Le XV de France féminin attaque un automne marathon face aux Black Ferns
Samedi 12 septembre, au stade de Gerland à Lyon, le XV de France féminin retrouve la Nouvelle-Zélande. C’est la première des six rencontres de son automne. Les Bleues avaient été battues 42-26 par les Black Ferns fin septembre, lors de la petite finale de Angleterre 2025 disputée à Twickenham. Cette rencontre ouvre les Women XV Global Series, une compétition qui doit réunir les douze meilleures nations mondiales jusqu’à la Coupe du Monde de Rugby 2029, prévue en Australie.
Ratier, un sélectionneur qui a changé la donne
François Ratier occupe désormais le poste de sélectionneur, lui qui avait déjà conduit le Canada en finale de la Coupe du Monde de Rugby 2014 en France. Le Tournoi des Six Nations 2026 n’a pourtant pas livré un résultat très différent. Les Françaises ont terminé deuxièmes et concédé une 18e défaite d’affilée contre les Red Roses, les championnes du monde anglaises, sur le score de 43-28. Mais le jeu produit par les Bleues a quand même beaucoup progressé, et ces six rencontres d’automne, dont trois en Nouvelle-Zélande en octobre, doivent permettre d’étalonner l’effectif.
« La volonté de World Rugby avec cette compétition, c’est de fournir plus de matchs de haut niveau avant la Coupe du monde. Ça nous donnera 30 matchs de préparation de haut niveau, c’est significatif. Et ces deux mois pour ces Global Series 2026 seront très importants pour avoir du vécu collectif et étendre notre profondeur d’effectif. Pour aller jusqu’à la Coupe du monde, il faudra une cinquantaine de joueuses capables de jouer pour cette équipe de France », a expliqué le sélectionneur François Ratier.
Aucun objectif chiffré n’a en revanche été fixé avant ces matchs, qui ne donneront lieu à aucun classement ni trophée. « Evidemment, nous, on veut performer. Et si on performe à notre meilleur niveau, la victoire, elle suivra. Mais on s’est aussi donné des cases à cocher, que ce soit en attaque ou en défense. Ça, c’est très, très, très important. Mais très honnêtement, si on fait ce qu’on a dit qu’on ferait et qu’on le fait du mieux possible, il y aura match », a insisté le sélectionneur, jeudi, en dévoilant son XV de départ.
Trois joueuses de rugby à 7 dans le groupe
Pour ce premier rendez-vous contre les Black Ferns, l’équipe de France féminine aligne trois joueuses habituées au VII dans son XV de départ. Chloé Jacquet retrouve l’arrière et Kelly Arbey l’aile. Lili Dezou découvre elle le centre, pour sa première sélection en Bleu. Les trois joueuses doivent ensuite retrouver l’équipe de France à 7, avec la qualification pour les jeux Olympiques de Los Angeles en ligne de mire.
« C’est important pour nous de pouvoir les intégrer dans notre équipe à XV en vue de la Coupe du monde qui sera après les jeux Olympiques », a insisté François Ratier, qui espère pouvoir compter « une fois par an sur des joueuses du 7 ». L’objectif affiché est d’élargir le vivier des candidates pour l’Australie à une cinquantaine de joueuses.
Une charnière et un capitanat remaniés
En l’absence de sa capitaine habituelle Manae Feleu, retenue par ses études de médecine, le XV de France sera conduit par la demi de mêlée toulousaine Pauline Bourdon-Sansus, 30 ans et 76 sélections. Autre absente de marque, la deuxième ligne Madoussou Fall-Raclot, 28 ans et 50 sélections, qui attend un enfant. Elle sera remplacée par la Blagnacaise Julia Grosz, 24 ans, qui découvrira le maillot bleu.
« Non, c’était une évidence comme capitaine. Pauline, elle peste souvent, mais c’est quelqu’un qui travaille beaucoup sur cet aspect-là. Elle est caricaturée parfois comme quelqu’un qui parle aux arbitres, qui râle tout le temps. Mais ce n’est pas si vrai que ça. Elle coche beaucoup plus de cases d’un grand capitaine que l’inverse. Donc, oui, c’était une évidence. Et il ne faut pas qu’elle change », a assuré François Ratier, interrogé sur ce choix.
La Nouvelle-Zélande, adversaire mais pas modèle
Ratier n’élude pas non plus la question du rapport de force avec les Black Ferns, une équipe qu’il juge redoutable. « Oui, très belle équipe. La Nouvelle-Zélande, c’est une équipe qui était championne du monde pratiquement à chaque fois, mais qui a lâché un petit peu parce qu’elles avaient changé leur style de jeu, pas pour le meilleur. Et là, elles sont revenues sur un style qui leur correspond plus. C’est une équipe qui vient de repasser deuxième mondiale, en battant le Canada au printemps. Elles sont de retour et leurs ambitions sont affichées », a analysé le sélectionneur français.
Il s’en défend pourtant, les Black Ferns ne constituent pas un exemple à suivre pour les Bleues. « Non, ce n’est pas un modèle. On croit en nos convictions. On a commencé à mettre en place un projet de jeu dans le Tournoi des Six Nations. Et ce qu’on vise, c’est plus de précision, plus de constance dans ce qu’on fait. Ce n’est pas très français. Ce n’est pas dans notre ADN d’être toujours répétitif, répétitif, répétitif, mais parfois, il faut l’être. Et elles commencent à comprendre à quoi ça sert », a-t-il précisé.
Après la Nouvelle-Zélande, les Bleues affronteront l’Australie le 19 septembre à Aix-en-Provence, puis le Canada le 26 septembre à La Rochelle. Trois nouveaux matchs contre les Black Ferns suivront en octobre, cette fois disputés en Nouvelle-Zélande, pour clore ce calendrier des Global Series inédit avant la Coupe du Monde de Rugby 2029.
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