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WXV Global Series : le Canada, l’adversaire qui doit révéler les Bleues


Entraînement du XV de France féminin au Centre National du Rugby à Marcoussis (France), en septembre 2026. Photo : Willy Billiard / RugbyPass.
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Victorieuses de l’Australie au bout d’un match chaotique, les Bleues de François Ratier reçoivent ce samedi 26 septembre (17h45, France 2) au stade Marcel-Deflandre le Canada, troisième nation mondiale, vice-championne du monde et tombeuse de la France lors de six de leurs sept dernières confrontations.

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Des Canadiennes en pleine ascension

Pour la troisième journée des WXV Global Series, le XV de France féminin, quatrième au classement World Rugby, change de dimension. Contrairement à la sélection masculine, 22e nation mondiale, les Canadiennes pointent au troisième rang et leur courbe ne cesse de monter. Finalistes de la Coupe du Monde de Rugby 2025 face à l’Angleterre, elles ont arraché le 19 septembre à Exeter un match nul face aux Red Roses (26-26), mettant fin à une série de 39 victoires consécutives des championnes du monde.

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« Est-ce qu’elles sont favorites ? Oui. Est-ce qu’elles sont meilleures que nous sur l’expérience collective et la profondeur des postes ? Oui. Mais sur un match… c’est pour ça qu’on le joue », résume le sélectionneur François Ratier. Sa capitaine Pauline Bourdon Sansus ne dit pas autre chose. « Pour le coup, si on fait des erreurs, on va le payer cash. C’est une équipe complète, très athlétique qui se nourrit de nos fautes et qui marque dès qu’elle vient dans le camp adverse, prévient la demie de mêlée toulousaine. Son match nul nous stimule, on savait qu’elles allaient faire un gros match contre les Anglaises. Et on a rarement gagné contre le Canada, donc on sait à quoi s’attendre. »

Une seule victoire française en sept rencontres depuis 2013

Les chiffres lui donnent raison. Depuis 2013, la France n’a battu le Canada qu’une fois en sept rencontres, lors de la petite finale de la Coupe du Monde de Rugby 2021, disputée à l’Eden Park et remportée 36-0. Les Bleues mènent encore le bilan des confrontations sur le sol français (4 victoires à 3), mais les Canadiennes se sont imposées lors de leurs deux dernières visites. La plus récente remonte à la demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby 2014, au stade Jean-Bouin (18-16). Le Canada était alors entraîné par un certain François Ratier, seul survivant dans les deux effectifs.

Le sélectionneur des Bleues, arrivé en janvier, connaît intimement son adversaire puisqu’il a vécu vingt ans au Canada et dirigé sa sélection féminine de 2013 à 2017 et il sait mieux que quiconque que l’après-midi de ses joueuses sera rude.

Malgré des moyens limités (elles ont eu recours au financement participatif pour améliorer leur préparation à la Coupe du Monde de Rugby 2025), les Canadiennes ont comblé leur retard technique et proposent un jeu de mouvement efficace et précis. « Ce sont des athlètes. Culturellement, elles sont basées sur beaucoup de sport avant le rugby », rappelle la troisième ligne Axelle Berthoumieu, qui en côtoie plusieurs en club au Stade bordelais et fêtera samedi sa 34e sélection. « On sait que les Canadiennes c’est énormément physique, que c’est extrêmement carré (…) il y a un peu plus de justesse, alors que les Néo-Zélandaises jouent à l’instinct », complète Mouna Touré, titularisée pour la première fois en troisième ligne pour sa deuxième sélection.

VIDEO

Solder l’épisode d’Aix-en-Provence

Le succès contre l’Australie, neuvième nation mondiale, samedi 19 septembre à Aix-en-Provence, a surtout mis en lumière un manque de maîtrise. Deux joueuses, la pilier Ambre Mwayembe et la deuxième ligne Cloé Correa, ont été expulsées au cours d’une séquence qui a réduit les Bleues à onze contre quinze pendant une dizaine de minutes, avant une victoire arrachée 29-26. Toutes deux ont depuis été suspendues par World Rugby et manqueront la réception du Canada.

