Mais comment le Racing 92 a pu sombrer à ce point face à l’UBB ?
Une déroute à 64-5, un festival de sept essais encaissés, le Racing 92 a vécu samedi 5 septembre l’une de ses pires soirées de la décennie, à Chaban-Delmas. Plusieurs signaux, envoyés bien avant le coup d’envoi, laissaient pourtant présager un début de saison compliqué pour les Franciliens.
Un effectif fragilisé avant même de commencer
Le club francilien abordait cette reprise avec une préparation estivale resserrée à seulement quatre recrues, et un coup dur retentissant début août, la rupture des ligaments croisés du demi de mêlée Léo Carbonneau, très sollicité la saison passée avec 28 matchs joués. Sans remplaçant recruté pour le suppléer, Patrice Collazo a dû miser sur le retour de Maxime Machenaud et sur deux espoirs, Maxent Georgelin et Antoine Latrasse.
À cela s’est ajoutée, quelques jours avant l’ouverture du championnat, la suspension de cinq semaines infligée à l’ailier fidjien Wame Naituvi, sanctionné pour un jeu déloyal lors d’un match amical contre Brive. Une absence supplémentaire dans un secteur offensif déjà privé de plusieurs cadres.
Un vestiaire encore marqué par le traumatisme de Marseille
Sur le plan psychologique, la marche semblait haute. Le Racing 92 n’avait jamais vraiment digéré son élimination en demi-finale du précédent exercice, un cinglant 71-17 concédé face à Toulouse, qui avait brutalement stoppé son parcours printanier. Ce souvenir semblait encore peser sur les organismes franciliens à Chaban-Delmas, dépassés comme rarement, y compris lors des vingt minutes où ils ont pourtant évolué en supériorité numérique.
« La demi-finale, c’est la saison dernière, on est sur une nouvelle saison », a commencé à s’agacer Patrice Collazo. « Si vous voulez en parler, vous pouvez en parler, si vous avez envie de résumer à ça, vous pouvez résumer à ça. Je sais que pour arriver en demi, on a gagné les matchs et on les a tous battus, les grosses équipes, donc on n’est pas arrivé par hasard non plus en demi. Mais ça, c’était la saison dernière. Si vous avez envie de faire des parallèles avec la saison dernière, ça c’est votre droit…
« Comme a dit Yannick, ils avaient une saison à se faire pardonner. Donc le contexte était simple. J’ai vite compris que ça allait pas être une soirée, comme on l’espérait… »
Malgré tout, Patrice Collazo lui-même n’a pas cherché à minimiser la portée du naufrage. « Il n’y a pas de débat, il n’y a pas photo ce soir. Il faut surtout qu’on comprenne que le championnat a commencé, c’est le premier match. Mais c’est sûr que ça ne peut pas passer comme ça. Il n’y avait pas de signes. On n’a pas répondu et déjà dès la 2e journée, il faudra être dans la réaction comme on a été la saison dernière. J’aurais préféré qu’on soit plus dans l’action car dans la réaction, ça va nous demander une énergie dingue, plein de choses. »
Un onze remanié face à une armada bordelaise au complet
Le contraste avec l’UBB était saisissant. Les Girondins alignaient leur patrouille de France au complet pour la première fois depuis le 21 décembre 2025, portés par un pack conquérant, six essais inscrits en première période sans la moindre réponse. Sipili Falatea a ouvert le score dès la 2e minute, imité par une troisième ligne étincelante, avec un doublé de Cameron Woki, à la 8e et à la 14e minute, un autre de Tom Willis, à la 26e et à la 33e, et un essai de Pierre Bochaton à la 12e.
Le carton jaune reçu par Lasha Pkhakadze à la 18e minute n’a rien changé. Même l’essai en apparence inscrit par Seru Uru, à la 31e, a finalement été refusé pour un en-avant. À la pause, le score affichait déjà 38-0.
Noel McNamara, entraîneur de l’attaque bordelaise, a mis ce déséquilibre sur le compte du calendrier. « Tout le monde pense avoir réalisé une bonne préparation. Mais la vérité, c’est toujours le premier match. Ça a été dur pour le Racing ce soir, mais quand tu joues les phases finales l’année d’avant, tu as moins de temps pour te préparer », a-t-il rappelé, en référence au statut de demi-finaliste des Franciliens la saison passée.
Une seconde période sans réaction
Loin de lever le pied, l’UBB a enfoncé le clou. Maxime Lucu a marqué à la 42e minute, puis Toma Taufa à la 46e, portant le score à 50-0. Louis Bielle-Biarrey, fraîchement prolongé jusqu’en 2029, a signé un doublé personnel, à la 64e et à la 71e minute.
Le Racing, lui, n’a jamais trouvé la solution. Peu de munitions, ou alors très mal exploitées, malgré une nouvelle période à 15 contre 14. Seul l’essai de l’honneur, signé Uru à la 64e minute, est venu adoucir l’addition, sous les applaudissements polis du public bordelais. Un naufrage collectif qui interroge déjà sur la capacité francilienne à rebondir dès la deuxième journée, face à Lyon.
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