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De « l'auto-sabotage » à une sélection avec l'Australie : Miles Amatosero raconte sa rédemption


SYDNEY, AUSTRALIE - 16 MAI : Miles Amatosero, des Waratahs, semble abattu après la défaite lors du match de la quatorzième journée du Super Rugby Pacific opposant les Waratahs aux Crusaders à l'Allianz Stadium, le 16 mai 2025, à Sydney, en Australie. (Photo : Mark Kolbe Photography/Getty Images)
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Tout juste après quatre saisons passées à l’ASM Clermont-Auvergne (entre 2020 et 2024), le deuxième-ligne australien Miles Amatosero (24 ans) a changé de dimension chez les Waratahs avec 14 feuilles de match cette saison (12 comme titulaire) en Super Rugby, imposant ses 2,03 m et 125 kg dans chaque zone de contact, à la manière d’un Skelton en devenir.

Mais le tournant de sa saison reste cette suspension après l’altercation fin janvier avec Angus Scott?Young au cours d’une séance d’entraînement, captée en vidéo et largement relayée sur les réseaux. Scott-Young avait notamment subi une fracture de l’orbite et plusieurs points de suture. Amatosero avait été suspendu deux matchs.

Cet épisode avait freiné son élan avant de servir d’électrochoc, comme l’a montré son retour très impactant dans le 36?12 face aux Reds. Depuis, il avance sur un fil, toujours aussi destructeur ballon en main et précieux en conquête, mais encore sous surveillance pour sa discipline. Joe Schmidt pourrait lui donner sa chance pour faire ses débuts sous le maillot des Wallabies en juillet.

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En début d’année, est-ce que tu imaginais que tu te retrouverais dans le groupe de préparation de l’Australie pour le Nations Championship ?

Miles : Franchement, c’est une énorme surprise. Je savais que le début serait compliqué. Je me suis contenté de revenir aux fondamentaux, de travailler dur, d’essayer de faire de mon mieux chaque semaine pour jouer avec les mecs. Et ça m’a mené jusqu’ici. C’est incroyable.

Qu’est-ce que tu retiens de cet incident, de cette période ?

La résilience, surtout. Rester fidèle à ce que je sais faire. Baisser la tête, travailler, et espérer que ça finisse par payer.

Qu’as-tu ressenti jusqu’au coup de téléphone ? Et racontes-nous ce moment.

Bon, pour être honnête, je pensais que je n’allais pas être sélectionné. C’était juste mon intuition, je suppose que c’est de l’auto-sabotage. J’étais avec ma copine à Melbourne, on regardait le State of Origin, et puis j’ai reçu un appel de Chris Thompson (le team manager des Wallabies, ndlr) qui m’annonçait que j’avais été sélectionné, et je n’arrivais pas à y croire. Je n’arrivais pas à y croire, et j’ai toujours du mal à y croire.

Que comptes-tu apporter pour justifier cette confiance ?

Je ne vais rien apporter de nouveau. Je vais simplement apporter ce que j’espère apporter à chaque match, c’est-à-dire ma combativité et mon énergie. Je veux vraiment montrer l’exemple et m’investir à fond. Mais bien sûr, je sais qu’il y a encore un long chemin à parcourir, et j’ai hâte de m’entraîner dur et de disputer des matchs.

Revenons à janvier. Comment as-tu réussi à repartir ? C’était forcément difficile…

Ça m’a fait du bien de me remettre directement au rugby. Je m’entraînais tout seul, ce qui n’était pas facile, loin de mes coéquipiers. Mais je pense que ça a bien marché. Je crois que cette période d’éloignement m’a permis de prendre conscience de l’importance que revêt ce sport pour moi. Le simple fait d’être de retour avec les gars et de les côtoyer m’a beaucoup aidé.

As-tu l’impression que les joueurs adverses essaient de te provoquer pour voir si tu vas perdre ton sang-froid ?

Oui et non. Je dirais que ça m’est arrivé tout au long de ma carrière, justement parce que je suis un joueur agressif et physique. Mais c’est clairement un point sur lequel je dois travailler : trouver le juste équilibre entre discipline et agressivité. Je pense que cette saison, j’ai largement mieux réussi à le faire, et j’ai hâte de perfectionner cette capacité et de m’y consacrer pleinement.

Vous devez rester à la limite, sans la franchir.

Exactement. Me rapprocher du point d’ébullition, sans déborder.

Que représenterait un match ici contre l’Irlande ?

Difficile à dire. Tout. Ma ville, ma famille, mes amis, mon pays. Tout.

Tu as affronté les Lions l’an dernier. Ça donne de la confiance ?

D’une certaine manière. Mais chaque match est différent. Je ne peux pas me reposer là-dessus. C’est excitant d’y avoir goûté. J’en veux plus.

Miles Amatosero, de Clermont, s'empare du ballon lors du match de rugby à XV du Top 14 français opposant le Stade Rochelais (La Rochelle) à l'ASM Clermont Auvergne au stade Marcel-Deflandre de La Rochelle, dans l'ouest de la France, le 22 avril 2023. (Photo : XAVIER LEOTY / AFP) (Photo : XAVIER LEOTY/AFP via Getty Images)

On parlait déjà de vous en sélection depuis votre retour de Clermont. Comment gérez-vous cette attente, et votre progression dans un rugby de très haut niveau ?

La décision de revenir ici, en Australie, a été assez facile à prendre, car je voulais travailler dur et, avec un peu de chance, en arriver là où j’en suis aujourd’hui. En ce qui concerne le jeu, c’était vraiment un grand changement par rapport à ce à quoi j’étais habitué, ne serait-ce qu’en termes de rythme. Évidemment, je suis encore assez jeune, donc je m’y habitue peu à peu. Mais j’ai vraiment retrouvé confiance en moi, et j’aime à penser que j’ai beaucoup appris de la scène française et que je l’ai maintenant ramenée ici.

Que dirais-tu aux jeunes Australiens en France qui hésitent à rentrer ?

Je leur dirais que s’ils envisagent de rentrer, qu’ils croient en eux, qu’ils se lancent. On a facilement tendance à se laisser envahir par des pensées du genre “ça ne marchera peut-être pas”, “ça ne va peut-être pas s’arranger”. Mais je pense que si vous en avez l’occasion, il faut simplement croire en vous dans tout ce que vous entreprenez.

Quelqu’un a-t-il joué un rôle clé ces dernières années ?

Ma mère. Mon premier soutien. Elle me garde les pieds sur terre. Elle ne pleure pas d’habitude, mais hier au téléphone, elle n’a pas pu se retenir. Beaucoup d’émotion. Voir ce que ça représente pour mes proches, surtout pour elle… ça compte énormément.

Sur ta progression, tu es encore jeune. Il n’y a pas que l’impact physique, il y a d’autres exigences au plus haut niveau. Comment as-tu évolué ?

Les Warratahs m’ont énormément aidé sur ce plan-là, c’est-à-dire sur les aspects du jeu autres que le physique. En France, c’était sans aucun doute une partie importante de mon rôle, mais depuis mon retour, j’ai pu me concentrer sur d’autres aspects de mon jeu. J’aime à penser que je suis devenu plutôt bon en touche, c’est-à-dire dans ces aspects du jeu qui ne relèvent pas nécessairement du physique.

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S
SB 1 hr ago

Hasn’t been a standout at Super Rugby level but good on him.

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