L’arbitre référent des Bleues, Thibault Santamaria, a mené en début de semaine un retour vidéo sans complaisance. « À cause de ce match contre l’Australie, on s’est forgé malgré nous une réputation pas très positive. Il va falloir gommer ces mauvais comportements », a reconnu la centre Teani Feleu.

« Je pense que c’était important, confie Pauline Bourdon Sansus. Un arbitre vient aussi en début de semaine pour débriefer nos fautes, voir sur quoi on peut s’améliorer, se baisser un peu plus au contact et sur les plaquages. On a un manque de technique à ce niveau, on fait des extras en plus pour justement pouvoir rattraper ces nations qui arrivent très bien à se baisser et à repousser les adversaires. »

Un groupe rajeuni par la force des choses

François Ratier alignera encore trois novices dans son XV de départ. Il se sert de ces WXV Global Series pour tester en conditions réelles des jeunes joueuses comme Marie Ibanez, fille de l’ancien talonneur des Bleus Raphaël Ibanez, qui connaîtra sa première sélection sur l’aile. C’est un choix, mais aussi une contrainte. La liste des absentes s’étire des septistes (Jacquet, Arbey, Dezou) aux suspendues, en passant par les blessées et autres indisponibilités (Manae Feleu, Fall-Raclot, Grisez, Soqeta…). Charlotte Escudero monte en deuxième ligne aux côtés de Julia Grosz, Yllana Brosseau complète la première ligne.

« On est obligé de penser en termes de victoire/défaite quand on fait du haut niveau, mais je crois qu’il faut bien que, nous, on se situe dans “où est-ce qu’on est aujourd’hui, qu’est-ce qu’on essaie de construire” et “où est-ce qu’elles sont, elles, aujourd’hui et qu’est-ce qu’elles ont déjà construit” », assume le sélectionneur.

Une tournée en Nouvelle-Zélande en ligne de mire

Sa capitaine se projette déjà sur la Coupe du Monde de Rugby 2029. « C’est une bonne façon de préparer le Mondial, de lancer des jeunes qui ont des qualités incroyables », souligne-t-elle. « Les tournées comme celles-là permettent aussi de voir pas mal de monde, c’est plutôt bien. On a hâte de les découvrir, de voir ce qu’elles valent sur un match international. »

Après ce rendez-vous, les Bleues auront dix jours de repos avant de s’envoler pour trois tests en Nouvelle-Zélande. « On l’a vu la semaine dernière à Aix où, vraiment, ça nous a portées. Aller à la rencontre de notre public, faire découvrir le rugby féminin, c’est intéressant pour nous, et ça nous donne un maximum de confiance avant de s’attaquer à la Nouvelle-Zélande. C’est trop bien d’affronter des équipes qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer. Ce sont six matchs de niveau d’une demi-finale de Coupe du monde, c’est bien pour ce cycle qu’on démarre. »

Côté canadien, l’entraîneur Kevin Rouet a choisi de ménager la troisième ligne Sophie de Goede en vue des deux tests d’octobre contre l’Angleterre, à Toronto et Ottawa. Savannah Bauder, première sélection il y a quelques semaines contre l’Écosse, débute pour la première fois à l’arrière.

La Néo-Zélandaise Maggie Cogger-Orr dirigera la rencontre. Pour son 32e test, elle égalera Nicky Inwood, ancienne joueuse des Black Ferns devenue arbitre, comme officielle néo-zélandaise la plus capée. Elle a déjà arbitré deux France-Canada, en WXV 1 2023 (victoire canadienne 29-20 en Nouvelle-Zélande) et en 2024 (46-24), soit deux victoires canadiennes.

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