Montpellier propulsé par la force Vunipola
Le colosse Billy Vunipola (33 ans, 74 sélections) s’est installé solidement au cœur du dispositif montpelliérain. Troisième ligne puissant et cadre respecté, l’ancien international anglais des Saracens avance serein à l’approche de la demi-finale du Top 14 face au Stade français, samedi 20 juin à Marseille.
Une arrivée loin d’une retraite dorée
Arrivé à l’été 2024, dans un club encore marqué par un maintien arraché de justesse, il a trouvé sa place dans un collectif en reconstruction. Après onze saisons abouties en Angleterre, le joueur de 33 ans, né à Sydney et d’origine tongienne, n’est pas venu chercher une fin de carrière tranquille.
« Il n’est pas arrivé en se disant : je vais me reposer à Montpellier, il fait beau, c’est au soleil. Ce joueur, plein de charisme et d’humilité, est arrivé avec de réelles ambitions. Et il les transmet à l’ensemble du club, qu’il veut performant. Ça, c’est grand et impressionnant », rappelle Fulgence Ouedraogo.
Un leader qui transforme le vestiaire
Entre Montpellier, en quête de stabilité, et Vunipola, désireux de rester compétitif, l’entente a rapidement pris forme. Le club a retrouvé de l’élan, avec une victoire en Challenge Cup et un retour en phase finale, une première depuis 2022. Joan Caudullo reconnaît lui-même ne pas avoir anticipé un tel impact.
« Quand Bernard (Laporte, le directeur du rugby, ndlr) l’a recruté, je me suis dit que ce n’était pas une retraite, mais je ne pensais pas voir le Billy que je voyais à la télé. Aujourd’hui, il a une dimension internationale et pourrait jouer pour l’Angleterre ».
Des résultats qui parlent
Dans une première partie de saison délicate, son rôle a dépassé le cadre du terrain. « On veut que personne ne perde son boulot », avait-il lancé, dans un moment clé pour le groupe. La suite a donné du poids à ses mots, avec vingt-deux victoires en vingt-cinq matchs toutes compétitions confondues.
Prolongé jusqu’en 2027, il reste animé par la même exigence. « Quand tu gagnes, tu as envie de gagner tout le temps. Ce mec-là a une soif de réussite », souligne Caudullo. Son profil correspond aux exigences du Top 14, où l’engagement physique reste central.
Une adaptation rare au Top 14
« Ce championnat l’avait toujours attiré. Mais c’est très, très rare d’avoir un joueur étranger qui s’adapte aussi facilement à notre championnat. C’est un joueur extrêmement intelligent et capable de tout faire. Il a une palette complète au poste de n°8 », observe Christopher Tolofua. « S’il avait fait toute sa carrière en France, il y serait devenu un joueur mythique. Avec sa culture de la gagne, il nous tire vers le haut ».
Moins sollicité en continu cette saison, il a retrouvé de la fraîcheur tout en conservant son influence. « On l’avait fait enchaîner l’an passé parce qu’on en avait besoin, même quand il n’était pas bon, car il est important pour le groupe. Cette saison, on l’a bien managé. J’ai été content de lui filer cinq jours pour qu’il retourne en Angleterre et revienne frais », explique Joan Caudullo, qui se montre confiant pour la suite. « On aura un grand Billy Vinipola sur cette fin de saison ».