Antoine Dupont et la crainte du « trou d'air » d'ici la fin de la saison
Éliminé de la Champions Cup au profit de Bordeaux-Bègles l’an passé, le Stade Toulousain repart au combat avec une nouvelle ambition. Dans les têtes, le souvenir du revers subi en demi-finale (35-18) reste vif, presque brûlant. Samedi 4 avril, face aux Anglais de Bristol au Stadium (18h30), les Rouge et Noir jouent bien plus qu’une qualification : ils cherchent à reprendre leur place dans le cercle des géants.
Pour sa part, le capitaine Antoine Dupont joue avec un autre objectif : terminer la saison au top, lui qui sort d’une période marquée par une seule, mais énorme blessure : sa rupture des ligaments croisés du genou droit en mars 2025 qui l’avait empêché de vivre sur le terrain la défaite face à l’UBB en Champions Cup l’an passé, suivie d’un long tunnel de rééducation avant son retour fin 2025 puis avec les Bleus début 2026.
« À Toulouse, le club est connu pour ne pas avoir de joueurs installés », a-t-il rappelé, lucide en conférence de presse avant le huitième de finale contre Bristol. « Il faut arriver à prouver chaque week-end qu’on mérite sa place. Il n’y a pas de statut, tout est remis en question. »
Un Tournoi des Six Nations difficile
Son remplacement par Paul Graou durant la fenêtre internationale a permis au Stade Toulousain de ne pas subir un passage à vide. « On sait qu’à chaque fois, la période des doublons est hyper importante pour nous, et Paul et l’équipe ont très bien performé », remarque Dupont.
« Ils ont permis de maintenir le club en haut du classement. Donc nous, ça nous pousse, les internationaux, quand on rentre, à pas se reposer sur les résultats qu’on a eus, qu’ils soient positifs ou négatifs. En l’occurrence, positifs cette année. On doit montrer qu’on mérite notre place sur les matchs couperets de fin de saison, parce que c’est pour ça qu’on s’est entraînés toute l’année. »

Ce qui semble inquiéter en filigrane le meilleur joueur du monde, c’es de ne pas revenir au top de sa forme, comme il en a montré certains signes notamment sur le Tournoi des Six Nations. « Pour lui, ça a été un Tournoi difficile parce qu’il avait à peine un mois de compétition dans les jambes avant le premier match, face à l’Irlande. Globalement, il a plutôt été bon… Mais avec des moments difficiles. Pour autant, quand on revient d’une blessure à un genou aussi grave, il faut du temps pour retrouver son niveau », a d’ailleurs pointé le sélectionneur Fabien Galthié.
« On sait toujours, quand on revient d’une blessure longue, on peut avoir un trou d’air à un moment donné… »
Dupont ne s’en cache pas et assume. « Depuis que j’ai repris, j’ai beaucoup enchaîné, j’ai beaucoup joué, pas trop coupé et souvent on a le contre-coup quand on revient d’une longue blessure. Je ne l’ai peut-être pas eu physiquement, mais mentalement, ça a été dur sur la fin du tournoi, sur les derniers matchs », avait-il reconnu.
Malade à la sortie du Tournoi, il a bénéficié d’une période de repos pour se remettre avant d’affronter la dernière partie de la saison : la Champions Cup et la dernière ligne droite du Top 14.
« La semaine dernière, il y a eu retour de vacances, donc les petits bobos se réveillaient un peu du Tournoi et ça m’a permis de revenir progressivement », explique-t-il. « Et cette semaine, je me suis très bien senti, donc j’espère que les sensations seront validées demain, et surtout que ça durera jusqu’à la fin de la saison. On sait toujours, quand on revient d’une blessure longue, on peut avoir un trou d’air à un moment donné, donc je vais tout faire pour essayer que ça n’arrive pas avant la fin de la saison. »
De là à dire qu’Antoine Dupont est menacé, il y a un gouffre immense que personne n’imagine franchir. Connaissant les standards qu’il se fixe à lui-même et sa lucidité, nul doute que le meilleur joueur du monde se donnera tous les moyens pour le redevenir.