Top 14 et Coupe du Monde de Rugby : pourquoi 2027 sera différent de 2023
La saison 2027-2028 commence à faire parler et à faire grincer les dents. Alors que la Ligue nationale de rugby (LNR) se penche déjà sur le calendrier, elle devra composer avec la Coupe du Monde de Rugby en Australie (1er octobre au 13 novembre 2027) et doit déjà anticiper le fait que plusieurs matchs de Top 14 (mais aussi de Pro D2) se joueront sans les internationaux (français et étrangers).
Une bascule inédite par rapport à 2023
En 2023, à l’occasion de la Coupe du Monde de Rugby en France, on se souvient que le Top 14 s’était tout simplement arrêté pendant la compétition. Les trois premières journées avaient été disputées entre le 18 août et le 2 septembre, avant le coup d’envoi donné par France-Nouvelle-Zélande, et le championnat n’avait repris que le 29 octobre, au lendemain du sacre sud-africain.
Rien de tout cela cette fois puisque le championnat continuerait de tourner en pleine compétition mondiale. L’édition australienne aura de surcroît un poids supérieur à celle de 2023. Le format passe à 24 équipes réparties en six poules de quatre, avec l’apparition de huitièmes de finale inédits, ce qui fait grimper le nombre total de rencontres de 48 à 52 sur six semaines. En plus des internationaux français, les meilleurs internationaux étrangers manqueront donc eux aussi plus longtemps à leurs clubs respectifs.
Neuf journées disputées pendant la Coupe du Monde de Rugby
Selon des informations révélées par RMC Sport, le Top 14 2027-2028 s’ouvrirait le 4 septembre 2027 et les huit journées suivantes s’enchaîneraient jusqu’au 23 octobre, suivies de deux semaines d’interruption correspondant aux quarts et aux demi-finales de la Coupe du Monde de Rugby.
La 9e journée tomberait le week-end de la finale, fixée au 13 novembre à 10 heures, heure française. Les entraîneurs espèrent alors récupérer certains éliminés (Géorgie, Pays de Galles, Argentine, Écosse…), et, en cas de catastrophe, les Français eux-mêmes. Au soir de cette finale, neuf des 26 journées de la saison régulière auraient déjà eu lieu, avec cette seule coupure de deux semaines dans tout le calendrier.
Le championnat repartirait ensuite le 20 novembre avec la 10e journée, puis la 11e, avant de basculer directement sur les deux premières journées de Champions Cup. Onze matchs à la chaîne. Un second doublon guette également pendant le Tournoi des Six Nations. Pour amortir l’absence de leurs internationaux durant le Mondial, les clubs recevront huit jokers, sur un principe déjà utilisé en 2023 : un joker par première ligne sélectionné, puis un joker pour deux internationaux retenus aux autres postes.
Toulouse, Bordeaux-Bègles et Pau en première ligne
Toulouse, Bordeaux-Bègles et Pau demeurent à ce jour les trois principaux fournisseurs d’internationaux du XV de France. Le Stade toulousain serait le club le plus touché, avec une vingtaine de joueurs qui pourraient manquer pendant près de la moitié du championnat ; certaines estimations évoquant même jusqu’à 25 absents.
Le club rouge et noir a pourtant bâti, saison après saison, une expertise reconnue pour surmonter les périodes de doublons grâce à la profondeur de son effectif. L’ampleur inédite de ce Mondial, plus d’un tiers de la saison régulière, pourrait toutefois rebattre les cartes.
L’Union Bordeaux-Bègles, devenue elle aussi l’un des grands pourvoyeurs d’internationaux du rugby français ces dernières saisons et considérée comme la deuxième source derrière Toulouse, pourrait se retrouver privée d’une quinzaine de cadres. La Section Paloise ne serait pas épargnée non plus, avec une douzaine d’absences redoutées.
La colère de Yannick Bru
Le manager girondin s’est exprimé à ce sujet. « Moi on m’a parlé de 12 doublons l’année prochaine, sur toute la saison. Douze vrais doublons, sans parler des faux doublons, des semaines de récupération », a d’abord expliqué Yannick Bru, avant de durcir le ton. « Je reste à ma place d’entraîneur, mais je suis obligé de vous partager ma frustration quand on m’annonce que pendant la Coupe du monde, il va y avoir neuf doublons pour tous les coachs. »
Arrivé à la tête de l’UBB en 2023, après avoir été formé comme talonneur au Stade Toulousain, l’ancien international a ensuite livré sa vision du Mondial. « Une Coupe du Monde de Rugby, c’est un moment où on peut se former, réfléchir, voyager, visiter, partager ce moment exceptionnel qui est la réunion du plus haut niveau du rugby mondial qui clôture quatre ans de préparation. C’est frustrant de ne pas pouvoir vivre ces coupes du monde-là, ces moments-là.
« Quand on nous annonce qu’il y aura neuf doublons à l’intérieur, donc une armée de jokers Coupe du monde à recruter, je pense que ça manque de sens. »
Une discussion décisive mercredi
D’autres pistes ont été évoquées durant ces réunions, dont une refonte de la formule du Top 14, sans jamais convaincre. La Ligue rappelle pour sa part que le décalage d’un mois entre ce Mondial et celui de 2023 rendait la situation insoluble par nature.
Le comité directeur de la LNR se réunit mercredi 23 septembre pour trancher sur cette ébauche de calendrier et se prononcer sur l’ensemble de ces mesures.
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