Six Nations féminin - Grisez, conquête, engagement : Ratier tire le bilan de son premier match
Un essai en première période, cinq en deuxième. Le premier match du XV de France féminin de l’ère François Ratier s’est finalement bien terminé avec une large victoire sur l’Italie, 40-7, en ouverture du Tournoi des Six Nations féminin à Grenoble, samedi 11 avril.
Les Bleues se sont finalement imposées assez facilement après le retour aux vestiaires, grâce notamment à la puissance de leur pack et de leur banc. Mais elles ont longtemps balbutié leur rugby, six mois après leur décevante quatrième place lors de la Coupe du Monde de Rugby 2025 en Angleterre.
« On est content d’avoir gagné le match et d’avoir le point de bonus », confiait, un brin soulagé, le nouveau sélectionneur au micro du diffuseur France TV. « La première mi-temps, évidemment, ne me satisfait pas, mais ça fait partie d’un nouveau projet, et le nouveau projet, si ça se fait en 40 minutes, on le saurait. »
Des nouvelles de Joanna Grisez
Le seul gros point noir, en somme, ce serait la sortie sur blessure de la trois-quarts centre Joanna Grisez, jambe prise dans une atelle, évacuée sur civière, laissant craindre le pire au vu de son visage marqué par la douleur.
« Joanna, on est sur un ligament latéral, mais pas de très mauvaise nouvelle non plus. Après, c’est sûr, c’est une blessure, on va regarder ça ce soir », rassurait la sélectionneur.
Les occasions gâchées
Samedi, ses joueuses ont longtemps oublié de rentrer dans le match, laissant d’abord la Nazionale monopoliser le ballon pendant dix minutes, avant de multiplier les approximations jusqu’à la mi-temps.
Passes dans le vide, plongeons dans les regroupements, excès de précipitation : les Bleues ont gaspillé de nombreuses occasions, avec notamment cet essai de Joanna Grisez annulé à la demi-heure de jeu ou cette pénaltouche bêtement gâchée (35e) après qu’à chaque fois le maul bleu s’est totalement disloqué, sans compter la bataille des rucks relativement rude.
« On a eu beaucoup plus d’agressivité dans cette zone de jeu en seconde période et on a vu tout de suite que ça a changé complètement la physionomie du match. Si tu gagnes la bataille au sol, de toute façon, tu te mets dans des conditions bien meilleures. Après, on a aussi demander aux trois quarts de se lâcher, de se relaxer, de prendre du plaisir déjà, et puis d’exécuter avec un peu plus de maîtrise », indiquait le coach.
Conquête et défense
La conquête et la défense ont été l’un des points positifs du jeu des tricolores. Certes les Françaises ont concédé un essai des Italiennes à la 77e minute, mais on quand même résisté la plupart du temps. « Si ces bases-là sont solides, ensuite on peut construire. Je crois que c’est ce qui nous a permis de gagner le match. Donc tout le crédit à mes deux collègues Gérald Bastide et Florent Wieczorek », saluait Ratier.
Successeur du duo Gaëlle Mignot – David Ortiz, il avait procédé à un grand chambardement au sein du XV de France féminin, avec trois joueuses à zéro sélection au coup d’envoi et six au total sur la feuille de match.
La confirmation Pauline Barrat
Et le pari a été réussi, avec le seul essai de la première période signé de l’ailière catalane de Clermont Anaïs Grando (21e), sur une passe décisive de l’arrière toulousaine Pauline Barrat, qui étrennait elle aussi le maillot bleu, à la conclusion au large d’une pénaltouche parfaitement jouée cette fois.
« Franchement, j’avais un peu de pression, mais une fois que le coup d’envoi est donné, on relâche tout et après j’ai joué comme je savais faire. J’avais pas forcément de pression, j’ai joué avec juste la bonne pression », souriait l’arrière, auteure elle-même d’un essai en seconde période, qui a eu la lourde tâche de remplacer à ce poste Morgane Bourgeois (qui aurait sans doute été plus précise au pied que Carla Arbez).
Le pari réussi de la jeunesse
Troisième novice dans le XV de départ, la talonneuse clermontoise Mathilde Lazarko s’est elle particulièrement illustrée par son activité défensive, avec déjà 14 placages lors des 30 premières minutes.
Longtemps brouillonnes offensivement, en témoigne cette action où Grando oublie complètement sa capitaine Manae Feleu à l’intérieur (52e), les Bleues n’ont en revanche laissé aucun espace aux attaquantes italiennes. Si les combinaisons offensives restent à travailler, le système défensif “Vauban” concocté par Ratier, en hommage à l’architecte militaire de Louis XIV, a lui été assimilé !
Après le second essai bleu, signé par l’ouvreuse Carla Arbez (44e), c’est paradoxalement un coup du sort, la sortie sur blessure de Grisez (47e), qui a débloqué le XV de France, avec d’abord cet essai 100% piliers, initié par un cadrage-débordement d’Assia Khalfaoui et conclu par Yllana Brosseau (54e), qui venait de remplacer Ambre Mwayembe. Puis l’essai du bonus, un nouvel essai d’avants, avec Khalfaoui à la conclusion cette fois, après une pénaltouche (60e).
Avant que l’ailière toulousaine Léa Murie (70e) puis sa partenaire Barrat (75e) donnent finalement au score une ampleur pas forcément méritée vu la rencontre.
Parties de Twickenham la tête basse le 27 septembre après une claque 42-26 lors de la petite finale du Mondial contre les Black Ferns néo-zélandaises, les Bleues ont retrouvé des couleurs, avant d’aller affronter les Galloises dans une semaine au Principality Stadium de Cardiff, puis de recevoir les Irlandaises à Clermont-Ferrand le 25 avril.