Comment Domingo Miotti a prouvé au staff de Montpellier qu'ils avaient tort
Transparent l’an passé, l’ouvreur argentin Domingo Miotti s’est remis sur pied cette saison pour conduire Montpellier jusqu’à la quatrième finale de Top 14 de son histoire, samedi 27 juin face au Stade toulousain. Lors de la demi-finale victorieuse des Héraultais face au Stade français (25-15) samedi dernier à Marseille, le Puma (30 ans, 10 sélections) a étalé toute son influence sur le jeu du MHR dans le sillage d’avants dominateurs.
Une prise d’intervalle pour l’arrière australien Tom Banks, auteur du seul essai des siens, et 17 points à 100% d’efficacité au pied ont fait pencher le sort d’un choc frontal. Mais cette réussite n’avait rien du coup d’éclat ponctuel. Elle reflète sa métamorphose tout au long d’une deuxième saison montpelliéraine réussie, après avoir frôlé l’abîme lors de la première, terminée avec cinq petits matches seulement.
« L’année dernière j’avais zéro confiance en lui… »
« Ça me fait énormément plaisir de jouer. La saison dernière était très dure, la plus dure de ma carrière, mais elle m’a donné beaucoup d’envie pour celle-ci », a récemment reconnu l’ouvreur.
Samedi dans les entrailles du Vélodrome, les yeux dans les yeux, le manager Joan Caudullo lui a fait un aveu plein de contrition. « Je ne pensais pas que ce joueur-là allait réussir une saison comme ça. L’année dernière j’avais zéro confiance en lui. Je le lui ai dit après la demie. Parfois, il faut dire quand on se trompe », a ainsi raconté le patron du MHR.
Une cure de régénération à Tucuman
Au cours du dernier été, Domingo Miotti est reparti sur ses terres, à Tucuman (nord-ouest de l’Argentine), pour se refaire une santé physique et mentale. Chez lui, il a soigné ses maux récurrents à un genou qui ont parasité ses débuts au MHR, quand il est arrivé d’Oyonnax à l’été 2024.
Et malgré la concurrence de Thomas Vincent, Hugo Reus, aujourd’hui à Bordeaux, ou surtout Stuart Hogg, Miotti a donc fini par s’installer dans le fauteuil bancal du n°10 et convaincre Caudullo. « Il ressemble à l’état d’esprit de Montpellier, c’est-à-dire qu’il n’a rien lâché. Il m’a fait comprendre que je me trompais. Il n’était pas mort, pourtant je l’avais enterré. J’avais fait le trou, et tout… Il est resté là. Aujourd’hui c’est notre meilleur 10, c’est un de nos meilleurs joueurs », assure Caudullo.
L’un des trois meilleurs réalisateurs du Top 14
Aux côtés du demi de mêlée écossais Ali Price, côtoyé à Glasgow durant deux ans (2021-23), l’Argentin, qui a signé une prolongation de contrat de deux saisons, a rafistolé sa confiance et gagné celle de ses partenaires. « Cette paire réussit à bien faire jouer l’équipe. Par ailleurs, je suis content car dans la vie c’est un sacré mec », explique encore le manager héraultais.
Par sa constance et son efficacité, il a valorisé le savoir-faire des avants, et inversement. « Ce renouveau c’est surtout le fait d’être passé d’une équipe dominée à une équipe dominante. C’est un garçon qui a besoin d’un pack qui avance, il en est dépendant. C’est souvent le cas pour l’ouvreur mais c’est encore plus vrai pour lui », observe Jean-Baptiste Elissalde, ancien technicien de Toulouse (2010-17) et Montpellier (2020-23).
Avec 240 points, à plus de 80% de réussite au pied, Miotti fait ainsi partie des trois meilleurs réalisateurs du Top 14 cette saison, avec le Néo-Zélandais de Clermont Harry Plummer et de l’ouvreur du Stade français Louis Carbonel. Animal à sang froid, l’Argentin n’a jamais tremblé pour gagner ces matchs que Montpellier a si souvent laissé filer dans les dernières minutes l’an passé. Comme lors de la victoire décisive à Bordeaux (23-21), tremplin vers la seconde place puis vers la finale.
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