La méthode Les Kiss va-t-elle sortir les Wallabies de l'impasse ?
Trois matchs, trois victoires, et un premier succès de référence loin de leurs bases. L’Australie de Les Kiss a résisté à l’Argentine à Jujuy, samedi 29 août, pour l’emporter 27-21, au terme d’un test rugueux disputé en altitude. Les Wallabies restent invaincus depuis la prise de fonction de leur nouvel entraîneur et, sans encore tout maîtriser, commencent à donner des signes d’une équipe plus stable.
C’est la première fois en cinq ans que les Wallabies remportent quatre matchs d’affilée au cours d’une même année civile. Mais ce bilan demande naturellement à être replacé dans son contexte.
L’Australie avait déjà retrouvé le chemin de la victoire contre l’Italie lors du dernier match de Joe Schmidt en juillet, puis Les Kiss avait débuté par un succès serré au Japon, 35-32, avant la démonstration de Townsville face aux Brave Blossoms, battus 56-17. Mais ce déplacement en Argentine constituait un test bien différent, plus physique dans un environnement où les équipes de passage repartent rarement avec le sourire.
Les Wallabies sereins jusqu’au bout
Les Wallabies ont pourtant pris le match par le bon bout. Brandon Paenga-Amosa a ouvert le score, Carter Gordon a rapidement doublé la mise, puis Fraser McReight a remis les Australiens dans le bon sens après la réaction de Geronimo Prisciantelli. Ryan Lonergan a ajouté sept points au pied et l’Australie possédait huit longueurs d’avance à la pause.
La seconde période a raconté autre chose. Un bras de fer compliqué à l’isue incertaine. Tom Hooper a inscrit l’essai qui a finalement fait la différence à vingt minutes de la fin, puis les Wallabies ont dû tenir. Plus aucun point n’a été marqué dans les 26 dernières minutes. Sous la pression des Pumas, l’Australie a défendu sa ligne et son avance, sans céder.
C’est peut-être là que se lit le mieux l’empreinte de Kiss : dans la façon de rester présent lorsque le match se désorganise. Les Wallabies ont parfois offert trop de ballons et de positions aux Argentins, mais ils ne se sont pas affolés.
Le calme de Les Kiss dans les moments de rupture
« Ce n’est pas seulement cette équipe ou ces différentes combinaisons qui ont montré ça à plusieurs moments au cours des trois tests disputés jusqu’ici », a expliqué Les Kiss après la rencontre. « Les joueurs adhèrent vraiment à ce qu’il faut faire quand nous n’avons pas le ballon, à la nécessité de s’accrocher et de repousser l’adversaire. Nous n’avons certainement pas été parfaits, mais nous nous battons beaucoup les uns pour les autres et nous nous battons pour rester dans le match dans les meilleures conditions possibles.
« Après le match, en parlant avec Allan Alaalatoa et Fraser McReight, on sentait un grand calme. Nous n’avons pas laissé la pression nous dominer ou prendre le dessus. Le fait d’avoir su garder la tête haute face à ces situations et à ces petites erreurs du match qui leur ont offert des occasions, je pense que ça en dit long sur le caractère des garçons, c’est certain.. »
Le nouveau standard australien
Tom Hooper, auteur d’un essai et titulaire dans une troisième ligne très mobile avec Rob Valetini et Fraser McReight, a lui aussi insisté sur le niveau d’exigence installé par le nouveau staff. Le discours est clair. Pour viser plus haut, l’Australie doit d’abord hausser son niveau chaque semaine à l’entraînement.
« Sa manière de communiquer est très apaisante », a confié Tom Hooper sur Stan Sport. « Il a apporté un très bon état d’esprit dans notre manière de nous entraîner. Si vous voulez atteindre un niveau de classe mondiale, obtenir de bons résultats et soulever quelques trophées, il faut s’entraîner comme une équipe de classe mondiale mondial, et c’est clairement le standard qu’il apporte aux séances.
« Mais il y a aussi beaucoup de continuité avec ce que Joe avait mis en place. Il n’a pas jeté le bébé avec l’eau du bain. Il a conservé beaucoup de bonnes choses et il nous a vraiment motivés à continuer d’avancer. »
Rotation, profondeur : Les Kiss prépare déjà la suite
Le management de Les Kiss s’est aussi traduit par des choix de rotation. Harry Wilson, le capitaine habituel et troisième ligne centre, n’était pas dans les 23 à Jujuy. Hooper a pris place aux côtés de Valetini et McReight, une association qui a apporté de la densité au combat et de la qualité en touche. Charlie Cale a ensuite confirmé la profondeur disponible à ce poste lors de son entrée.
La question reste entière, malgré ce départ parfait, trois victoires suffisent-elles à valider la méthode Les Kiss ? Pas encore. Les Wallabies ont trop laissé l’Argentine revenir dans le match, ont concédé des situations évitables et devront gagner en précision lorsqu’ils affronteront des adversaires plus constants. Les bases, elles, paraissent solides.
L’Australie a surtout retrouvé une capacité à finir les rencontres sans rompre. À un peu plus d’un an de leur Coupe du Monde de Rugby à domicile, les Wallabies ne peuvent pas se contenter d’une dynamique encourageante. Mais Les Kiss ne s’emballe pas. Il voit les progrès, mesure les défauts, et semble surtout vouloir ancrer une manière de travailler avant de promettre quoi que ce soit.
« Nous n’allons pas nous emballer »
« Enchaîner les victoires comme nous l’avons fait récemment, quatre maintenant je crois, c’est un vrai point positif pour nous. Nous sommes heureux de cela, heureux de certains aspects de notre jeu », assure le sélectionneur.
« Mais nous nous sommes aussi mis sous pression et nous avons offert trop d’occasions à certains moments, par des choix qui leur ont simplement donné de la position sur le terrain et le ballon gratuitement.
« Nous n’allons pas nous emballer, mais nous acceptons aussi que c’est un test-match et qu’obtenir une victoire est très important. Ici, chez eux, avec la passion de leur public, nous allons quand même apprécier ce que nous avons tiré de ce match. »
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