. Il faut qu’on soit beaucoup plus précises sous la pression, on y travaille, on est dans un processus long, mais on a beaucoup d’indicateurs positifs. Après il faut gagner ! », a-t-il répété.
Ruthven, de son côté, mise justement sur ce même secteur de la touche comme point fort collectif. « Notre conquête a globalement constitué un véritable atout et un point fort lors des derniers matchs de préparation. Donc oui, c’est certainement une opportunité ; nous avons dans notre effectif des joueuses très habiles en touche. »
La confiance, ingrédient recherché des deux côtés
Si les Bleues cherchent à retrouver de la sérénité après une défaite nette, les Wallaroos, elles, puisent leur optimisme dans une défaite honorable alors que l’Australie menait à la pause 10-5 contre l’Angleterre, comme l’évoque la demi de mêlée australienne Samantha Wood. « C’était un résultat plutôt correct pour nous au cours de la première mi-temps. On a gagné en assurance au fil de la mi-temps. Le fait d’avoir réussi à défendre notre ligne à plusieurs reprises, puis d’avoir marqué un essai, et aussi cet essai refusé, tout ça nous a donné beaucoup de confiance face à l’équipe d’Angleterre, mais cette équipe de France, c’est une tout autre histoire. Je garde donc cette confiance acquise contre l’Angleterre, sachant que nous pouvons rivaliser. On a juste changé de cap pour se préparer à affronter la France. »
Le précédent de 2023, un totem à ne pas surestimer
Sur les bords du terrain, un souvenir plane forcément sur cette rencontre. La dernière confrontation entre les deux nations remonte à octobre 2023, en Nouvelle-Zélande, lors du WXV1. Les Wallaroos s’étaient imposées 29-20, entrant dans l’histoire du rugby féminin australien avec cette victoire inédite face aux Bleues.
Interrogée sur le poids de ce précédent, Samantha Wood a refusé d’en faire un totem, préférant insister sur le travail du moment. « Je ne pense pas. Beaucoup de filles sont issues de cette équipe, et donc elles savent que c’est possible. Je pense que le fait d’avoir des joueuses qui ont déjà battu ces équipes aide évidemment beaucoup à renforcer la confiance et à mieux connaître l’équipe adverse. Mais non, après le match contre l’Angleterre, on s’est simplement dit : “Concentrons-nous sur nous-mêmes, dans quels domaines devons-nous nous améliorer ?” Et surtout, on s’est vraiment préparées pour essayer de gagner ce duel physique. On doit tenir tête à ces filles-là, et c’est la seule façon pour nous de nous en sortir dans ce match. »
Ratier, lui, aborde un chantier plus discret mais tout aussi stratégique, celui de la préparation mentale. « On a entamé un processus d’évaluation des besoins du groupe à ce niveau, et on a déjà eu une intervention en imagerie mentale parce qu’on pense que cela peut nous permettre de progresser techniquement. La préparation mentale, ça vous fait gagner les 10% qui vous manquent parfois. Mais ce petit supplément, il faut bien le cibler, ce n’est pas une poudre magique. »
Ruthven referme, lui, le débat sur une exigence commune aux deux équipes, celle de la durée. « Ça nous donne énormément de confiance, mais encore une fois, c’est notre capacité à maintenir ce niveau, à rester vraiment constants pendant 80 minutes, qui est ce que nous recherchons en fin de compte. »
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