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Cyberattaques : les précédents qui ont touché le rugby français


Logo de la Fédération Française de Rugby (Photo de DENIS CHARLET/AFP via Getty Images).
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La cyberattaque subie par le Stade Français dernièrement – affaire révélée par le club lui-même jeudi 6 août – n’est pas un cas isolé dans le rugby français. En 2021 déjà, Montpellier faisait déjà les frais d’une attaque par rançongiciel. Là aussi les faits s’étaient produits en été (en juillet) et le MHR avait lui-même révélé l’affaire.

Le MHR attaqué à l’été 2021

« Dans la nuit de lundi à mardi, le MHR a été victime d’une cyber-attaque malveillante. Grâce à l’intervention rapide et efficace de son service informatique, l’activité du club est certes ralentie mais nous nous efforçons de poursuivre la préparation de la nouvelle saison », avait alors annoncé le club dans un premier temps. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’on eut connaissance de l’ampleur de l’attaque qui avait touché une grande partie de son réseau informatique en cryptant toutes ses données, ce qui avait considérablement impacté le travail des salariés du club privés de leurs ordinateurs.

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Comme pour le Stade Français aujourd’hui, une rançon avait été exigée par les pirates – de plusieurs dizaines de millions d’euros, selon les sources – en échange du logiciel qui leur permettrait de décrypter leurs données, mais aucune autre information n’a fuité sur l’issue de l’attaque. Une plainte avait été déposée au Parquet de Paris, compétent en matière de cybercriminalité. Le fonctionnement du club s’en était ressenti pendant une dizaine de jours, mais tout était rentré dans l’ordre pour le début de la saison de Top 14… au terme de laquelle Montpellier avait été sacré champion de France.

« Je me suis longtemps interrogé sur ce qu’étaient venus chercher au club les pirates… »

Contrairement au dossier du Stade Français, il n’y a jamais eu de publication de documents internes ou de données personnelles attribuée à cette attaque, juste un chiffrement des serveurs, une demande de rançon et un impact important sur l’activité du club qui a depuis revu sa stratégie en la matière.

« J’ai tenu à ce que le MHR, comme toutes les autres filiales du groupe Altrad, soit désormais protégé par la cellule informatique basée au Royaume-Uni et chargée de la sécurité de la multinationale. Maintenant, le MHR est lui aussi sous parapluie », avait indiqué un mois plus tard à nos confrères du Midol le président du club Mohed Altrad, lui-même, ironiquement, ancien ingénieur informatique.

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« Je me suis longtemps interrogé sur ce qu’étaient venus chercher au club les pirates. Je ne saisis pas la logique car il n’y a pas d’argent en propre, dans les clubs de rugby. » À notre connaissance, les pirates n’ont jamais été inquiétés.

Première attaque de la FFR en juin 2023

Deux ans plus tard, toujours en été, c’est cette fois la Fédération Française de Rugby qui subissait une attaque, via les serveurs de sa messagerie par le groupe Play – le même qui s’était attaqué à l’hôpital de Corbeil-Essonne quelques mois avant – qui avait utilisé un rançongiciel. La FFR avait expliqué que l’intrusion informatique s’était produite dans la nuit du 7 au 8 juin 2023 et que les pirates affirmaient détenir des documents sensibles, dont des données personnelles et des copies de passeports.

« Les équipes de la FFR ont rapidement pris des mesures pour éliminer le logiciel malveillant », avait néanmoins assuré la fédération. Sauf que quelques jours plus tard, on apprenait que la fuite avait concerné environ 282 000 personnes dont les données personnelles (nom et prénom, adresse électronique, date de naissance et numéro de téléphone) avaient été divulguées. En revanche, aucune donnée bancaire n’avait été signalée comme ayant été compromise.

Néanmoins, l’attaque n’a pas entraîné de paralysie durable du fonctionnement de la fédération ni perturbé l’organisation de la Coupe du Monde de Rugby 2023 qui se déroulait quelques mois plus tard. « En termes d’impact, la fédération a été dans l’impossibilité de récupérer les historiques des activités d’une partie des boîtes de messagerie qui ont été chiffrées lors de l’attaque », a simplement constaté la FFR.

Deuxième attaque de la FFR en mars 2026

Moins de trois ans plus tard, en mars 2026, la FFR était encore ciblée par une attaque, mais cette fois il ne s’agissait pas d’un rançongiciel ni d’une intrusion revendiquée par un groupe criminel. « L’incident de sécurité s’est produit à la suite d’une campagne de ‘phishing’ visant certains licenciés », avait annoncé la Fédération le 17 mars 2026, affirmant que la cyberattaque « n’a pas directement affecté les systèmes informatiques de la Fédération ».

Cette fois, aucun chiffre n’avait été donné sur le nombre exact de licenciés concernés.

À l’échelle mondiale, les cyberattaques visant directement des clubs de rugby restent relativement rares. Elles concernent davantage les fédérations, les organisateurs de compétitions ou les prestataires techniques que les clubs eux-mêmes. C’est aussi ce qui explique l’écho particulier rencontré par l’affaire du Stade Français.

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