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Yannick Bru résume la saison de l'UBB : « Une descente en bobsleigh »


Yannick Bru, l'entraîneur principal de l'Union Bordeaux-Bègles (UBB), observe l'échauffement avant le match de Top 14 entre l'UBB et l'ASM Clermont Auvergne au stade Chaban-Delmas à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 6 juin 2026. (Photo de ROMAIN PERROCHEAU / AFP via Getty Images)
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Concurrence nationale exacerbée, blessures fragilisantes et décompression post-Champions Cup ont fini par faire plier Bordeaux-Bègles, double champion d’Europe sans énergie battu par Clermont samedi 6 juin (34-31) et absent de la phase finale de Top 14 pour la première fois depuis 2019.

Rencontre
Top 14
Bordeaux
31 - 34
Temps complet
Clermont
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« Quand on perd quatre fois à la maison, c’est difficile d’espérer quelque chose ». Le constat du manager Yannick Bru est implacable et en dit long sur les manques de son équipe, privée du top 6 pour deux points au terme d’un parcours chaotique où « on a été brinquebalés à droite à gauche entre plusieurs compétitions ».

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Le choix entre deux compétitions

« J’ai vécu cette saison comme une descente en bobsleigh ou un tsunami que tu prends dans la figure », résumait le technicien samedi soir.

Inconsciemment, en priorisant la Champions Cup, décrochée pour la deuxième fois consécutive il y a deux semaines au prix d’un parcours admirable et salué par tous, les Girondins y ont sans doute laissé des plumes et n’ont pas été en mesure de jouer aussi le coup à fond en Top 14.

Les coéquipiers de Maxime Lucu, rare cadre à la hauteur samedi, ont été défaits au stade Chaban-Delmas cette saison par trois concurrents directs aux dents acérées.

Trois défaites qui ont compté

Ils ont cédé contre Pau (34-33) et le Stade Français (33-28) en période de doublon puis Montpellier (23-21) alors que les deux équipes préparaient leur finale continentale face au Leinster et à l’Ulster. Avant le dernier camouflet de Clermont, moribond il y a une semaine au Michelin contre le Racing 92 (13-41) et qui était mené 24-7 samedi au cœur du premier acte.

Pour compenser, l’UBB, finalement forte avec les faibles et faible avec les forts (hors Toulouse contre lequel elle sait se sublimer à domicile), s’est imposée chez les cinq derniers (Bayonne, Lyon, Castres, Perpignan et Montauban) mais cela n’a pas suffi.

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Enfin de saison, le réservoir était vide

Si elle avait été épargnée par les blessures la saison dernière, florissante avec un titre historique en Champions Cup et une finale de Top 14 perdue après prolongation contre Toulouse, elle a cette saison payé cher certaines longues absences (Maxime Lucu deux fois, Yoram Moefana, Romain Buros, Nicolas Depoortere). Cela a nécessité des réaménagements tactiques (Damian Penaud de l’aile au centre), ou d’autres indisponibilités préjudiciables aux moments clés (Matis Perchaud, Adam Coleman, Matthieu Jalibert, Ben Tameifuna).

En fin d’exercice et de l’aveu de tous, le club du président Laurent Marti a manqué d’énergie. Le réservoir était vide, car les réserves/doublures censées apporter un surplus de vitamines (Joey Carbery, Rohan Janse van Rensburg, Lachlan Swinton) n’ont pas eu l’effet escompté.

Des recrues qui ont guère pesé

Hormis Boris Palu, un des meilleurs Girondins sur la durée, le revenant Cameron Woki et le funambule Salesi Rayasi, brillant surtout en Champions Cup, les recrues de la dernière intersaison n’ont guère pesé. Le talonneur Gaëtan Barlot a été trop neutre, le demi de mêlée Martin Page-Relo a été victime d’une pubalgie et le troisième ligne Jean-Luc du Preez est arrivé blessé de sa campagne estivale avec les Springboks avant de subir une grave commotion cérébrale (trois matchs disputés, le dernier le 18 janvier).

Du côté des derniers transfuges, Hugo Reus, rapidement intégré au groupe des 23, n’a pas montré à l’ouverture les mêmes qualités que Jalibert.

Le constat lucide du président Marti

À Bilbao, juste après le triomphe acquis face au Leinster (41-19), Marti, lucide, n’avait pas caché ses craintes pour la suite de la saison en Top 14 alors qu’il ne restait que deux journées et six points minimum à prendre pour s’assurer une place en barrages.

« Malheureusement, on est mal engagés en Top 14 », disait-il. « Les joueurs sont fatigués, il y a des blessés, et ils vont célébrer ce titre. Je ne sais pas ce qui va se passer pour nous dans cette compétition. C’est dommage, parce que le Top 14 est extrêmement difficile à gagner, et il faut saisir sa chance chaque année. Là, je suis un peu pessimiste ». Il avait raison.


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