Des critiques aux louanges, des louanges aux critiques : destins croisés pour Townsend et Borthwick
Il parait que tout va toujours très vite dans le sport de haut niveau en général et dans le rugby en particulier. Pour Gregor Townsend et Steve Borthwick, tout a changé en l’espace d’un mois.
Le sélectionneur de l’Écosse abordait le Tournoi des Six Nations avec bien peu de confiance. L’année 2025 avait été difficile, avec des limites affichées contre les nations du tiers 1 et une défaite embarrassante contre les Fidji (29-14). Après son revers en Italie en début de Tournoi (18-15), sous la pluie diluvienne de Rome, Townsend avait essuyé un flot de critiques. Son choix d’écarter deux cadres, Duhan van der Merwe, meilleur marqueur de l’histoire de son pays et le Toulousain Blair Kinghorn, était par exemple très discuté. Très calme, l’ancien ouvreur a fait front.
« Les deux derniers résultats contre l’Italie et l’Argentine ont été décevants. Cela ouvre la porte aux critiques de l’équipe, de l’entraîneur, je comprends. Ce n’est pas suffisant de notre point de vue, mais nous n’avons pas gagné ces matchs et nous sommes énormément déçus, c’est ce que nous travaillons à corriger » avait-il lancé avant de répondre, concernant son avenir en cas de nouveau revers contre l’Angleterre au deuxième match : « Je ne sais pas. Vous (les médias) dictez le récit mais ce n’est pas vraiment ce qui importe pour notre équipe. »
L’Écosse du flop de Rome au chef d’oeuvre de Murrayfield contre les Bleus
Sous pression maximale, au pied du mur avant de défier l’Angleterre, forte de douze victoires d’affilée, le XV du Chardon a connu un déclic (31-20). Un match plein, bien construit, à la fois offensivement et défensivement et in fine, une libération. Le soufflé aurait pu retomber la semaine suivante au pays de Galles, où les Écossais, accrochés, ont dû batailler ferme pour sortir vainqueurs en fin de partie (23-26). Il n’en a rien été et le XV de Chardon a confirmé son embellie au-delà des attentes au match suivant, pour le plus grand malheur des Bleus (50-40).
Scotland’s trophy cabinet continues to grow!#GuinnessM6N #Since1883 pic.twitter.com/8IUCbKNTci
— Guinness Men’s Six Nations (@SixNationsRugby) March 8, 2026
Lors de cette rencontre, l’Écosse a affiché un niveau de jeu impressionnant, se muant par moment en rouleau compresseur, fluide, rapide, percutant. Dans les coursives de Murrayfield, l’arrière tricolore Thomas Ramos a évoqué une « leçon de rugby », validant indirectement la stratégie et le plan de jeu choisis par Townsend.
Ces louanges, Steve Borthwick les a entendues à l’inverse en début de Tournoi. Son Angleterre venait d’exploser le pays de Galles (47-8) et tous les rêves lui était permis. Il était surtout le visage incarné du retour en force du XV de la Rose, de nouveau invincible avec ses douze victoires d’affilée qu’il présentait en étendard. Des résultats qui avaient forcément retourné l’opinion, au départ sceptique sur sa philosophie de jeu jugée restrictive et parfois ennuyeuse mais finalement adaptée et de circonstance.
Le brutal retour sur terre pour l’Angleterre
Tremblez, petits Bleus, Maro Itoje et ses glorieux amis viendront manger du coq et soulever le Grand Chelem le 14 mars au Stade de France ! Un scenario rêvé par la presse et les supporters anglais mais rapidement jeté à la poubelle. Tombée de haut en Écosse, l’Angleterre de Borthwick a poursuivi sa chute libre la semaine suivante à Twickenham, corrigée qu’elle fut par l’Irlande (21-42). Jusqu’à finir au fond du gouffre samedi au Stadio Olimpico, entrant tristement dans l’histoire du rugby comme étant la première génération anglaise a perdre un match contre l’Italie (23-18).
Italy take the lead with less than ten minutes to go 😮💨#GuinnessM6N #Since1883 pic.twitter.com/9TUegmxxGV
— Guinness Men’s Six Nations (@SixNationsRugby) March 7, 2026
« L’Angleterre est en ruine. L’empire que Steve Borthwick avait construit a été réduit en gravats » écrivait ainsi le Guardian dimanche, des mots durs mais assez représentatifs du ton général dans la presse anglaise. Et celle-ci de s’interroger sur l’avenir de Borthwick, notamment en cas de nouvelle désillusion contre les Bleus samedi.
Pour lui comme pour Townsend, un mois et trois petites rencontres auront suffi pour inverser la nature des commentaires les concernant. Le sel d’un métier passionnant mais exigeant où les certitudes ne vont généralement pas au-delà du match qui vient.
Regardez gratuitement tous les matchs du SVNS de Dubaï ce week-end sur RPTV !
*Disponible en live dans certaines régions.
