Le centre néo-zélandais qui intrigue : pourquoi Braydon Ennor a choisi l'Usap
Il est arrivé à Perpignan avec sa fiancée sous 30 degrés. Un sacré décalage pour Braydon Ennor, le trois-quarts centre des All Blacks (29 ans, 9 sélections) qui a décidé en début d’année de signer à l’Usap où il a rejoint son ancien coéquipier des Crusaders, Sevu Reece – ça fait dix ans qu’ils se connaissent et ils habitent désormais l’un en-dessous de l’autre dans le même immeuble.
Lui qui n’a connu qu’un seul club durant toute sa carrière – il est entré à l’académie de Canterbury en 2015 à l’âge de 18 ans – n’a pas choisi la destination catalane par hasard, même si tellement de Néo-Zélandais privilégient le Japon plutôt que l’Europe. Et même si Perpignan a une fois de plus joué le maintien au cours d’une saison difficile, le défi sportif reste alléchant.
Le manager Laurent Labit a annoncé la couleur et les ambitions du club : « Mon objectif, c’est de stabiliser l’USAP dans les dix premiers du Top 14 sur les saisons qui arrivent. »
Pourquoi Perpignan a séduit l’ancien joueur des Crusaders
« Pour moi, être en France, en Europe c’était très attirant », a expliqué Braydon Ennor lors de sa première interview à nos confrères de L’Indépendant. « Le Top 14 est sans doute la meilleure compétition au monde actuellement. De plus, pouvoir y participer, découvrir le rugby français, découvrir l’Europe… Nous sommes tellement loin de tout ça depuis la Nouvelle-Zélande que nous ne venons pas souvent.
« Ma compagne était elle aussi très intéressée par la culture européenne. D’ailleurs, c’est amusant, mais mon oncle habite l’Escala tout près d’ici. Évidemment, tout le monde parle catalan là-bas donc je me suis vraiment immergé. Ensuite, sportivement, Perpignan fait quand même de belles choses. Ils ont connu un début d’année difficile l’an dernier. Mais les voir jouer en fin de saison était vraiment impressionnant. »
Un corps freiné, une carrière relancée
Ennor (1,87 m pour 94 kg) a fini la dernière saison du Super Rugby en demi-finale avant de tourner une page importante de sa carrière au cours de laquelle il s’est taillé une réputation de joueur complet, utile partout, décisif aussi bien en attaque qu’en défense, sans jamais chercher la lumière. Laurent Labit a confié à nos confrères : « Comme disent les Néo-Zélandais, c’est un 13 régulateur de la ligne, que ce soit offensivement ou défensivement ».
Freiné dans son élan par une série noire, il a vu ses ambitions mondiales s’éteindre en 2023 après une troisième rupture des croisés (genou gauche en 2015, droit en 2020, puis rechute en 2023), aggravée par une infection post-opératoire qui lui a coûté près de deux saisons pleines. Il a manqué encore le début de l’exercice 2025 touché au poignet, avant d’être ralenti en 2026 par des ischios capricieux.
Mais son retour de blessure a été à la hauteur : 96% de passes réussies, 223 mètres parcourus ballon en main en 500 minutes et 89% de plaquages réussis, l’un des standards les plus élevés du Super Rugby. Sur l’ensemble de sa carrière, titulaire à 60%, il compte 27 essais en 84 matchs de Super Rugby.
Un profil utile, fiable et déjà attendu
Capable aussi de glisser à l’aile, comme à ses débuts entre 2017 et 2019, le Néo-Zélandais l’admet : « Je ne dirais pas que je suis le joueur le plus spectaculaire, ni celui qui a le plus de “steps”. Mais je travaille dur et je cherche toujours à me créer des occasions balle en main. La défense est aussi un aspect très important de mon jeu. J’aime verrouiller les extérieurs », explique-t-il.
L’Usap se retrouvera en stage à Saint-Lary le 10 août pour préparer son premier match de la saison, un déplacement au Stade français le 5 septembre.
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